Le Munci interpelle le gouvernement sur l’emploi dans le numérique

L’association professionnelle vient d’adresser une longue lettre au gouvernement pour lui soumettre ses analyses et propositions sur l’économie numérique et l’emploi dans les industries du numérique. Un ensemble qui apparaît fortement centré sur le développement de l’emploi du secteur en France et l’amélioration des pratiques des acteurs.

C’est dans une longue lettre que le Munci, association de professionnels de l’informatique, vient d’interpeler Fleur Pellerin, ministre des PME, de l’Innovation et de l’Economie Numérique, sur les spécificités de l’emploi dans les industries du numérique. Appelant à une «meilleure écoute de notre communauté professionnelle que votre prédécesseur», le Munci indique s’inscrire dans une volonté de dialogue en transmettant ainsi ses «principales analyses et propositions sur les enjeux socioprofessionnels et socioéconomiques de l’économique numérique (plus particulièrement des services informatiques).»

Une mission d’étude sur le secteur

L’association demande tout d’abord la mise en place d’une «mission d’étude sur le secteur des services informatiques» qui devrait, selon elle, «déboucher sur un rapport public.» Soulignant des «dysfonctionnements», le Munci évoque pèle-mêle un «record du mal-être au travail», un «taux de turnover record dans les sociétés», de «nombreux conflits sociaux», et une «mauvaise image et un déficit d’attractivité des SSII/SICT.» Un point sur lequel il pourrait être aisément rejoint par certains acteurs de la filière de formation des métiers de l’informatique. L’association souhaite ainsi que la mission d’étude qu’il propose évalue ces dysfonctionnements et se penche sur «les besoins réels de notre marché du travail», sur la «responsabilité sociale et environnementale des entreprises (RSE) du numérique», et sur les «conditions de sous-traitance», notamment. Et d’évoquer la piste d’un «programme d’accompagnement» des SSII qui viserait à «améliorer leur valeur ajoutée tant pour les salariés, que pour les clients.»

Moins de «jeunisme»

Plus loin, le Munci dénonce «le jeu des employeurs du numérique qui ne manqueront pas de vous demander toujours plus de jeunisme en matière d’emploi et de formation». Un jeunisme qui est, selon l’association, «le modèle socio-économique des SSII/SICT.» Mais pour elle, il faut «favoriser les sociétés du numérique qui démontrent de réels efforts en termes de RSA, de gestion des carrières et des compétences, et surtout d’emploi des seniors», ainsi qu’une «meilleure régionalisation de l’emploi IT» alors que celui «est concentré à plus de 60 % en région parisienne.» En outre, le Munci appelle à la publication de statistiques indépendantes, publiques de référence sur l’emploi IT, par l’Etat. 

Dans la même logique de lutte contre «le jeunisme», le Munci estime que l’effort de formation doit porter «prioritairement sur la formation continue des demandeurs d’emploi», plutôt que sur la formation initiale des étudiants. 

La sous-traitance en ligne de mire

Sans surprise, le Munci épingle largement la question de sous-traitance - en France, dont il demande un meilleur encadrement législatif, mais également et surtout offshore. L’association demande ainsi que l’offshore IT soit «pris en compte dans les politiques publiques au même titre que les délocalisations industrielles», et qu’il soit formellement interdit «dans les appels d’offres publics», ou encore que les aides publiques et avantages fiscaux soit interdits «aux entreprises qui y recourent massivement.»

Le Munci s’attaque enfin à ce qu’il qualifie «d’immigration économique», qui «consiste principalement pour les employeurs du numérique à recruter ou détacher des ingénieurs informaticiens depuis les pays à bas coûts (Maghreb, Europe de l’Est...), souvent à des salaires inférieurs à ceux du marché.» Dans ce cadre, l’association appelle notamment à lutter contre le «dumping social» et à «responsabiliser les employeurs par une obligation de formation professionnelle des chômeurs avant de pouvoir recourir à l’immigration professionnelle».

Enfin, le Munci dénonce un débat «monopolisé par les grands lobbies économiques et patronaux» à la «représentation quasi-hégémonique au sein des instances nationales de consultation.» Pour l’association, il faudrait ainsi un «Conseil National du Numérique élargi» capable notamment d’accueillir les «représentants des principales organisations (professionnelles, économiques, associatives, syndicales,...)» du secteur et qui n’aurait pas pour mission «d’apporter une vision faussement consensuelle aux pouvoirs publics» mais des éléments d’analyse et des propositions sur la base desquelles gouvernement et parlement pourraient débattre et décider.

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