France IA : l’Etat lance son plan de bataille pour une Intelligence Artificielle française

Première étape de cette stratégie, une cartographie des acteurs nationaux – universitaires, entreprises et start-ups – un moteur de recherche pour accéder à ses résultats. La deuxième étape s’appuie sur un plan d’action qui implique le Bpifrance et différentes filières sectorielles.

Ce mardi, l’Etat a lancé officiellement son programme national pour la promotion de l’Intelligence Artificielle . Le but est de se faire une place dans ce domaine ô combien stratégique face aux géants de l’IT. « L’intelligence artificielle et l’algorithmique sont potentiellement présentes dans tous les domaines d’innovation » explique le Ministère de l’Economie. L’initiative arrive dans un contexte où les multinationales américaines sont, aujourd’hui, en position de quasi-monopole sur le sujet (IBM, Microsoft, AWS, Google, Apple, et demain Facebook.

Tenter de peser face au monopole américain

Après deux mois de travail, le rapport #FranceIA a donc été officiellement présenté (PDF). Son but est de permettre au Gouvernement de « mobiliser tous les membres de la communauté IA et de fédérer les nombreuses initiatives émergentes en France pour définir une stratégie nationale concertée et mettre en avant le potentiel de la France dans ce domaine ».

Le projet se réfère à celui de l’administration Obama qui avait lancé un plan « Preparing for the future of Artificial Intelligence » qui a accouché d’un rapport «Artificial Intelligence, Automation, and the Economy ».

Les conclusions du rapport français sont une cinquantaine de propositions autour de la recherche (comme développer l'interdisciplinarité ou valoriser les talents), de la formation (créer des vocations), du transfert de la recherche vers des applications concrètes, et du développement d’une stratégie industrielle qui s’appuie sur une « verticalisation » de l’IA dans chaque filière.

Une cartographie des acteurs de l’AI et un moteur de recherche

Les groupes de travail lancés en début d’année ont d’ores et déjà réalisé une cartographie qui a permis d’identifier un ensemble – qui se veut quasi exhaustif - des projets de recherche, des startups, des investisseurs et des structures publiques ou privées qui composent l’écosystème français de l’AI.

Le rapport a ainsi repéré 250 équipes de recherche, 5.300 chercheurs (dont plus de 4.000 hors région parisienne), 18 mastères pour environ 1.000 étudiants, 80 ETI et PME spécialisées, et plus de 270 startups.

Un observatoire sera par ailleurs créé. Il devra permettre « de faire vivre de manière dynamique cette cartographie ». La mise à jour de cette base de documentation et sa mise à disposition du public se fera via un moteur de recherche. Les deux s’appuieront sur scanR (moteur de recherche du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche) et sur l’expertise de c-Radar (marketing prédictif B2B).

Le gouvernement s’engage également à soutenir l’initiative « France is AI » qui, elle aussi, recense et promeut l’écosystème français de l’intelligence artificielle.

Le plan d’action pour 2017

Dans les semaines qui viennent, plusieurs actions commenceront à être menées. Pèle mêle : un comité stratégique mixte (public privé, universitaire et économique) sera mis en place, un « projet phare de technologie émergente » (« FET flagship ») sera soumis pour être co-financé par l’UE (à hauteur d’1 milliard d’euros), et un programmes prioritaires de recherche sera lancé pour retenir les meilleurs talents. Sans oublier le financement d’une infrastructure mutualisée pour la recherche.

En parallèle, le Bpifrance sera mobilisé pour atteindre l'objectif, d'ici 5 ans, d’investir 250 millions d’euros dans 10 start-ups françaises.

Dernière initiative notable, le rapport préconise de mobiliser - dès 2017 - les filières automobile (voitures autonomes obligent), de la relation client, de la finance, de la santé et du transport ferroviaire « pour que chacune définisse une stratégie sectorielle IA d’ici la fin de l’année ».

De son côté, le gouvernement lancera un appel à projets pour « des plateformes sectorielles de partage de données en rapport avec l’AI pour 3 à 6 secteurs », là encore d’ici la fin 2017.

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