Pour Forrester, les SSII ressentent les premiers effets de la crise

Selon le cabinet d'étude, les SSII sont en train de ressentir les premiers effets de la crise. Au menu : des projets différés et des tarifs de nouveau sous pression. Mais aussi des opportunités pour de nouveaux contrats d'outsourcing.

Les analyses Pascal Matzke et Daniel Krauss, de Forrester Research, viennent de confirmer, dans une note, ce que de nombreux analystes anticipaient. La prudence des entreprises en matière d'investissements IT est en train d'avoir des effets sur le secteur des services informatiques. Premier effet, quasi mécanique : celui dû à la disparition ou à la fusion d'un certain nombre de très grands donneurs d'ordre du secteur financier. Plus grave, Forrester, qui a bâti cette note en dialoguant avec des responsables de SSII, explique que ces derniers font état de décisions différées. Les donneurs d'ordres voulant "se donner plus de temps pour comprendre les implications de la crise financière". Selon les analystes, ce phénomène, qui pourrait cependant s'atténuer après les décisions concertées des pays européens, suivies d'une annonce similaire aux Etats-Unis, devrait se traduire par la disparition d'une partie du chiffre d'affaires attendu par les SSII en 2009.

Pression sur les prix, c'est reparti !

Opportunistes, les grands comptes profitent aussi de ce moment d'incertitudes pour remettre la pression sur les prix, alors que ceux-ci avaient, ces derniers mois, tendance à repartir à la hausse du fait du manque de compétences dans les métiers de l'IT. Selon Forrester, les tarifs pourraient même décroître de 2 à 5 % cette année. Selon nos informations, Airbus vient d'ailleurs de renégocier en forte baisse un contrat de help-desk, le prestataire ne conservant ledit contrat qu'au prix d'une délocalisation de l'activité. Cité par Forrester, un directeur du conseil d'un grand intégrateur européen explique : "après des années de stagnation des taux journaliers, 2008 était supposé être l'année où nous serions en mesure d'imposer un relèvement de nos tarifs. Etant donné les événements actuels, c'est désormais plus qu'improbable". Autre conséquence logique, la volonté des grands comptes de réduire le nombre de leurs prestataires. Certes, la tendance n'est pas nouvelle, mais les décisions vont s'accélérer avec la crise, prédit Forrester.

Externaliser, c'est à court terme rentrer du cash

Dans cet océan de mauvaises nouvelles, Forrester entrevoit tout de même des opportunités. "Alors que le financement du matériel existe depuis des années, quelques fournisseurs de services offrent maintenant des solutions incluant une facturation flexible et des options de paiement sur les projets. Plusieurs prestataires nous ont expliqué que l'intérêt pour ces offres a récemment connu un accroissement brutal, explique le cabinet. De plus, le transfert d'actifs dans le contexte de l'externalisation est de nouveau vu comme une façon attractive pour les entreprises de réduire leurs dépenses et d'améliorer leur cash. Mais, cette fois, cette option s'étend jusqu'aux licences logicielles." Comme lors des précédents ralentissements, le cabinet s'attend donc à une croissance de l'infogérance, et à des mois plus difficiles pour les budgets consacrés aux développements applicatifs.

Selon une étude de Gartner, les dépenses IT vont certes ralentir en 2009, mais elles devraient continuer à croître de 2,9 %, même dans le plus noir des scénarios.

En savoir plus :

Lire les interviews de Jean Mounet (Syntec Informatique) et de François Enaud (Steria) interrogés sur les conséquences de la crise.

tabforrester

Pour approfondir sur Externalisation

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