Résultats : toujours convalescent, Steria tarde à digérer Xansa

L'activité de la SSII continue à reculer, du fait de la faiblesse de ses deux principaux marchés, la Grande-Bretagne et la France. Le signe de difficultés dans l'intégration de la SSII britannique Xansa, rachetée en 2007 ? Pas du tout, plaide Steria.

Raté. La croissance n'est pas de retour pour Steria en France. Après avoir reculé de 3,8 % au premier trimestre, le chiffre d'affaires de la SSII se tasse de nouveau de 0,5 % au second. La SSII explique ce revers par la transformation de ses activités dans l'Hexagone, plan engagé courant 2007 et visant à repositionner la société sur des projets "à plus forte valeur ajoutée" et à muter vers un modèle de production plus industriel.

Reste que cette transformation tend à durer plus longtemps que prévu : en mai dernier, lors de l'annonce des résultats, la SSII avait promis "un chiffre d'affaires de nouveau en croissance à partir du deuxième trimestre". La SSII envisage maintenant "un retour à une croissance solide du chiffre d’affaires sur le deuxième semestre 2008".

Sévère recul en Grande-Bretagne

Au niveau au groupe, le chiffre d'affaires s'établit à 878,7 millions d'euros, en croissance de 35,6 %. Mais cette progression résulte entièrement de l'intégration de Xansa, SSII britannique rachetée en octobre 2007. A périmètre constant, le chiffre d'affaires recule de 0,5 % (- 0,3 % au premier trimestre, - 0,6 % au second).

En plus de la contre-performance française, les résultats font apparaître un net recul de l'Angleterre (- 4,5 %), premier marché de Steria depuis l'acquisition de Xansa. Pour le groupe, ce recul provient de "l'arrêt définitif de deux contrats" - arrêt anticipé, puisque la décision des clients de mettre fin à ces deux grosses affaires précède le rachat de Xansa - ainsi que du report de la signature de deux autres contrats, "initialement prévue au premier trimestre 2008 et finalement intervenue au mois de juin".

"En France, Steria se place dans une logique de diminution de sa sous-traitance, pour la basculer vers les forces offshore apportées par Xansa. Tout le pari consiste à attirer les clients français vers l'offshore indien, ce qui n'est pas évident, explique Brice Thebaud, analyste chez Aurel Leven. En Grande-Bretagne, si on exclut la perte de deux contrats majeurs, l'activité doit croître légèrement. Globalement, l'intégration outre Manche se passe mieux que ce que j'avais prévu."

La troisième géographie du groupe - l'Allemagne - compense en partie ces difficultés avec une progression de 13,4 %. "Steria est en train d'atteindre les synergies promises lors de la fusion avec Xansa, poursuit Brice Thebaud. En 2008, en prenant en compte les effets de change, la SSII devrait dégager une petite croissance par rapport aux chiffres d'affaires cumulés des deux sociétés. Une croissance provenant essentiellement de l'Allemagne, où le groupe avait racheté Mummert et bénéficie depuis d'une forte dynamique notamment sur le conseil SAP."

Importer le BPO en France ? Pas évident

Malgré des résultats mitigés, Steria se montre confiant pour la fin de son exercice 2008. "Toutes les zones géographiques affichent, à l’issue du premier semestre, un ratio de prises de commandes sur chiffre d’affaires supérieur à 1", précise Steria. Au niveau du groupe, ce ratio s'établit à 1,08. "Ce qui devrait conduire à un chiffre d’affaires en croissance organique sur le second semestre".

Elément clef de la stratégie de Steria, l'intégration de Xansa, et le déploiement des offres de l'Anglais comportant une forte part d'offshore (5 000 des 9 000 ex salariés Xansa sont en Inde) et de BPO sur toutes les géographies, est "en ligne avec les objectifs initiaux", souligne le communiqué. C'est en tout cas l'enjeu clef actuel pour la direction de la SSII.

Reste que cet effet de levier tarde à se manifester. Alors que la croissance du chiffre d'affaires, matérialisant l'apport de Xansa à l'activité de la SSII dirigée par François Enaud, s'établissait à 38,3 % au premier trimestre - premier exercice où la Britannique était consolidée dans les comptes du groupe -, elle est tombée à 33,1 % au second. Le niveau d'activité au premier semestre - 878,7 millions - éloigne d'ailleurs la perspective d'égaler ou dépasser la somme des chiffres d'affaires de Steria et Xansa en 2007 (1878,4 millions).

Objectif de marge confirmé, la Bourse euphorique

Le Pdg François Enaud avait fixé pour objectif de signer en 2008 un volume de 60 000 jour.homme en offshore sur des contrats hors Grande-Bretagne. Notamment sur du BPO (externalisation de processus métier), un des points forts de Xansa vu comme un axe de développement pour le groupe. Un marché où les affaires importantes se comptent sur les doigts d'une main en France. Au premier semestre, l'activité infogérance et BPO a connu un recul de 0,7 %.

Malgré tout, la perspective annoncée par le groupe de dépasser son objectif de marge au cours du semestre a suffi pour voir s'envoler le titre. A 11 heures, celui-ci gagnait plus de 9 % à la Bourse de Paris. Par contre, Steria n'a pas réitéré son objectif annuel : au moins 8 % de marge opérationnelle sur 2008, objectif que la société avait fixé en mars dernier lors de l'annonce de ses résultats annuels 2007. "Cette barre est loin d'être acquise au vu du premier semestre, mais elle reste à portée, du fait des synergies de coûts résultant de l'intégration de Xansa", commente Brice Thebaud.

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