L’état du monde IT : la virtualisation s’attaque au poste de travail

Bien partie pour se banaliser dans les centres de calcul, la virtualisation s’attaque désormais au poste de travail, qu’il s’agisse de virtualisation complète, au niveau du système d’exploitation, ou de simple virtualisation d’applications. Avec la promesse de coûts d’administration réduits et d’une sécurité renforcée. Une promesse qui ne demande qu’à se concrétiser.

Gartner n’y va pas par quatre chemins. Pour le cabinet d’analystes, la virtualisation du poste de travail est la seconde des dix technologies susceptibles de marquer le plus fortement de leur empreinte les systèmes d’information, à court et moyen terme. Et pour cause : il s’agit ni plus ni moins que d’industrialiser massivement l’administration de postes de travail, dont les coûts indirects d’exploitation pourraient représenter jusqu’à 50 % de la facture. Au-delà des économies, il y a aussi la sécurité : « en créant une couche d’abstraction, la virtualisation crée, au passage, une couche d’isolation », expliquait en mai dernier Neil McDonald, analyste chez Gartner. Pas étonnant alors que Check Point ait précisément choisir de s’appuyer sur la virtualisation d’applications pour sécuriser le navigateur Web avec son logiciel ZoneAlarm ForceField.

Un marché très convoité

L’année s’est engagée sur un mouvement défensif. Celui de Citrix qui, attaqué de front par VMware sur la distribution d’applications et d’environnements de travail, a décidé de casser les prix de ses solutions traditionnelles en combinant XenApp et XenDesktop en un package unique, à moins de 300 $ par poste. Mais l’affrontement est loin d’être terminé : alors que XenApp vient de passer en version 5 -  avec, à la clé, de nombreuses optimisations – VMware a riposté en fin d'année avec VMWare View, apportant au passage un embryon de fonctionnement en mode déconnecté. Le tout tandis que Wyse travaillait à apporter au client léger l’expérience du client lourd.

Alors qu’il était resté en retrait sur ce terrain au premier semestre, Microsoft est finalement parti chasser sur les terres de Citrix et de VMware, avec MDOP 2008 R2. Cette suite d’outils d’administration et de déploiement d’applications – centrée sur la technologie de virtualisation d'applications  App-V, héritée du rachat de SoftGrid – est proposée au tarif très agressif de 10 $ par an et par PC, mais aux seules entreprises ayant souscrit au programme de maintenance Software Assurance.

Soucieux de ne pas rester sur la touche, Novell s’est attaqué à son tour à la virtualisation d’applications. Basé sur la technologie d'isolation de Xenocode, ZenWorks Application Virtualization permet d’encapsuler les applications Windows dans un conteneur virtuel afin de réduire les problèmes de déploiement et de compatibilité. 

De son côté, Sun a fait progresser à grands pas, tout au long de 2008, VirtualBox, son outil open source de virtualisation des postes de travail et il a continué à faire évoluer ses outils de distribution et d'administration d'applications. Enfin, IBM s’est joint à la mêlée, avec l’aide d’Ubuntu, pour proposer un Virtual Linux Desktop, une solution intégrée associant Linux et une kyrielle d’applications s’exécutant directement sur le serveur.

Seulement le début

Mais la virtualisation du poste de travail a encore du chemin à parcourir avant de se banaliser. Gartner n’estimait qu’à dix millions le nombre de postes de travail virtualisés dans le monde au mois de mai dernier. Selon divers observateurs, un important travail d’éducation du marché et de développement des compétences serait encore à faire. Sans compter la question des licences des logiciels, liées au matériel, alors qu’avec un poste de travail virtualisé, c’est à l’utilisateur qu’il convient de les associer. Une problématique bien connue dans l’univers des serveurs. Sans compter aussi sur le fait qu'il faut au moins recourir à trois ou quatre technologies différentes pour couvrir l'ensemble des besoins des utilisateurs (de la virtualisation d'application à la virtualisation de poste de travail en passant par le streaming applicatif et le déport d'écran).

Pour autant, compte tenu des économies escomptées, ce que l'on appelle de façon générique "la virtualisation du poste de travail" pourrait recevoir un petit coup de pouce dans le contexte économique actuel. Al Nugent, vice-président exécutif et directeur technique de Computer Associates, nous indiquait d’ailleurs, à l’automne, préparer une offre pour les postes de travail virtualisés, afin de répondre à « de nombreux gros clients qui cherchent à faire évoluer dans ce sens leurs postes de travail, au cours des deux à trois prochaines années. » Signe des temps, Orange Business Services a d’ailleurs lancé, dès le printemps, une offre commerciale clé en main de poste de travail virtualisé.

Tout le feuilleton en une quinzaine d'articles

Avril

- Virtualisation du poste de travail : Microsoft reste sur la réserve

- Orange verrouille le poste de travail virtuel

- Virtualisation du poste de travail : Citrix innove mais doit encore convaincre

Mai

- La virtualisation du poste de travail étale ses promesses, faute de mieux

- Pour Check Point, la sécurité passe par la virtualisation du navigateur

- Synergy 2008 : Citrix préserve sa chasse gardée dans la virtualisation de desktop

Juin

- Virtualisation d’applications : VMWare et Microsoft fourbissent leurs armes face à Citrix

- VMware : ThinInstall devient ThinApp

Juillet

- Virtualisation : l’engouement est là, manque plus que des licences adaptées

Août

- Citrix lancera XenApp 5 début septembre

Septembre

- Novell se lance à son tour dans la virtualisation d’applications

Octobre

- Microsoft s’attaque à Citrix et VMware sur le poste client

- Al Nugent, CA : « la virtualisation du poste de travail va décoller »

Décembre

- IBM et Ubuntu, partenaires autour d’un desktop virtuel anti-Microsoft

- VMware View 3 : du thin client au client lourd, et vice-versa

- Wyse poursuit ses efforts pour amener au Thin Client l’expérience du client lourd

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