Virtualisation d'applications : VMware et Microsoft fourbissent leurs armes face à Citrix

Cette semaine, Microsoft et VMware ont chacun leur tour annoncé des évolutions de leur offres de virtualisation d'applications. Les nouvelles moutures de Softgrid (rebaptisé Microsoft Application Virtualization 4.5) et de Thinstall (rebaptisé ThinApp 4.0) viennent concurrencer les technologies de streaming applicatif de Citrix, mais aussi Symantec.

Si la virtualisation de serveurs progresse à vitesse rapide du fait de ses bénéfices évidents dans les datacenters, une autre technologie de virtualisation, la virtualisation d'applications, fait de plus en plus parler d'elle, du fait du marketing agressif des quatre grands acteurs du secteur, Citrix, Microsoft, Symantec et VMware.

Citrix a intégré la virtualisation d'application à son offre XenApp (ex-Presentation Server) après le rachat d'Ardence. Microsoft a, quant à lui, fait son entrée sur ce marché après le rachat de Softgrid et il vient d'annoncer cette semaine la RC1 de Microsoft Application Virtualization 4.5 (ex-Softgrid) lors de TechEd aux Etats-Unis. Symantec a, de son côté, mis un pied dans la virtualisation d'applications après le rachat d'Altiris et de sa technologie SVS. Enfin, VMware a lancé cette semaine ThinApp 4.0, la dernière incarnation de la technologie de virtualisation d'application acquise lors du rachat de Thinstall.

Chacune à leur façon, les quatre technologies permettent d'enrober l'application à déployer sur un poste client dans un conteneur virtuel qui permet de faciliter son déploiement, mais surtout de limiter les problèmes de compatibilité et de conflits interapplicatifs. Dans la pratique, l'administrateur prépare sur le serveur un conteneur avec les outils fournis par l'éditeur de logiciel de virtualisation, puis définit les droits d'accès de ses utilisateurs. Ce conteneur est ensuite diffusé (« streamé ») de façon transparente vers l'utilisateur final qui peut l'utiliser comme une application traditionnelle sur son poste de travail. Cerise sur le gâteau, le conteneur inclut en général une technologie d'update qui le fait se mettre à jour automatiquement sur le poste client en cas de changement du « conteneur maître » sur le serveur.

La virtualisation : de réels bénéfices mais quelques inconvénients

Par rapport aux solutions de virtualisation de poste de travail façon VDI ou XenDesktop et aux approches client léger traditionnelles, comme celles que proposent Microsoft, Citrix, X2 ou le français Turbolink, la virtualisation d'application ou streaming applicatif a plusieurs avantages, notamment en termes de coût de déploiement, de mobilité (le conteneur applicatif ne nécessite pas forcément une connexion au réseau d'entreprise pour se lancer) et de maintenance des postes : le conteneur est en effet autonome et embarque ses propres librairies et paramètres ; il ne vient donc pas « polluer » l'environnement client. Un autre avantage est aussi celui des performances. Le conteneur applicatif s'exécute localement en tirant parti de toutes les capacités du poste client, que ce soit en termes de processeur ou de graphismes.

L'approche streaming présente toutefois plusieurs inconvénients par rapport à l'approche client léger. Tout d'abord, le poste client doit obligatoirement fonctionner sous Windows pour exécuter les conteneurs applicatifs, il faut donc l'administrer, assurer sa sécurité et le « patcher » comme tout PC traditionnel. Ensuite, les technologies d'isolation employées par les conteneurs induisent parfois leurs propres problèmes de compatibilité, notamment en restreignant les capacités de communication entre applications situés dans des conteneurs différents. Enfin, la phase de streaming elle-même peut parfois peser sur la performance réseau.

Microsoft et VMware mettent à jour leurs solutions

Même s'ils sont conscients de ces limitations, les éditeurs poussent à l'adoption de la virtualisation d'applications en mettant en avant ses bénéfices en termes de coût d'administration, de migration et de déploiement d'applications. Ainsi en lançant cette semaine ThinApp 4.0 (un pied de nez au XenApp de Citrix), VMware souligne les bénéfices en termes de migration et d'administration. ThinApp permet par exemple de faire tourner simultanément deux versions d'un même logiciel (VMware donne l'exemple d'Internet Explorer 6 et IE 7) ; ce qui est en général problématique sur un même système d’exploitation afin de faciliter une migration logicielle.

Thinstall Application Virtualization 3.0 était facturé à un tarif forfaitaire de 4995 $ puis 39 $ par poste. VMware propose désormais ThinApp 4.0 à 5000 $ avec 50 licences clients et un prix additionnel de 39$ par client additionnel. Un prix qui reste supérieur au coût par poste du MDOP de Microsoft (voir-ci dessous) mais qu'il est difficile de comparer à celui de Citrix, dont le XenApp mixe streaming applicatif et approche client léger.

Face à VMware et Citrix, Microsoft poursuit lui aussi ses efforts. Lors de TechEd, Bob Muglia a présenté la version Release Candidate de Microsoft Application Virtualization 4.5, le successeur de Softgrid, une version optimisée pour les grands déploiements et qui apporte plusieurs améliorations comme la possibilité de streamer des applications dans un environnement Terminal Server sous Windows Server 2008. Seul souci, le logiciel reste réservé aux clients entreprises sous contrat de maintenance Software Assurance dans le cadre du Microsoft Desktop Optimization Pack (MDOP), quiinclut aussi des outils d'inventaire de postes, de diagnostics et de gestion avancée de politiquesde groupes. Le MDOP est facturé environ 10$ par poste et par an en sus des 35 à 50 $ que coûte la Software Assurance sur le système d'exploitation client.

Notons qu'un scénario toujours à l'étude chez Microsoft est d'utiliser les technologies de Softgrid comme un nouveau mécanisme de packaging applicatif dans de futures versions de Windows. Un tel choix permettrait d'éviter les problèmes récurrents de base de registre de Windows et permettrait aussi de simplifier les migrations entre différentes versions de systèmes d'exploitation et de logiciels.

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