Cet article fait partie de notre guide: Salaires et compétences IT : quelles sont les tendances

Syntec confirme le cap mis sur 35 000 embauches IT en 2014

Le retour à la croissance du secteur IT se confirme : +1,1 % en 2014. Qui pourrait se traduire par un solde net d'emplois créés avoisinant 6000 postes. Près du double de celui enregistré en 2013.

Le regain d'optimisme est de mise pour les professionnels IT, le secteur du numérique étant crédité, selon Syntec numérique, d'une croissance potentielle de 1,1 % en 2014. Une perspective ajustée depuisle dernier exercice de bilan-prospective présenté en novembre 2013 (+1 % pressenti), qui  marque en tout cas une nette inflexion par rapport au déficit d'activité de 2013. Qu'il s'agisse des entreprises de services et de conseil (ESN) avec une progression prévue à +1,2 % (contre -0,5 % réalisé en 2013), des éditeurs de logiciels avec +2,2 % (contre 1,7 % en 2013) ou du conseil en technologies (-0,5 % en 2014 contre -1,5 % en 2013).

Parallèlement, la chambre syndicale fait sienne l'estimation de l'Apec qui prévoit une remontée de l'embauche de personnel (cadres) IT, à 35 000 en 2014 (+10% par rapport à 2013), après la chute de l'an dernier (31 660 embauches réalisées), sans retrouver néanmoins le niveau record de 2012 (36 870 embauches). Et ce, sur fond d'un regain de confiance des employeurs du secteur IT, dont une faible minorité (6%) envisage une réduction de leur effectif salarié (contre 12% pour l'ensemble des secteurs d'activité).

Le secteur IT en tête de la création d'emplois cadres

Les sorties d'emploi de cadres IT (retraites, licenciements, démissions) ont elles aussi diminué (moins 8% en 2013) contrairement à ce qui est observé pour l'ensemble des cadres (+1%). Le faible taux de départ en retraite (3% des sorties contre 16% pour l'ensemble des cadres) va de pair avec la baisse du taux de renouvellement. Ce que corrobore la pyramide des âges (relevé du Bipe selon les statistiques de la DADS, Insee) que s'empresse d'afficher Syntec informatique, assortie d'un commentaire explicite : « Contrairement aux idées reçues, les seniors sont bien représentés (dans le secteur IT) : 60 % des collaborateurs ont entre 30 et 50 ans ». Mais moins de 10 % (9,4% parmi les salariés hommes, 3,7% parmi les femmes) ont plus de 50 ans. Ce qui, de plus, ne change en aucun cas la tendance de fond : locomotive de l'embauche de jeunes diplômés (plus de 13 000 en 2013, +9% par rapport à 2012) soit 42% des postes pourvus, le secteur IT est aussi l'un des plus gourmands en jeunes expérimentés.

Au total, trois embauches IT sur quatre visent des jeunes ayant moins de six ans d'expérience, contre une sur deux pour l'ensemble du marché cadres. Et c'est ainsi que le secteur IT reste en tête de la création d'emplois cadres (24% du total des emplois créés en 2013). Et ce, malgré une nette baisse d'activité en 2013, avec un solde entre les postes de cadres pourvus et les sorties de 3 600 nouveaux postes IT (contre un solde net de 6 340 emplois créés en 2012, soit une baisse de 43%).

A l'heure des SMAC's

Quid des profils et compétences métiers recherchés ? La réponse vient du détail de l'évolution d'activité observée. Sans surprise, selon l'état-major de Syntec numérique, les SMAC's (projets liés aux réseaux sociaux, à la mobilité, à l'analytique et au cloud/sécurité) mènent la danse, en progression de +20% en 2013. « La prévision de 1,1% de croissance intègre les efforts de rationalisation des activités classiques (infogérance, intégration pour les ESN, vente de licences pour les éditeurs) qui tirent les résultats vers le bas. Ce qui met d'autant plus en relief les composantes du marché de l'innovation en plein boom », précise Guy Mamou-Mani, président de Syntec numérique. Un marché de la transformation numérique qui sauve aussi la mise du sous-secteur du conseil en technologies « en phase de redressement » (-0,5% en 2014, -1,5% en 2013). «  Les petits acteurs constatent encore des difficultés. La pression sur les prix demeure un frein important dans ce secteur », précise le Syntec. De même, du côté des éditeurs de logiciels, c'est bien la nette percée du SaaS (chiffre d'affaires triplé en trois ans, avec un tiers des nouvelles affaires conclues) qui porte la croissance.

Un tissu de PME à consolider

L'association G9+ (représentant 50 000 professionnels du secteur numérique), dont le récent livre blanc se penche sur l'évolution à l'horizon 2020 du secteur IT, voit dans l'adoption du SaaS un épiphénomène (1% du chiffre d'affaires mondial du logiciel) néanmoins fortement perturbateur (probable concentration des acteurs et obligation d'alliances). Sans compter que s'y ajoute l'essor encore plus phénoménal et « incontournable » de l'open source, véritable « tremplin pour les jeunes entreprises européennes », car dans « une logique de rupture de marché ». D'où les préconisations immédiates (à l'horizon 2015) tournant principalement autour de la consolidation du tissu de PME innovantes - dont les SSII (ou ESN) qui peuvent et doivent jouer les cartes de la spécialisation et de la proximité client, facteur particulièrement critique de succès voire de survie.

« Nous partageons largement le constat du G9+, concernant les efforts de solidarité sectorielle à poursuivre », commente Guy Mamou-Mani. Relevant de plus que « les ESN de taille moyenne sont soumises à forte concurrence notamment face à l'avancée de l'offshore ». Et ce même si, comme le rappelle le rapport du G9+, l'offre offshore a moins d'impact en France (25 à 30% du marché des services IT en potentiel) qu'ailleurs (10 points de moins qu'outre-Manche ou outre-Atlantique). Sans parler de l'effet « Snowden » (cybersurveillance) qui semble avoir déjà impacté le comportement des départements informatiques des entreprises à cet égard (notamment sur l'achat de solutions cloud, selon l'étude NTT publiée cette semaine).

En conséquence, la mobilisation « solidaire » des chambres syndicales Syntec et Cinov s'articulent autour de la défense du Crédit Impôt Recherche, des dix propositions du plan formation (de l'école jusqu'à la reconversion des demandeurs d'emploi, « à 360° », rappelle Guy Mamou-Mani, « pour que la croissance ne soit pas bridée par le manque de bras »). Sans oublier, actualité aidant, une prise de position revendicative à l'égard du pacte de responsabilité et de l'attribution du CICE. « Nous militons, comme le préconisait d'ailleurs le rapport Gallois, pour que le dispositif ne se limite pas aux emplois peu qualifiés et s'élargisse aux salaires atteignant 3,5 fois le Smic », précise le représentant de Syntec numérique. Soulignant au passage, comme l'a fait la fédération Syntec en janvier dernier, la « double peine » infligée à la compétitivité des prestataires français (marges faibles, déficit d'attractivité, selon l'étude Coe-Rexecode) sachant qu'à niveau de salaire comparable (47,4 k€ brut en moyenne en 2011, soit environ 3,5 fois le Smic) le coût salarial – charges comprises – reste nettement supérieur à celui des compétiteurs européens.

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