Viviane Ribeiro, Lefebvre Software : "les ventes de licences ont été redynamisées"

Après une éclipse de plusieurs exercices, l'éditeur de solutions financières renoue avec les bénéfices en 2008. Après le rachat du spécialiste des consolidations ASGroupe, la société française affiche maintenant des ambitions européennes.

A la tête de l'éditeur de progiciels Lefebvre Software depuis 2007 - en provenance de Geac -, Viviane Ribeiro dresse le bilan des résultats 2008 de ce spécialiste de la finance et des RH. Un crû marqué par l'acquisition de ASGroupe en fin d'année - un spécialiste de la consolidation financière - et le retour aux bénéfices. En 2008, Lefebvre Software dégage un résultat net de 2,8 millions d'euros sur un chiffre d'affaires de 23,4 millions d'euros. L'activité est en croissance de 11,6 % à périmètre constant.

L'année est également marquée par la sortie de OpenIris Finance, le produit central de la nouvelle génération des logiciels du groupe. Et par la confirmation d'un retour à une certaine forme de dynamisme commercial : après être tombées à 1,6 million en 2006, les ventes de licences sont remontées à 4,5 millions en 2007, puis à 5 millions d'euros en 2008.

En 2009, avec l'intégration de ASGroupe, l'éditeur compte 300 collaborateurs. Le nouvel ensemble a engrangé 31,7 millions d'euros en 2008.

LeMagIT : sur le marché du logiciel, les poids moyens comme vous ont-ils encore les moyens d'investir suffisamment en R&D pour suivre la course technologique?

Viviane Ribeiro : La taille n'est une garantie d'investissement. Regardez le cas d'Infor, qui doit aujourd'hui se concentrer sur le remboursement de sa dette. Lefebvre Software a la chance d'appartenir à une famille (l'éditeur est une filiale du groupe des Editions Lefebvre Sarrut, ndlr). Nous avons ainsi financé le développement de la gamme OpenIris, un produit de gestion comptable full Java.

De même, le rachat de ASGroupe - financé par un prêt du groupe à la filiale - amène dans notre porte-feuille une application de consolidation entièrement réécrite en .Net.

LeMagIT : une base Java et un complément en .Net : n'est-ce-pas un frein pour les clients?

V.R. : L'important, c'est que nous proposons des technologies totalement Web. Chez les clients, cette hétérogénéité ne pose pas vraiment de problème. Elle existe de toute façon dans les systèmes en place.

LeMagIT : où en-êtes-vous du lancement de la gamme OpenIris?

V.R. : Le produit OpenIris immo (spécialisé sur la gestion des immobilisations, ndlr) est en production sur 25 sites. La première installation du logiciel OpenIris Finance, sorti début 2008, vient de se terminer. Deux ou trois autres sont en chantier pour bien baliser la capacité de montée en charge, un des points clefs sur des logiciels de ce type.

LeMagIT : comment se décompose le chiffre d'affaires de 2008?

V.R. : Les signatures de nouvelles licences pèsent 5 millions d'euros. La maintenance, 6,4 millions. Et les services 12 millions. En dehors du conseil et de l'intégration, ce dernier chiffre inclut nos ventes en mode ASP ou Saas. Un segment où nous avons généré 2,5 millions de revenus récurrents en 2008, contre 1,5 million en 2007. Tout notre catalogue sera disponible en mode Saas d'ici trois mois, y compris les offres de consolidation.

LeMagIT : quel est l'impact de la crise sur votre activité?

V.R. : A la fin 2008, un certain nombre de projets ont été décalés. J'estime que, sans cette crise, nous aurions réalisé 500 000 à 600 000 euros de plus en chiffre d'affaires. Au premier trimestre 2009, nous espérons malgré tout dépasser nos résultats d'il y a un an. Et notre porte-feuille d'opportunités est supérieur - tant en nombre de projets qu'en valeur - à ce que nous connaissions voici un an. La différence avec l'année dernière, c'est que les affaires mettent plus de temps à se conclure.

LeMagIT : Lefebvre est avant tout un éditeur franco-français. Où en êtes-vous de votre internationalisation?

V.R. : C'est la troisième étape de la stratégie que nous mettons en place, après la restructuration des activités et l'acquisition de produits complémentaires à notre offre historique. Nous visons 60 millions de chiffre d'affaires, en rythme annuel à la fin 2009 ou au début 2010. Ce qui passe par un renforcement important de notre présence en Italie, en Espagne, en Grande-Bretagne ou en Belgique, y compris par des rachats. Pour l'instant, l'international pèse 10 % de notre activité.

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