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Red Hat et Codenvy veulent faire d’OpenShift.io un chef d’orchestre pour l’outillage DevOps

Red Hat absorbe finalement Codenvy le supporter n°1 du projet Open Source Eclipse Che, après en avoir fait le socle d’OpenShift.io.

Ce n’est finalement qu’une demi-surprise. Après avoir décidé, il y a un an, de participer activement aux développements d’Eclipse Che, un IDE 100% hébergé, Red Hat annonce le rachat de la principale société derrière ce projet Open Source : Codenvy. Si le montant de la transaction n’est pas communiqué, cette opération constitue pour Red Hat un geste plus stratégique que financier qui lui permet de fondre à ses équipes ainsi qu’à son portefeuille d’outillage pour développeur, un projet clé pour le développement d’applications natives pour le Cloud, où se mêlent micro-services et containers – deux piliers de DevOps.

Eclipse Che est né en 2013 au sein de la société Exo Platform fondée notamment par Benjamin Mestrallet et placée en Open Source auprès de la fondation Eclipse en 2014, où il occupe le rang de projet de premier niveau.  La société Codenvy,  de 40 employés, située à San Francisco (avec des équipes en Ukraine et au Luxembourg), est le principal maintener du projet Eclipse Che et propose une offre d’hébergement de l’IDE ainsi qu’une solution Entreprise – qui sont en fait des instances privées managées de la solution. L’objectif premier d’Eclipse Che est d’abord de proposer un environnement de développement consommable entièrement dans le navigateur, mais avec la particularité d’être adapté aux développements de micro-services bâtis sur des containers. Si l’IDE, qui se veut multi-runtime et multi-langages, renferme toute la chaîne d’outillage pour créer, débuguer, tester, déployer, son architecture native en micro-service dote la solution de grandes capacités de flexibilité pour mettre en place des environnements de développement dédiés, et cloisonnés, à chaque membre d’une équipe. Cette particularité (les « user workspaces ») est d’ailleurs vanté par  Red Hat comme étant l’un des points forts de Che / Codenvy. « Codenvy est bien plus qu’un IDE Cloud, explique Harry Mower, directeur de programmes auprès des développeurs chez Red Hat dans un billet de blog. Au centre de la technologie de Codenvy, on retrouve un système de gestion de workspaces qui permet aux développeurs d’être rapidement opérationnels et autonomes sans avoir à configurer un environnement de développement en local. »

Avec ces workspaces dont la mise en place est automatisée, une équipe de développeurs peut par exemple configurer plusieurs environnements dédiés, chacun avec ses propres runtime, tout en collaborant sur un projet de développement global de micro-services. Chaque projet est recensé et contrôlé par un système de gestion de permission et de rôle. Si cela facilite certes la collaboration entre plusieurs équipes de développement autour des containers (et donc, un processus très ramifié), Codenvy favorise l’intégration des équipes opérationnelles dans le processus. Un bienfait lorsqu’on parle de DevOps.

Eclipse Che : la fondation d’OpenShift.io

Red Hat avait déjà perçu les capacités d’Eclipse Che en s’impliquant dans sa communauté il y a un an. La firme de Raleigh avait collaboré avec Microsoft et Codenvy autour du projet, avant d’en faire la fondation de son offre OpenShift.io, un environnement de développement et de mise en production d’applications bâties sur les containers, annoncé lors du dernier Red Hat Summit. Logiquement, Codenvy, ses équipes et sa technologie, viendront compléter cet édifice. Dans un communiqué, Red Hat parle d’ailleurs de faire d’Eclipse Che et des outils de Codenvy des pièces « centrales à sa stratégie en matière d’outillage » et d’intégrer la technologie de gestion de workspaces à ses outils et plateformes. Cela serait une des clés pour qu’OpenShift.io soit une réussite, assure une FAQ Red Hat portant sur le rachat.

Ce rachat de Codenvy par Red Hat s’inscrit aussi dans une tendance forte chez les fournisseurs d’outillage Cloud : celle d’aligner les technologies de développement sur les exigences des applications natives pour le Cloud, qui requièrent un maximum de maîtrise de déploiement de containers et des cycles DevOps. En proposant un IDE Cloud, managé, de capacités de delivery et d’intégration continue, de mécanisme d’auto-provisioning d’environnement et de collaboration, les éditeurs souhaitent accélérer la mise en place d’environnements de développement adaptés – sans passer par les traditionnelles étapes, plutôt chronophages. AWS avait aussi fait ce constat à l’été dernier, en intégrant à ses très nombreux services Cloud les outils de Cloud9.

 

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