Icann : 1930 demandes d'extensions personnalisées pour ranger Internet

L’Icann a publié hier la liste des 1 930 demandes d’extensions personnalisées, suite à l’ouverture de la campagne en avril dernier. Cette opération vise notamment à opérer une classification plus poussée des adresses Internet, où fourmille le traditionnel et trop générique «.com». L’Icann récupère quelque 357 millions de dollars au passage.

L’Icann entame son processus de rangement de l’Internet. L’organisme américain en charge de contrôler les DNS et les suffixes Internet dans le monde a publié hier mercredi 13 juin la liste de demandes d’extensions personnalisées. Au total, l’Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) a reçu quelque 1 930 dossiers de candidatures de sociétés et d’administrations du monde entier, qui souhaitent voir apposer à leur adresse internet, un suffixe personnalisé lié à leur marque, à leur produit, ou à un lieu.

Ouverte aux candidatures depuis avril 2012, la vaste campagne d’ouverture des extensions personnalisée vise à opérer une meilleure classification des sites Internet, comme finalement, Internet avait été imaginé à sa conception, avec les désormais traditionnels, .com, .net, .org. Au total, le monde des DSN restait figé à 22 suffixes génériques, en dépit de la montée en puissance du Web. Sur un total de plus de 215 millions de DSN enregistrés, 100 millions portent l’extension .com. Avec ses extensions personnalisées, l’Icann compte ainsi opérer une classification méthodique des adresses Web, et mieux orienter les internautes dans leur navigation. Sur ces 1 930 demandes, les «.app», «.paris», «.blog» côtoient les «.garnier» et «.lancome» (demandés par L’oréal), le «.maif», le «.movie» ou le très convoité «.music», par exemple - comme l’indique la liste publiée par l’organisme. Microsoft et Google s’affrontent notamment sur le «.docs».

Au total, sur ces 1930 demandes, qui parfois sont en concurrence (751 sont demandées au moins 2 fois), l’Amérique du Nord est la région la plus active. Avec 911 dossiers, elle dépasse l’Europe (675 demandes), l’Asie-Pacifique (303), l’Amérique Latine (24) et l’Afrique (17). 66 demandes portent sur des suffixes de type géographiques, révèle encore l’Icann.

Ces demandes entrent désormais dans une période d’examen, avant validation en 2013, date à laquelle le paysage de l’Internet mondial verra apparaître ces extensions personnalisées.

Une opération qui rapporte 357 millions de dollars à l’Icann

Si l’Icann met évidemment en avant cet effort de classification du Web, il apparait également que cette vaste opération lui rapporte gros. Une demande d’extension personnalisée comporte un droit d’entrée de 185 000 dollars, auxquels s’ajoutent 25 000 dollars de frais annuels - sous condition d’acception du suffixe. Ainsi, avec les 1 930 demandes, l’Icann aurait perçu plus de 357 millions de dollars, selon nos calculs.

Toutefois, nous avait précisé en avril 2012 Stéphane Van Gelder, directeur général d’INDOM, un bureau d’enregistrement de noms de domaine Internet, président du GNSO, l'instance de l’ICANN chargée des extensions génériques, une partie de cette taxe est rétro-cédée en cas d’avis négatif, ou si le candidat décide de se retirer. Ainsi, si un candidat sort avant la fin de la procédure, il récupère 37 000 dollars. Si ce retrait a lieu après la phase de validation initiale, ce montant passe à 65 000 dollars. Après la publication de la liste des dossiers reçus, la rétribution monte à 130 000 dollars. 148 000 sont remis au candidat, si un gouvernement (membre du comité gouvernemental de l'ICANN) émet un avis négatif et que le candidat retire son dossier dans les 21 jours de cet avis.


Cette taxe est présentée par l’Icann comme une mesure de protection contre le cybersquatting, notamment.

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