Centres de calcul : petit guide d’optimisation énergétique par Gartner

En amont de sa conférence sur les centres de calcul qui se déroulera à Las Vegas du 2 au 5 décembre prochain, Gartner dresse une liste de 11 bonnes pratiques qui suffiraient, selon le cabinet d’analyse, à économiser un million de kWh d’électricité par an.

Le constat n’est pas tendre : selon Gartner, un centre de calcul « conventionnel » affecte 35 à 50 % de son alimentation électrique au refroidissement, contre 15 % seulement pour un centre de calcul à l’état de l’art de la "verditude". « Même dans un petit centre de calcul, la quantité d’électricité gaspillée se monte à plus de un million de kWh par an, » lâche Paul McGuckin, vice-président de Gartner, dans un communiqué. Pour le cabinet, la principale raison de ce gaspillage tient dans le manque de ségrégation des flux d’airs chauds et froids dans les centres de calcul « conventionnels ». Les professionnels du secteur ne le contrediront probablement pas.

Alors que Google présentait récemment ses propres efforts en matière d’efficacité énergétique des centres de calcul, Gartner établit une liste de 11 pratiques recommandées en ce sens. Pour beaucoup, cette liste pourra sembler ne pas présenter de grande nouveauté. Elle a au moins le mérite de synthétiser la démarche.

Du bon sens

p1010282Gartner commence ses recommandations par des mesures qui peuvent sembler relever du simple bon sens. Le cabinet recommande ainsi de fermer les trous de plancher surélevés de passage de câbles et, plus généralement, tous ces espaces par lesquels l’air frais peut « fuir » et se mêler à l’air chaud. Selon le cabinet, il y a là 10 % d’économies d’énergie à aller chercher. La seconde recommandation est du même ordre : recourir à des panneaux d’obturation pour les espaces vides des racks afin de canaliser les flux d’air chaud au sein du rack. Là, il s’agit d’éviter les points chauds inopportuns.

Le cabinet revient plus loin sur les planchers surélevés, utilisés à la fois pour pulser de l’air frais mais aussi pour faire circuler le câblage… Faites le ménage, enjoint diplomatiquement le cabinet aux exploitants, afin d’améliorer la circulation de l’air.

Cloisonner les flux

Plus loin, Gartner reprend une pratique trouvée dans les centres de calcul modernes, à savoir l’organisation des serveurs en allées chaudes et allées froides avec des baies qui, alternativement, se font face ou se tournent le dos. Cette organisation « utilisée depuis 10 ans » a fait ses preuves, insiste Gartner. Mais le cabinet va plus loin, et pousse à la séparation physique des allées chaudes et des allées froides, une méthode qui, selon le cabinet, amène immédiatement d'importants bénéfices. Et quitte à moderniser les installations, Gartner suggère d’adopter des systèmes de refroidissement modulaires, par rack ou par allée de serveurs, afin de limiter les pertes d’efficacité liées aux espaces inoccupés.

Une régulation intelligente

Mais les dispositions mécaniques ne suffisent pas. Gartner élève aussi au rang de bonne pratique l’installation de capteurs thermiques, au moins dans les zones où des problèmes de température sont suspectés. Les CRAC, les unités de conditionnement d’air, devraient voir leurs fonctions dissociées – régulation thermique et contrôle de l’hygrométrie. Cette dernière mériterait, selon Gartner, des équipements plus modernes que les CRAC traditionnels. CRAC et unités de régulation de l’hygrométrie devraient en outre être équipés de ventilateurs à vitesse variable : une réduction de vitesse de rotation de 20 % permettrait une économie d’énergie de 49 %, selon les analystes.

Le refroidissement gratuit

Mais pour Gartner, les économies d’énergie passent aussi par une température intérieure globalement plus élevée dans les centres de calcul. Pas de beaucoup, d’un ou deux degrés. Enfin, il y a le « Free Cooling », déjà vanté par Google, qui se passe de condenseurs pour réfrigérer les fluides caloporteurs. Selon Gartner, on peut compter sur 100 à 8 000 h par an de « Free Cooling » selon les climats régionaux.

Au final, Paul McGuckin estime le potentiel d’économie d’énergie de ces mesures dans une fouchette allant de 10 à 30 %. Mais il ne chiffre hélas pas le coût de ces opérations, en installation neuve comme en rénovation.

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