La Poste et eSCM : « des indicateurs au vert ne résument pas la relation client-fournisseur »

Premier grand compte français à faire publiquement du référentiel eSCM la base de sa relation avec ses prestataires - notamment avec son infogérant Sogeti -, La Poste envisage même une certification. Une façon de trouver une histoire fédératrice pour la DSI de la branche courrier qui s'est profondément transformée, en mettant un terme à un fonctionnement notamment basé sur plusieurs centaines de régies. Une transformation où eSCM a joué le rôle de garde-fous.

Créée début 2006 dans le droit fil de la séparation de La Poste en quatre branches métier, la DSI courrier hérite d'un sourcing caractérisé par de nombreux contrats d’assistance technique – plusieurs centaines – assurant le développement et la maintenance du patrimoine applicatif informatique et
plusieurs fournisseurs pour l’infogérance de l’exploitation. « L'objectif était de rationaliser le sourcing et de définir une stratégie claire en la matière », explique Jérôme de Prémesnil, responsable du plan stratégique et de la politique de sourcing à la DSI Courrier de La Poste.

C'est dans ce contexte que la DSI de la branche, Marie-Noëlle Gibon, s'intéresse à eSCM. Début 2007, le référentiel est retenu comme cadre méthodologique pour la transformation de la DSI, avec trois lignes directrices : « mettre en œuvre une stratégie de sourcing adaptée, professionnaliser nos pratiques de sourcing et accompagner nos équipes du faire au faire-faire ; exiger de nos fournisseurs l'excellence opérationnelle ». Tout au long de l'année dernière, les équipes de la DSI découvrent et se familiarisent avec eSCM-CL (la version du référentiel pour les donneurs d'ordre, ndlr), notamment via deux séminaires. Et passent à l'application. « Avec un diagnostic de nos pratiques fin 2007-début 2008 et l'utilisation de eSCM pour structurer nos cahiers des charges », précise Jérôme de Prémesnil, qui pour ces deux étapes s'est fait accompagner de Logica Management Consulting.

« Souvent du bon sens, des évidences »

L'objectif : remplacer les contrats d’assistance par 5 centres de service pour le développement et se doter d’un infogérant unique de production. « Dans ce contrat, le prestataire retenu (Sogeti, ndlr) s'engage à aller vers eSCM », explique le responsable du sourcing, qui reconnaît que « étant donné la maturité du marché, on ne pouvait exiger plus des prestataires. »

Si, selon Jérôme de Prémesnil, l'arrivée du référentiel ne fait pas vraiment évoluer les pratiques des prestataires - « pas très éloignées de eSCM en général, notamment chez les grands » -, elle apporte un cadre méthodologique aux équipes et un langage commun pour le sourcing. Comme en son temps Itil pour le monde de la production. « eSCM montre que des tableaux de bord au vert ne suffisent pas à assurer la qualité d'une relation entre client et prestataire. Il y a bien d'autres facteurs à prendre en compte, des facteurs abordés par le référentiel : la transformation technologique, la réversibilité, la gestion du savoir, la gestion des risques, etc. C'est souvent du bon sens, des évidences. Mais en pratique, elle sont souvent oubliées. » La DSI Courrier ambitionne maintenant d'être certifiée eSCM : « avant tout, c'est un projet collectif, la volonté de créer une motivation commune, explique Jérôme de Prémesnil. En plus, la certification nous permettra de prouver aux prestataires que nous sommes des clients fiables, donc, nous l’espérons, d'abaisser leurs provisions pour risques. »

En savoir plus : lire aussi notre article d'analyse sur le référentiel eSCM ou le télécharger en PDF.

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