Cet article fait partie de notre guide: Windows Server 2003 : petit guide pour gérer la fin du support

Christophe Bennehard (Dell Services) : la fin de Windows Server 2003, un moyen de moderniser son SI

Le 14 juillet 2015 est la date de la fin de vie de Windows Server 2003. Où en sont les entreprises françaises ? Quels sont les choix qui s’offrent à elles ? Comment aborder le problème ? Pour Christophe Bennehard, directeur de Dell Services, il faut considérer ce moment comme un moyen pour moderniser son SI, plus qu’une simple migration.

Le 14 juillet 2015, les entreprises seront confrontées à la fin de vie de Windows Server 2003. Où en sont les entreprises françaises ? Quels sont les choix qui s’offrent à elles ? Et comment aborder le problème ?

Pour Christophe Bennehard, directeur de Dell Services qui s'est entretenu avec la rédactiondu MagIT, il faut davantage considérer ce moment comme un moyen pour moderniser son SI plutôt que comme une simple migration.

 

"Fin de vie de Windows Server 2003 : une transformation plutôt qu’une migration"

 

LeMagIT : A quoi sont vraiment confrontées les entreprises avec cette fin du support de Windows Server 2003 ?

Christophe Bennehard : Cette fin du support de Windows Server 2003 intervient pile 10 années après les dernières mises à jour et releases importantes apportées à l’OS. Autrement dit, la dernière mise à jour a été supportée pendant 10 ans. Il est toutefois toujours possible de souscrire auprès de l’éditeur une extension pour un coût de 3 000 dollars par serveur. Donc, les clients qui ont encore des machines sous cet OS, ont au moins l’obligation de se poser la question sur ce qu’ils souhaitent en faire.

 

LeMagIT : A combien estimez-vous le parc de machines sous WS 2003 et quels sont les enjeux de cette migration ?

Christophe Bennehard : Au niveau mondial, on parle d’entre 10 et 20 millions de serveurs. Mais le sujet porte davantage sur la transformation. Il y a un existant. Que doit-on en faire ?

Les clients vont réaliser des transformations à cette occasion. Une partie des serveurs va en effet être virtualisée (ce que pense également le cabinet d’analystes Gartner, pour qui dans cette phase de migration, 50% des 11 millions de serveurs sous WS 2003 – selon ses calculs - ne migreront pas, mais seront virtualisés, NDLR).

Une partie passera directement dans le Cloud, en mode SaaS. Certaines entreprises décideront, quant à elles, d’abandonner purement les applications. 

Et une dernière partie décidera de conserver l’application car elle est critique : par exemple une application industrielle développée il y a 7 ans, qui a encore un cycle de quelques années. Il n’y a donc aucun intérêt à faire quelque chose.

Il y a un existant. La question pour les DSI est : que doit-on en faire ?

Il ne s’agit donc pas d’une migration de type 1 pour 1. Nous menons ces discussions actuellement avec nos clients. Et le sujet n’est pas de passer d’une version x à x+1, mais bien de transformer le datacenter et de faire autre chose. De la même façon, ces questions, autour d’une éventuelle transformation, avaient également été posées lors de la fin de vie de XP, mais sur le poste de travail.

Globalement cela s’inscrit dans un effort de modernisation. Si l’entreprise dispose d’un CRM dans le Cloud, elle n’a plus besoin de son CRM sur Windows Server 2003. L’entreprise, dans ce cas, ne fait pas de migration, mais l’éteint progressivement et passe son CRM dans le Cloud. La modernisation n’est pas liée à la migration, mais à comment interconnecter les applications SaaS, comme Salesforce.com, avec le système d’information interne.

 

LeMagIT : Quels types d’applications sont encore supportés par ce serveur Windows Server 2003 ?

Christophe Bennehard : Il s’agit davantage d’applications liées au métier, mais très exceptionnellement sur des applications d’infrastructure, comme la messagerie. Ces applications métiers ne sont pas si simples à faire évoluer dans le temps. Il s’agit bien d’applicatifs critiques ou moyennement critiques, mais utilisés tous les jours par l’entreprise ou les clients de l’entreprise,  interconnectés par exemple par des Web Services. Là où il existe une forte capillarité.

 

LeMagIT : Existe-t-il aujourd’hui des freins au changement ?

Christophe Bennehard : Le changement en lui-même constitue un frein et il est un peu plus marqué en France que dans les autres pays en Europe, où les modifications sont déjà en place. En France, de très grands clients n’en sont qu’au début et savent déjà qu’ils vont prendre une extension de support pour pouvoir tenir pendant toute la phase de migration. On parle d’une année de retard.

Lors de la migration XP, la question était liée au volume, mais sans criticité unitaire

La méconnaissance de l’environnement est un autre frein. Il est difficile en effet d’avoir une cartographie de l’existant. Les entreprises se sont regroupées, consolidées, ont revendu ou racheté d’autres activités. On retrouve donc un vrai patchwork dans le datacenter, sans connaissance fine des systèmes et de leurs interconnexions.

Il existe des applications qui ont une dizaine d’années, dont on a perdu toute trace de documentation. Ce qui ne facilite pas les choses. Une grande partie du travail, dans ce chantier de migration, est déjà de faire une évaluation de l’existant, un état des lieux et comprendre les interconnexions, ce qui est indispensable pour transformer une application.

Cette opération vient en plus pour la DSI, avant même de mener un travail complexe. On a beaucoup travaillé sur la migration XP, sur le poste travail donc. Il y avait certes des répercutions pour les entreprises, mais pas aussi structurantes que dans le datacenter.

Lors de la migration XP, la question était aussi liée au volume, mais sans criticité unitaire. Avec cette migration Windows Server 2003, nous travaillons sur une application dans le datacenter qui a des interconnexions avec d’autres, dont on ne connait pas tout.

 

LeMagIT : Quelles recommandations faites-vous aux entreprises en matière de choix technologiques ?

Passer à Windows Server 2008 c'est reculer pour mieux sauter

Christophe Bennehard : Notre préconisation est de passer à Windows Server 2012 R2. Nous sommes en 2015 et nous avons suffisamment de recul par rapport à la stabilité de cette version. Passer par exemple à 2008 consiste à reculer pour mieux sauter, car en 2018, cette mouture sera en fin de support.

Windows Sertver 2012 R2 apporte des fonctionnalités liées au Cloud qui permettent d’aller plus loin.

Il faut bien comprendre qu’on gère actuellement une fin de support avec un certain retard. Il est inutile de sauter une demi-marche et recommencer dans deux ans.

LeMagIT : A combien de temps estimez-vous la bascule d’un parc de serveurs ?

Christophe Bennehard : Le temps de bascule prend de quelques heures à deux jours. Mais il s’agit du déploiement de ce qui a été décidé en amont. Pendant un mois, nous évaluons l’environnement, puis le mois d’après, on échafaude différents scenarios. De là peut également être prise la décision de laisser l’application en l’état ou de déployer une autre application ou de changer son infrastructure.

Ensuite, tout dépend de la taille du datacenter. Si l’entreprise dispose de quelques centaines de serveurs, nous pouvons aussi traiter son environnement en 6 mois.

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