Logiciels et services : 35 000 embauches pour une année 2012 de croissance sobre

Moins de turnover. Plus de formation. Et toujours un appel à du sang neuf. Pour l'édition, l'ingénierie et le conseil IT, l'heure est à une certaine stabilisation de la reprise enregistrée en 2011. Présage d'une décennie 2010-2020 de croissance modérée ?

Sur la lancée des 3,6 points de croissance enregistrés en 2011, les SSII, éditeurs de logiciels et sociétés de conseil en technologie représentés par Syntec numérique tablent sur une progression de +1,2% de leur activité en 2012. Ce qui correspondrait à 3 500 créations nettes d'emploi et à un flux de 35 000 embauches. En léger retrait par rapport aux 40 000 recrutements réalisés l'an dernier.

D'un côté, le grand flou de la conjoncture économique. Qui n'incite guère à la mobilité. En atteste la modération du turnover, «voisin de 10-12%, selon l'observation de la trentaine de sociétés, grandes et petites, d'Ile-de-France et d'autres régions, contribuant à notre commission social-emploi-formation », précise Philippe Tavernier, président de cette commission et vice-président de Syntec numérique.

De l'autre côté, le constat de stabilité voire d'amélioration des carnets de commande des éditeurs et des SSII (pour 77% du panel interrogé en février-mars 2012, enquête IDC/Syntec numérique). Ce que confirme le maintien de la dépense informatique des DSI ( également 76% des dirigeants interrogés), voire l'augmentation des budgets « nouveaux projets » (envisagée par 56% des DSI).  Au total, un employeur sur trois de ce secteur prévoit une augmentation des effectifs en 2012 (enquête Apec, avril 2012).

D'où l'optimisme modéré affiché par l'état-major de Syntec numérique lors du point semestriel du 5 avril. Parallèlement au bilan positif de 2011 et à l'objectif de croissance revu légèrement à la hausse pour 2012 (la prévision était de +1% en novembre dernier), la chambre professionnelle persiste à positionner le secteur IT comme « le plus important recruteur de cadres en France ». « Avec 95% de ses embauches en CDI », insiste Philippe Tavernier.

Un dynamisme que n'infirme pas totalement la dernière prospective officielle de la Dares (statistiques du ministère du travail et de l'emploi, publiées le 15 mars) concernant les créations de postes à l'horizon 2020. Bien qu'en le tempérant sérieusement, par une révision à la baisse de l'estimation présentée cinq ans plus tôt (« Les métiers en 2015 », publication Dares/Conseil d'analyse stratégique, de janvier 2007).

Au ralenti par rapport à la décennie 2000-2010

Ainsi, compte tenu des créations de poste enregistrées entre 2000 et 2010 (125 000 postes) et des départs en retraite prévisibles (environ 7000 par an), la présente étude prospective évalue à 80 000 le potentiel de créations de postes en informatique entre 2010 et 2020. Soit un ralentissement de près de 50% du rythme de développement de la profession par rapport à la précédente décennie.

Mais ce serait sans compter sur l'élargissement du domaine du numérique. Une expansion incontestable qui amène, à l'inverse, la chambre professionnelle à souligner sa contribution majeure à la compétitivité nationale. Et d'invoquer pour les années à venir, la création d'emplois inédits qui contribuerait à l'objectif de 10 000 nouveaux postes par an. Car cette ambition réaffirmée ne concerne pas que les catégories traditionnelles de métiers de l'informatique, exploitants et ingénieurs d'études. « L'économie du numérique recouvre une kyrielle de métiers dont l'essor est encore difficile à appréhender, ne serait-ce qu'avec l'essor du e-commerce et autres développements autour des services sur internet», souligne Philippe Tavernier.

Un accord cadre pour définir officiellement le périmètre du numérique

Entre autres évolutions, facteurs potentiels de croissance qu'il reste à préciser, Syntec numérique fait référence au cloud et à la mobilité. Mais aussi à l'articulation de l'ensemble de la famille IT (conseil, services, édition) avec le vaste écosystème de développement et de diffusion des « apps » visant à canaliser « l’usage croissant des “4 écrans” en interaction avec le SI de l’entreprise ». Soit un développement du périmètre économique desservi par le numérique qui, précisément, fait l'objet de l'accord cadre signé le 12 mars avec le ministère du travail et de l'emploi mais aussi Pôle Emploi et Centre Inffo, pour que soient définis ce périmètre, le potentiel d'emploi et les métiers qui en dépendent, au moyen d’un contrat études et prospectives signé avec l’Etat.

Pour l'année en cours, face à la perspective de croissance modeste, tant du côté des éditeurs (+1,6%), que des SSII (+1%) grâce au maintien de la demande d'infogérance d'infrastructures (+2,3%) et d'applications (+2,2%), ou des prestataires de conseil (+1,1%), le secteur mise toujours autant sur le renouvellement des troupes. Comme l'an dernier, une bonne moitié des embauches de 2012 vise les moins de trente ans (26% pour les jeunes diplômés, 30% pour les jeunes confirmés, moins de cinq ans d'expérience).

L'apprentissage et l'effort de formation continue sont mis en avant pour concrétiser cet objectif. Le fonds de formation de la profession (Fafiec) enregistre 4300 contrats de professionnalisation en cours. Et l'insertion via l'alternance concerne 3850 apprentis, dont la prise en charge est assurée par le tiers de la collecte de la taxe d'apprentissage de la branche Syntec (voir notre précédent article : « l'apprentissage sied à l'informatique »). Avis aux DRH et aux CFA (centres de formation) concernés : le plan d'action de Syntec numérique prévoit de se rapprocher des instances concernées (Etat, régions, universités, CFA) pour préparer le terrain à une intensification du recours à ce levier de recrutement dès l'automne 2012 .

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