RGPP II : François Baroin propose un DSI pour l’Etat et des services publics en ligne renforcés

L’Etat veut se moderniser tout en faisant des économies drastiques. Au cœur de la second phase de la Réforme Générale des Politiques Publiques (RGPP), l’informatique est parée de nombreuses vertus par les rédacteurs du projet. L’Etat disposera désormais d’un DSI pour mettre en musique de nombreux chantiers. 300 millions d’euros d’économies sont directement attendues d’un SI à vocation centralisée.

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La RGPP II, c’est parti. François Baroin, ministre du Budget, présentait ce matin en conseil des ministres la seconde phase de la Révision Générale des Politiques Publiques. Objectif : trouver 10 milliards d’économie par an à partir de 2013 et réduire de 100 000 postes les effectifs de l’Etat. Au menu, 150 nouvelles mesures ont été adoptées pour la période 2011-2013. Outre la rationalisation de l’Etat, ces mesures ont vocation à participer au « redressement des finances publiques et apporter une attention quotidienne à l'amélioration de la qualité de service rendu aux citoyens ». Pour ce faire, le train de mesures prévoit donc la suppression de nombreux postes de fonctionnaire – par non remplacement d’un départ à la retraite sur deux, une règle déjà présente dans la première RGPP - mais également un recours massif à Internet et aux systèmes d’information.

Un DSI central pour l’ensemble des services de l’Etat

En premier lieu, après les Etats-Unis et le Royaume Uni, l’Etat français a décidé de nommer un "directeur des systèmes d'information de l'Etat" qui aura pour mission principale de mutualiser les fonctions de support informatique à travers l’ensemble des services de l’administration. Mais pas seulement. Bercy estime que la centralisation de tous les achats publics devrait permettre d'économiser 700 millions d'euros supplémentaires, en plus des 300 millions déjà réalisés en 2010. Là encore, les outils informatiques et les politiques d'achat groupé mis en place par le tout nouveau DSI central – chaque administration étant déjà pilotée de manière autonome - devraient tenir un rôle important.

Internet au cœur de la simplification administrative pour les entreprises

Si le back-office informatique est donc appelé à être rationalisé, les promoteurs de la RGPP comptent aussi sur le développement du front-office Internet et des applications attenantes pour poursuivre la simplification des démarches administratives. Fort du succès des déclarations fiscales en ligne (impôts sur le revenu ou TVA) et de l’augmentation constante du niveau d’équipement, l’Etat souhaite proposer de plus en plus d’outils tant pour les particuliers que pour les entreprises. Là encore la centralisation de l’information est le maître mot. Les démarches électroniques jusqu’à présent imposées ou proposées aux grands comptes devraient cette fois concerner les TPE et les PME. Ces dernières pourront disposer d’un compte en ligne personnalisé pour effectuer l'ensemble de leurs démarches administratives. Et les déclarations sociales trimestrielles ou mensuelles seront regroupées en une unique déclaration totalement dématérialisée.

Du côté des particuliers, un nouveau service de gestion de profil sera accessible sur mon.service-public.fr. Il permettra, via une interface unique donc, d'informer simultanément plusieurs services publics d'un changement de coordonnées bancaires, postales ou électroniques. Egalement en chantier : un système de paiement en ligne des frais de santé ou encore le suivi de la gestion des plaintes - de la police au tribunal -, des aides au logement, etc. Le recensement devrait également recevoir un lifting Internet.

Des économies vaguement estimées qui restent à réaliser

Au final, Bercy annonce 300 millions d'euros d'économies grâce à la modernisation de l'informatique de l'Etat et la division par 10, d'ici fin 2012, des quelque 570 sites Internet gouvernementaux. Pour y arriver, les chantiers sont de taille et particulièrement complexes à mener comme le montre le très délicat déploiement de Chorus, le PGI de l’Etat, au cœur du cyclone depuis quelques mois. Rappelons que la Cour des comptes asorti plusieurs rapports critiques sur ce sujet, écornant tant la gestion du projet que son coût. Des rapports qui laissent aussi entrevoir les divergences de vue entre les différentes parties pranantes (ministères, Agence pour l'informatique financière de l'Etat qui pilote le chantier, Budget, etc.). Le futur DSI central a donc du pain sur la planche et devra disposer d'une autorité clairement affirmée sur les différents services pour imposer la mutualisation souhaitée par François Baroin.

Une chose est sûre, la mise en œuvre de l’ensemble des mesures annoncées concernant les SI publics devraient réjouir l’ensemble des prestataires informatiques habituels de l’Etat. Récemment, Guy Mamou-Mani, le tout nouveau président de Syntec Informatique (chambre patronale des SSII et éditeurs), exprimait ses craintes de voir l'Etat s'engager dans un brutal exercice de "cost-cutting" sur ses dépenses informatiques. Les lignes directrices de la RGPP II montrent que ce n'est pas la seule voie retenue et que l'IT reste, aux yeux des décideurs publics, un outil de la transformation de l'Etat... malgré les récents déboires de Chorus.

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