Nicolas Leroy Fleuriot, Cheops : « La compétitivité du SI devient un élément clé de la compétitivité

Patron/fondateur de Cheops, Nicolas Leroy Fleuriot revient pour LeMagIT sur l’exercice qui vient de s’achever pour la société. L’occasion de réaffirmer la nécessité pour les SSII de prendre le virage cloud à bras le corps, mais également de préciser les évolutions de la demande et d’évoquer l’avenir de son groupe, qui se tourne désormais vers l’international.

LeMagIT : Vous avez terminé il y a peu votre exercice 2014. Comment se porte Cheops ?

Nicolas Leroy Fleuriot : Sur un marché atone, je considère qu’il s’agit d’une bonne performance portée par nos activités cloud et infogérance. Nous avons signé de très belles affaires. ICod, et sa logique de cloud privé mutualisé, répond vraiment aux besoins du marché. En juillet 2014, nous avions une dizaine d’affaires en closing et sur cet ensemble, nous en avions signé 9 à fin octobre ! Reste que depuis le mois de mai, on sent un très gros ralentissement sur les projets mettant en jeu le capex des entreprises. Il n’y a guère que la banque et l’assurance qui sont actifs, la situation étant à l’opposée très inquiétante sur le secteur industriel. Ceux qui, parmi les SSII, n’ont pas pris le virage Cloud computing sont en grande difficulté et recherchent des capitaux.

 

LeMagIT : C’est enfin le décollage annoncé pour le cloud en France ?

Nicolas Leroy Fleuriot : On atteint effectivement une maturité dans le cloud. Mais tout dépend toujours de la psychologie des entreprises. Reste que pour les belles PME aujourd’hui, les options cloud partielles ou complètes sont systématiques dans les projets d’infrastructure. On assiste également à une évolution naturelle avec un changement de génération de dirigeants qui favorise le SI dans l’entreprise. La compétitivité du SI devient un élément clé de la compétitivité des entreprises elles-mêmes.  Du coup, toutes les évolutions en termes de disponibilité, de performances, de qualité de services et de haute personnalisation des services managés deviennent déterminantes dans le choix des DSI. Le cloud se positionne au cœur de cette problématique.

 

LeMagIT : Comment adressez-vous spécifiquement ce marché en essor ?

Nicolas Leroy Fleuriot : Afin de répondre à cette demande croissante, nous avons mis en place en interne un comité « go no go » qui évalue les dossiers afin de ne pas nous disperser et de nous concentrer là où nous apportons le plus de valeur. C’est-à-dire au niveau des éléments qui touchent à l’automatisation et à la personnalisation qui sont au cœur de l’offre Cheops. Nous nous démarquons également en proposant des unités d’œuvre métier au-delà de la garantie simple ou des formats classiques. Nous proposons une facturation personnalisée, à l’usage, en fonction du métier du client. Ainsi, pour une enseigne dans la grande distribution, chaque ouverture de magasin et par exemple facilement quantifiable dans son impact IT.

 

LeMagIT : Icod se positionne au départ comme une offre de cloud privé. Qu’en est-il des sociétés qui souhaitent une autre approche cloud ?

Nicolas Leroy Fleuriot : On constate en effet que si beaucoup de clients DSI sont frileux à l’idée d’ouvrir leur cloud, ils sont tout de même obligés de répondre à la pression des métiers qui est très forte sur certains choix applicatifs rendus plus simples sur le cloud public. Cheops propose donc une offre hybride « connect2cloud ». L’idée est de connecter un bloc serveur/connecteur HP/RedHat/Prologue pour relier cloud privé et cloud public. L’administration passe par le portail du cloud privé,  mais cela permet l’ouverture à un environnement applicatif public dans des contextes moins stratégique du point de vue du SI. Nous avons d’ores et déjà un partenariat important avec Cloudwatt et travaillons à d’autres partenariats.

 

LeMagIT : Vous vous êtes développés par croissance externe ces dernières années. Comment se porte Ocealis – acquis il y a bientôt 18 mois – et plus largement poursuivez-vous votre stratégie d’acquisition ?

 Nicolas Leroy Fleuriot : Concernant Ocealis, l’intégration se poursuit. Nous adaptons un peu le management avec la nomination du patron de notre bureau de Rouen à la tête de ce qui constitue désormais le cœur de notre activité Réseaux et Sécurité, basée à Lyon. Ocealis reste pour l’instant une filiale, mais c’est vraiment notre centre de compétences en matière de réseau et de sécurité, au service aussi bien en direct de nos clients que de notre activité infogérance. On a vraiment récupéré une très bonne expertise technique. A terme, l’entité sera certainement absorbée par Cheops sous forme de division.

Côté croissance externe nous aurons désormais une approche pragmatique au niveau local mais surtout nous allons essayer de pallier ce que je considère comme notre dernière véritable faiblesse : l’international. A ce niveau, nous envisageons un rachat sur 2015. Nous regardons notamment du côté des pays de l’Est, qui sont à la fois proches et francophones. Une autre option que j’envisage sérieusement c’est la Silicon Valley. A titre personnel, il s’agit d’un challenge qui m’attire depuis longtemps mais pour Cheops se doit également être une piste sérieuse. L’intérêt c’est que l’écosystème y est déjà totalement mondialisé. Ce peut être à ce titre un accélérateur de notre développement international.

 

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