OpenStack : risque d’une fragmentation qui peut nuire à l’écosystème

Nos confrères de SearchCloudComputing sont allés interroger des analystes sur la multiplication des offres bâties sur OpenStack. Alors que certains y voient un risque de fragmentation de l’offre qui peut nuire à l’éco-système, d’autres y voient un signe de maturité.

Le nombre d’offres reposant sur OpenStack s’est singulièrement étoffé ces dernières semaines. A tel point que certains observateurs y voient déjà une fragmentation qui pourrait bien, selon eux, affecter le secteur du cloud, tant du côté fournisseurs que clients.

Il faut dire que le mois d’août a été riche en annonces côté OpenStack. Red Hat, considéré comme le 3e contributeur principal de la solution Open Source, a lancé sa propre distribution la semaine dernière - une version préliminaire, la version finale étant prévue courant 2013. RackSpace a lui aussi inauguré ses services de cloud public ce mois-ci. HP, Canonical, Dell, Piston Cloud Computing et Nebula ont eux aussi présenté leur pile OpenStack.

OpenStack n’est pas un simple package comme d’autres outils Open Source, affirme Lydia Leong, vice président chez Gartner, basé à Stamfort, dans le Connecticut. Il s’agit d’un framework complet ; ce qui signifie qu’il sera plus compliqué de maintenir une cohérence étroite entre les différents composants. De plus, chaque solution OpenStack peut en théorie renfermer tout forme de combinaison de ces composants - en fonction des souhaits du fournisseur - et ce, aux côtés d'extensions propriétaires.

Red Hat a confirmé son intention de reverser chacune des modifications au code à la communauté OpenStack, mais souligne Lydia Leong, «si votre distribution ne comporte que peu de changements, elle se distingue peu du reste du marché. Si, en revanche, la différentiation est évidente à cause de nombreuses modifications, le phénomène de fragmentation apparait.» «Cette fragmentation complique alors la tâche des utilisateurs ainsi que celle de l’ensemble de l’écosystème des outils d’administration», poursuit-elle.

Pour d’autres analystes, le nombre grandissant de distributions n’est pas un signe d’une quelconque fragmentation, mais plutôt la marque de la maturité grandissante du marché OpenStack - surtout depuis que Red Hat s’y est officiellement engouffré.

«D’une façon générale, toutes ces fondations pluri-fournisseurs se doivent de posséder une ou plusieurs distributions car il existe une classe de clients qui ne souhaitent pas d’offre de support», explique Mike Norman, analyste chez The Virtualization Practice, un cabinet de conseil spécialisé dans la virtualisation et le Cloud. «Le fait que Red Hat choisisse OpenStack, produise une distribution et s’engage sur un support aux entreprises et sur la durée de vie du produit, est un signe de maturité.»

«L’important est que chacun s’engage à utiliser les mêmes API», commente de son côté Chris Perry, architecte Cloud chez Dreamhost, un hébergeur californien. «Même si les implémentations différent quelque peu en back-end, les APIs restent les mêmes dans l’ensemble.»

Mike Norman se dit également rassuré par les avancées qu’il a pu constater dans la gouvernance d’OpenStack l’année dernière. Auparavant, OpenStack était bien trop sous la coupe de Rackspace, selon lui. Mais avec la création de l’OpenStack Foundation en avril, le projet s’est transformé en une organisation plus indépendante, lance-t-il. La fondation devrait d’ailleurs organiser ses premières élections cette semaine, pour «atteindre la dernière étape critique qui consiste à doter OpenStack d’un refuge indépendant», selon les dires de Jonathan Bryce, qui préside le OpenStack Project Policy Board. La version Folsom est attendue pour octobre.

La communauté Open Source est pour le moment du côté d’OpenStack, mais il est important que les membres de la fondation dégagent rapidement des revenus, commente en substance James Staten, analyste chez Forrester Research. «Si OpenStack ne leur permet pas, d’ici à l’automne prochain ou au premier trimestre de l’année prochaine, de générer un début de revenus, de nombreuses entreprises qui participent à la communauté OpenStack, de façon passive, mais en attente de revenus, pourraient abandonner le navire en marche», explique-t-il. «Le compte à rebours est en marche et ils doivent désormais avancer rapidement.»

Traduit de l'anglais par la rédaction

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