BpiFrance veut accélérer dans le financement des start-ups en 2015

La banque publique d’investissement veut être le support des start-ups et être au cœur du financement de l’innovation.

En présentant la semaine passée le bilan de son activité, Nicolas Dufourcq, le président de  BpiFrance a souligné le fort développement de son activité globale en 2014 avec 14 Mds d’euros de financement divers des entreprises contre 11 Mds d’euros en 2013. Il a également mis en avant la forte progression du financement de l’innovation et des start-ups avec 1,1 Md € mobilisés.

Start-up et Innovation : + 40 % en 2014 et le cap du milliard financé a été franchi par BpIfrance

Dans son bilan de l’année 2014, BpiFrance indique une forte accélération des moyens financiers mobilisés avec une progression de 38 % des aides à l’innovation qui s’établissent à  877 M€. L’institution a également fait état d’une progression de 89 % des prêts à l’innovation qui ont atteint 214 M € l’année passée. Autre signe très positif pour le financement de l’innovation et notamment celui des start-ups, BpiFrance a renforcé ses souscriptions dans des fonds partenaires qui sont passés de 445 M€ en 2013 à 645 M€ en 2014 tandis que le nombre de fonds bénéficiaires est resté stable. Une stratégie de capital risque qui a permis en 2014 de financer des seconds et des troisièmes tours de table offrant à des start-ups la possibilité de franchir un cap international.

On peut citer le cas de Teads, un projet porté par Pierre Chappaz, fondateur de Kelkoo, ancien directeur marketing d’IBM, qui a levé 24 M€ sur une solution de monétisation de vidéo. Parallèlement, BpiFrance souligne dans son communiqué que les délais d’examen pour l’octroi des financements ont été divisés par trois pour les plus gros programmes, avec 1 formulaire de demande contre 15 jusqu’à maintenant. Le nombre de sociétés de moins de 5 ans accompagnées a cru de 30%. Enfin, Bpifrance mentionne qu’elle a également ouvert un bureau dans la Silicon Valley afin d’accompagner les start-ups françaises au cœur de l’innovation internet mondiale.

Priorité au financement de l’innovation des usages et des start-ups à potentiel international en 2015

Alors que selon certaines sources, Emmanuel Macron, le ministre de l’économie, plaide fortement au niveau européen pour une accélération du financement de l’innovation au détriment de celui des grands programmes d’infrastructures, il semble écouté, en France, par ses équipes. Selon les Echos, le financement du programme de Cloud souverain qui devait injecter 150 M€ au total pour créer deux champions français serait stoppé. Cloudwatt repris par Orange sera intégré à l’opérateur français et Numergy serait, selon certaines sources, cédé par Patrick Draghi, le président de Numéricable-SFR, son nouveau propriétaire. Des montants qui pourraient être donc consacrés au financement du développement des ETI technologiques et des start-ups dont tout le monde s’accorde à penser qu’elles seront les principales créatrices d’emplois directs et indirects dans les années à venir - comme c’est le cas actuellement aux Etats-Unis.

BpiFrance a annoncé d’ailleurs un nouveau programme d’évaluation des projets technologiques pour ses conseillers, y intégrant des critères plus larges (les usages, le digital) et moins technologiques dans l’évaluation du potentiel de développement des start-ups. Comme avec la start-up Blablacar, BpiFrance semble s’orienter vers le financement d’entreprise portant des projets d’innovation, créateur de plus d’emplois.

Parallèlement, BpiFrance souhaite être plus présente sur le financement des start-ups et ETI  les plus prometteuses pour éviter qu’elles soient avalées par des fonds d’investissements américains au cours de leur croissance internationale. Financer les projets liés aux nouveaux usages du numérique et étoffer le nombre d’ETI technologiques  semble être les défis de BpiFrance pour 2015 et pour les années à venir, pour pouvoir rivaliser sur la scène mondiale numérique.

Pour approfondir sur Economie et Régulation

Close