AWS Summit 2017 : Bienvenue dans l'ère du Serverless

Que ce soit lors des présentations techniques, mais aussi lors des témoignages d'entreprises utilisatrices des services Cloud d'Amazon Web Services, un mot est revenu constamment lors de l'édition 2017 de l'AWS Summit : le Serverless.

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Preuve de la montée en puissance d'Amazon Web Services et de sa communauté de clients dans l'Hexagone, c'est le Carrousel du Louvre à Paris qui accueillait l'édition 2017 de l'AWS Summit. Un cadre prestigieux et des espaces plus grands qui semblaient pourtant bien étroits pour accueillir une foule dense d'entreprises déjà, pour beaucoup, utilisatrices des services de l'Américain.

Pour Amazon, l'heure n'est plus à convaincre les entreprises d'aller, ou pas, dans le Cloud. Toutes les entreprises modernes utilisent des applications Saas, stockent ou archivent des données dans le Cloud ou font tourner des instances sur un Iaas. Il s'agit maintenant pour Amazon Web Services de les convaincre de réarchitecturer leurs applications et services et de faire disparaitre une fois pour toute la notion de serveur.

La sécurité, premier thème abordé par le CTO d'Amazon Web Services

La session de Werner Vogels était la plus attendue puisque c'est généralement le CTO d'Amazon Web Services qui livre le plus de détails sur la roadmap des nouveaux services. Signe des temps, celui-ci à choisi de démarrer sa session sur le thème de la sécurité, soulignant les nombreuses fonctionnalités offertes par la plateforme AWS sur la sécurisation réseau, le chiffrement, la gestion des identités et les efforts réalisés par AWS sur le plan de la conformité. Werner Vogels a souligné l'importance prise par les attaques DDOS (Distributed Denial of Service) et a annoncé l'élargissement à tous les clients Amazon Web Services de la fonction de protection AWS Shield.

Un regret toutefois pour l'assistance, Werner Vogels n'a pas précisé quand les 3 zones AWS localisées en France et annoncées pour 2017 seraient effectivement disponibles. Sur ce sujet, c'est Andy Jassy, CEO d'AWS qui s'est exprimé : "Nous connaissons une forte activité en France, depuis le lancement d'Amazon Web Services en utilisant des zones hors de France. Nous avons une forte présence en France depuis longtemps mais ce que nous avons appris de nos clients français est qu’ils bénéficieraient d'une meilleure latence réseau ici et souhaiteraient que leurs données résident en France. C'est pour cela que nous construisons cette région "Paris" et celle-ci pourra accueillir n'importe quelles applications AWS. Nous avons un gros écosystème de partenaires en France et cette région permettra de le faire croitre encore davantage."

En parallèle à la construction de nouveaux datacenters (AWS compte 16 régions, soit 44 datacenters dans le monde), Amazon Web Services poursuit l'expansion de son catalogue produit. Son offre EC2 offre  un large éventail d'instances, depuis l'instance Lightsail, un petit serveur virtual privé à 5 $ par mois jusqu'aux instances certifiées SAP HANA qui peuvent offrir jusqu'à 4 To de mémoire en passant par des instance FPGA ou encore dotées de GPU. Plus aucune charge machine ne peut véritablement échapper à Amazon. Werner Vogel a notamment insisté sur les instances F1 dévoilées en fin d'année dernière. "Cette accélération matérielle est très efficace pour certaines applications bien précises", considère Werner Vogels. "Il est très facile de développer des images F1 sur un desktop et les pousser sur AWS. Par ailleurs, des images sont disponibles sur notre marketplace. C'est notamment le cas pour les traitements et l'encodage vidéo." Calcul financier, exécution d'algorithmes de recherche et d'analyse sur du Big Data ou encore recherche génomique, les applications qui requièrent de grosses quantités de calcul peuvent profiter de l'accélération de ces circuits programmables.

Lambda, le nouveau cheval de bataille d'AWS

Si Amazon Web Services continue à étendre son portefeuille d'instances, le mot d'ordre du Summit 2017 était de convaincre les entreprises de se détacher de cette notion d'instance pour aller vers le "Serverless", c'est à dire une architecture où il n'est plus nécessaire de provisionner/décommissionner des machines virtuelles. On charge le code à exécuter sur Amazon et l'Américain se charge d'ajuster les ressources en fonction du besoin, l'entreprise ayant à régler une facture calculée au nombre de millions de requêtes et aux centaines de millisecondes CPU consommées. "C'est la force de l'invisibilité : nous faisons disparaitre les serveurs", a expliqué Werner Vogels. "Il n’est jamais facile de gérer des serveurs. Le plus simple est de ne gérer aucun serveur du tout. Dans l'approche Serverless, vous n'avez pas à vous occuper du provisioning, gérer des OS, la montée en charge est automatique en fonction de l'usage, vous ne payez qu'à l'usage, vous ne payez rien si l'application n'est pas appelée. Enfin c'est un atout en terme de fiabilité : la performance est garantie."

Le CTO a égrainé l'écosystème Serverless d'AWS, c'est-à-dire l'ensemble des services et fonctionnalités qui, au-delà du service d'exécution Lambda, peuvent être mis en œuvre dans le cadre de cette approche Serverless. Lambda est disponible dans toutes les zones AWS et une douzaine de services Amazon l'intègrent aujourd'hui.

L'adoption du modèle Serverless progresse

Amazon Lambda n'est pas réellement une nouveauté puisque le service a officiellement été lancé en 2014, mais aujourd'hui de nombreux clients AWS l'ont intégré au cœur de leurs architectures. Werner Vogels a dévoilé une liste de clients internationaux dont Vevo, ConnectWise, le Seattle Times, iRobot et bien évidemment Netflix. Lors des ateliers, plusieurs clients français d'AWS Web sont venus témoigner et présenter leurs choix d'architectures et de services et plusieurs d'entres-eux, dont Appaloosa et PSA pour sa plateforme Free2Move font aujourd'hui massivement appel à Lambda.

Pour faciliter l'exploitation de telles applications massivement distribuées s'appuyant sur des microservices, Amazon propose désormais X-Ray. Cette solution d'analyse permet de tracer l'ensemble des composants de l'architecture logicielle, repérer les composants en erreur et dépanner l'application. D'autre part, Werner Vogels s'est fait l'avocat de DynamoDB comme la base de données la plus adaptée à ces architectures Serverless. La base de données bénéficie maintenant d'une fonction d'Auto-Scaling qui doit lui permettre de suivre les variations de charge automatiquement, de même que le DAX (DynamoDB Accelerator) permet de booster les performances de la base de données d'un facteur 10 dans certains cas.

Werner Vogels a ensuite fait un focus sur AWS IoT, la plateforme Amazon dédiée aux objets connectés. L'approche AWS embrasse toute la chaine de l'IoT, depuis un SDK à installer sur les objets connectés, les gateways pour collecter les données, les services centraux avec un moteur de règles et la brique Elastic Search. La plateforme AWS IoT dispose d'un annuaire où les objets sont référencés et, pour assurer une gestion uniforme du parc d'objets, Werner Vogel a expliqué la notion de "Device Shadow". Un objet qui n'est pas connecté à l'instant t recevra ses instructions au moment où il se connectera au réseau, le développeur n'a pas à s'occuper de l'état des objets lorsqu'il envoie ses instructions.

28 000 bases de données commerciales migrées vers AWS

Enfin, Werner Vogels a décoché un missile  à l'encontre d'Oracle, un concurrent qui communique aujourd'hui beaucoup sur sa stratégie Cloud. "Beaucoup de nos clients veulent sortir de ces bases de données commerciales on-premise pour aller vers des bases de données plus ouvertes dans le Cloud. MySQL, MariaDB ou encore PostgreSQL sont des cibles très populaires et nous aidons nos clients dans cette démarche. Nos services de migration ont été utilisés pour migrer plus de 28 000 bases de données on-premise vers le Cloud à ce jour. Le plus souvent, il s'agit de migrer une base de données commerciale vers une base de données Open Source."

Mais parmi ces cibles, on retrouve aussi Amazon Aurora, une base de données compatible avec MySQL (une déclinaison ProsgreSQL existe aussi), mais revisitée par les équipes de développement d'Amazon Web Services. Werner Vogels estime qu'Aurora délivre une performance 5 fois supérieure à celles de MySQL, avec un contenu répliqué sur les différentes zones d'hébergement d'AWS et le tout pour le dizième du prix d'une base de données commerciale "haut de gamme". Expedia figure parmi les entreprises qui exploitent déjà massivement cette base de données en production. Le CTO d’AWS a aussi présenté une curiosité technique plutôt intéressante pour certaines applications, Amazon Athena. Ce service permet de réaliser des requêtes SQL standard sur Amazon S3 directement; nul doute que les développeurs exploiteront cette capacité de requêtage pour se passer de base de données.

Parmi les entreprises françaises venues témoigner sur l'AWS Summit de Paris, Radio France a expliqué pourquoi sa plateforme Web a migré sous AWS. Une démarche également imitée par BeinSport, tandis qu'Engie a fait le choix de la plateforme C3 IoT portée par AWS pour gérer ses objets connectés. Enfin, le témoignage de Veolia Water Technologies s'est distingué par l'organisation de Gameday où les informaticiens devaient détruire leurs applications, une initiative destinée à insuffler l'esprit DevOps dans ses équipes. Une initiative à suivre.

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