Terminaux mobiles : la (parfois) fausse bonne idée de l’extension du stockage

S’il peut être tentant de jouer la carte de l’économie en misant sur des premiers prix pour l’achat de flotte, miser sur des cartes d’extension tierces n’est pas forcément le meilleur calcul.

C’est l’un des arguments régulièrement avancés en faveur des smartphones et autres tablettes Android : il est possible d’augmenter leur capacité de stockage interne a posteriori, à coup de cartes mémoire. Dès lors, il peut être plus que tentant de jouer l’économie en retenant les premiers prix d’une gamme pour les terminaux proposés à ses collaborateurs. Il n’y a qu’à voir les tarifs affichés par Samsung pour ses nouveaux Galaxy S10.

Le modèle S10e est proposé à moins de 760 € pour 128 Go de capacité de stockage interne – et cela s’arrête là pour ce modèle. Le S10, pour la même capacité, est à moins de 910 €. Pour profiter de 512 Go, il faut débourser 250 € de plus. Avec le S10+, il faut compter autant pour passer de 128 Go à 512 Go de capacité de stockage interne. Et pour passer à 1 To, il faut prévoir 350 € de plus que pour 512 Go – ou 600 € de plus que pour la capacité de base.

Ces chiffres prêtent naturellement et très légitimement à réfléchir quand le même constructeur propose des cartes MicroSD de 256 Go à moins de 50 €, voire 512 Go à moins de 150 €. Mais les économies qu’il peut être tentant de réaliser là peuvent avoir un coût à plus long terme, en particulier sur l’expérience utilisateur et, in fine, la productivité.

Car les cartes MicroSD sont bien loin d’offrir des performances mêmes vaguement comparables avec celles des puces utilisées pour le stockage interne des terminaux mobiles. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à regarder du côté de la puce eUFS 1 To dont Samsung vient d’annoncer le début de la production de masse.

Cette puce promet de bien mettre à profit la version 2.1 de la spécification UFS, avec un débit en lecture séquentielle de 1 Go/s, contre 260 Mo/s en écriture séquentielle. Le tout pour 58 000 IOPS en lecture aléatoire, et 50 000 IOPS en écriture aléatoire. Les meilleures cartes microSD sont bien loin de promettre autant.

En classe U3, il faut compter de l’ordre de 30 Mo/s en écriture séquentielle. Un chiffre susceptible de monter à 90 Mo/s pour la classe V90. Pour être certifiée classe A2, une carte doit supporter au moins 4000 IOPS en lecture aléatoire, et 2000 IOPS en écriture aléatoire, pour un débit de 10 Mo/s en écriture séquentielle. C’est bien loin de la bête de course de Samsung, et même de sa puce 512 Go eUFS 2.1 de fin 2017, ou encore de celle de 128 Go eUFS 2.0 de… janvier 2015.

Le compromis est donc clair : l’économie réalisée à l’achat pourra se faire au détriment des performances à l’usage. Pour de nombreuses applications, ce ne sera probablement pas un grave problème. Selon la SD Association, la classe U1/V10, avec son modeste 10 Mo/s doit déjà permettre d’enregistrer de la vidéo 4K UHD. Mais probablement pas dans les meilleures conditions notamment pour l’exportation vers un autre appareil, comme un poste de travail, ou encore pour le montage, directement sur le terminal mobile. Et l’utilisation de certaines applications est susceptible de s’avérer peu confortable si elles ne sont pas installées sur la mémoire de stockage interne.

En somme, si le recours à des cartes d’extension pour faire des économies lors de l’acquisition n’est pas nécessairement rédhibitoire, il convient de bien prendre en considération les usages anticipés. Et cela d’autant plus que l’écart n’a pas cessé de se creuser entre les performances des ressources de stockage internes et celles des cartes d’extension.

Dernière mise à jour de cet article : février 2019

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