EMC va intégrer ScaleIO au noyau vSphere

La prochaine mouture du logiciel de SAN distribué ScaleIO d'EMC sera proposée sous forme de module noyau vSphere et supportera la réplication inter-cluster. De quoi envisager des solutions hyperconvergées combinant vSphere et ScaleIO signées EMC (ou VCE).

À l’occasion d’une visite des locaux d’EMC en Israël, à Hertzliya, au nord de Tel Aviv, LeMagIT a pu s’entretenir avec Boaz Palgi, le directeur général et cofondateur de ScaleIO, la solution de stockage scale-out en mode bloc acquise par EMC en juin 2013. L’occasion de faire un point sur la technologie et de discuter de ses applications. Pour Palgi, l’avenir est clairement au stockage distribué du fait de l’évolution de la performance des systèmes : « Il y a quarante ans les processeurs étaient tout juste suffisants pour permettre d’exécuter les applications, ce qui fait que l’on a dédié des machines spécifiquement aux tâches de gestion du stockage ». Pour Palgi, les baies de stockage modernes sont l’héritage de cette « pénurie » de ressources.

Or, la situation a considérablement évolué. Les processeurs modernes ont de la puissance à revendre et sont loin d’être utilisés au maximum de leur potentiel même avec la virtualisation. De même chaque serveur arrive avec des disques durs qui restent largement sous-utilisés. Pour Palgi, il est donc désormais envisageable de rapatrier la fonction de stockage sur les serveurs en utilisant la puissance CPU et la capacité disque non utilisée pour créer un stockage distribué et économique à grande échelle.

L’idée de ScaleIO n’est pas en soit pas nouvelle. Au début des années 2000, elle avait déjà été développée par des pionniers comme Seanodes. Plus récemment, elle a aussi été mise en avant par des acteurs comme LeftHand ou VMware, avec VSAN (ou plus récemment par la start-up Bulgare StorPool).

Mais ScaleIO, doté dès l’origine de moyens financiers importants et désormais adossé à EMC, a réussi à industrialiser le concept et à le porter à une échelle qu’aucun de ses concurrents ne supporte actuellement. Selon Boaz Palgi, il est aujourd’hui possible d’imaginer des grilles allant d’une poignée à plusieurs milliers de serveurs dans une architecture ScaleIO. Il est à noter que tous les nœuds n’ont pas forcément à apporter du stockage. Certains se contenteront de participer au cluster pour consommer du stockage tandis que d’autres nœuds seront à la fois fournisseurs et consommateurs de stockage. Et ce stockage peut être de nature différente (cartes Flash PCIe, SSD, disques durs,…), la technologie gérant le tiering, ce qui permet d'envisager des configurations plutôt orientées capacité ou plutôt orientées performance.

Une autre force de la technologie est qu’elle ne se limite pas au support d'une unique plate-forme de système d'exploitation. ScaleIO est disponible sous Linux, sous Windows, et sous VMware, ce qui lui permet de servir aussi bien des clusters Hyper-V que des clusters OpenStack ou VMware vCloud.

Vers une intégration native au noyau VMware.

L’une des grandes nouveautés de la prochaine mouture de ScaleIO, attendue dans les prochains mois, portera d’ailleurs sur le support de VMware. Alors que la technologie fonctionne aujourd’hui sous forme de VM au-dessus de vSphere, comme la plupart des appliances de stockage VMware, la prochaine mouture du logiciel sera intégrée à VMware sous la forme d’un module d’extension au noyau. Cette intégration renforcée devrait faire de ScaleIO un citoyen de même classe que VSAN et devrait notamment améliorer les performances et la consommation mémoire. Autre bénéfice, la prochaine version de ScaleIO supportera pleinement les API VAAI de VMware.

L’intégration de ScaleIO au noyau VMware ouvre aussi la porte à la mise en œuvre d’architectures VMware massivement distribuées utilisant la technologie de stockage d’EMC. ScaleIO est en effet conçu pour bâtir des architectures de stockage à une échelle bien plus massive que celle de VSAN (qui s’arrête aujourd’hui à 32 nœuds) et il a aussi l’avantage d’être bien plus flexible quant à l’allocation des ressources, alors que VSAN demande des serveurs dont les caractéristiques dont très proches les uns des autres. Autre atout, ScaleIO intègre des fonctions avancées de gestion de qualité de service (avec des mécanismes de limitation d’I/O ou de bande passante par volume) qui sont essentielles lorsque l’on commence à gérer des infrastructures de grande taille.

LeMagIT estime donc possible l’apparition prochaine de solutions (ou d’architectures de référence) hyperconvergées signées EMC (VCE ?) et basées sur la technologie ScaleIO, d’autant qu’une autre fonction apportée par la prochaine version de ScaleIO sera la réplication entre cluster, afin de sécuriser encore un peu plus les données.

Couplé à la solution de software Defined Storage VIPR d’EMC, ScaleIO pourrait aussi être un concurrent redoutable pour les solutions émergentes de stockage distribuées open source comme Ceph. Le couple permet en effet non seulement de satisfaire des besoins de stockage en mode bloc, mais aussi de délivrer des services de stockage objet et prochainement des services en mode fichiers à très grande échelle. Bref avec ScaleIO, EMC dispose d’une solution séduisante pour servir le marché des grands cloud privés, mais aussi celui des fournisseurs de services et des opérateurs de cloud.

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