Big Data, décentralisation : les nouveaux défis de la Business Intelligence

La BI, marché paradoxal ? En effet, alors que le décisionnel atteint une certaine forme de maturité, avec des organisations qui cherchent aujourd'hui à en rationaliser les usages, l'arrivée du Big Data ou la nécessité d'analyser des données non structurées annoncent de prochains bouleversements.

Un domaine à la fois mature et en pleine évolution. C'est en somme le constat que dresse Reda Gomery, directeur du conseil en BI au sein de la SSII Keyrus. Lors d'un récent événement organisé par SAP sur le décisionnel, l'expert de cet intégrateur spécialisé notamment dans l'analytique a rappelé la solidité du marché français de la BI, où la croissance tourne autour des 5 % ces dernières années (pour un chiffre d'affaires total d'environ 2 milliards d'euros par an). Une progression régulière qui témoigne de l'extension des usages au sein des organisations, "d'une forme de maturité", selon Reda Gomery.

Une maturité qui ne signifie toutefois pas que toutes les difficultés sont aplanies. Le dirigeant estime notamment que les organisations sont confrontées à un problème d'architecture : "elles doivent imaginer une structure de la BI leur permettant de produire à la fois des indicateurs corporate tout en accordant un certain degré d'autonomie aux structures locales", qui elles aussi veulent produire leurs rapports. Un grand écart difficile à réaliser si l'on veut éviter la construction de silos d'information et la multiplication des outils de reporting, créant autant de visions de la réalité de l'entreprise qu'il y a de départements dans l'entreprise. A ce premier dilemme, s'ajoute également le besoin d'améliorer les processus et méthodes au sein de l'organisation chargée du décisionnel dans l'entreprise, afin qu'elle soit plus réactive aux demandes des utilisateurs, qu'elle puisse produire les indicateurs au rythme attendu par les métiers.

Facebook ? La plus grosse base de clients au monde

Pour Reda Gomery, les initiatives pour répondre à ces défis se multiplient. Et le dirigeant de détailler quelques bonnes pratiques : mise en place de processus de gouvernance de la BI (régissant les interactions entre MOA et IT), distinction entre BI industrielle (produisant les tableaux de bord institutionnels) et BI agile (répondant à des questions métier ponctuelles) ou encore suivi des audiences permettant de comprendre les usages réels des outils.

Si l'organisation de la BI en interne et sa rationalisation sont des chantiers à part entière, les outils connaissent également des évolutions fonctionnelles importantes. "D'abord, de nombreuses entreprises ne sont pas encore équipées de fonctions, comme la prévision, la simulation, aujourd'hui présentes dans toutes les dernières générations d'outils", explique Reda Gomery. Et se profile, bien entendu, la révolution du Big Data, que le dirigeant qualifie avant tout "comme une explosion des données exploitées avec une ouverture vers des informations situées en dehors de l'entreprise. Aujourd'hui Facebook n'est-il pas la plus grosse base de clients au monde ?" Un bouleversement pour de nombreux secteurs, comme l'énergie qui, avec l'arrivée des compteurs intelligents, va collecter une vingtaine de relevés par jour. Ce qui se traduit par le besoin d'accélérer les cycles de décision, donc le rythme de production des indicateurs, et d'étendre la BI à de nouveaux utilisateurs opérationnels.

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