Résultats : Steria échappe au jeu de massacre sur les marges

Grâce à une filiale anglaise très rentable, Steria parvient à maintenir sa marge opérationnelle au premier semestre. Mais les trois principales filiales du groupe, dont la France, affichent un recul de leur activité.

Promesse tenue. En rachetant l'anglais Xansa en 2007, François Enaud, le gérant de Steria, avait promis qu'avec ce renfort, la SSII aurait un meilleur profil pour traverser les crises. De facto, la performance de la SSII au premier semestre, en termes de marges, valide le propos. Au moins dans l'immédiat. A 6,9 %, la marge opérationnelle ne recule que de 0,2 point sur un an. Bien moins que les tassements enregistrés par Capgemini, Sopra ou des acteurs plus petits comme GFI. Ce qui permet à Steria, malgré des charges exceptionnelles en Espagne, d'afficher un résultat net proche de celui de 2008 (28,8 millions contre 33 millions). "Cette érosion très faible est dûe à notre modèle industriel et aux résultats de plans complémentaires (comme les synergies dégagées par le rapprochement Steria-Xansa, ndlr). Ce sont des progrès structurels et non conjoncturels", veut croire François Enaud.

Infogérance : SFR veut -40 % en 4 ans
Le plus gros contrat jamais signé par Steria France. D'une valeur de 100 millions d'euros sur quatre ans, le contrat d'infogérance du SI mobile de SFR, que vient de remporter la SSII, couvre les applications de front-office (ventes et souscription, outils de CRM, marketing, facturation) et de back-office (SAP, applications administratives et financières, applications réseau...) de l'opérateur. Selon François Enaud, le gérant de la SSII, Steria s'est engagé sur un objectif de réduction des coûts de 40 % aux termes du contrat. Ce dernier sera exécuté en partie depuis la Pologne, où Steria possède un centre de pilotage des infrastructures. François Enaud espère que le deal sera rentable pour Steria dès la première année.
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Selon la direction du groupe, le rapprochement opérationnel entre l'Anglo-indien Xansa et Steria est aujourd'hui achevé (avec la fusion des SI notamment). Reste maintenant à déployer les offres sur l'ensemble des géographies (notamment le BPO de Xansa) et à dégager les synergies commerciales de la fusion. Steria anticipe encore environ 10 millions de réductions de coûts au second semestre. Reste que l'importation des offres de Xansa en France, notamment celles dans le BPO - un copier/coller présenté comme une des justifications de la fusion avec l'Anglais - tarde à se concrétiser. François Enaud a admis ce matin que le groupe n'avait signé aucun contrat de BPO en France pour l'instant.

Grande-Bretagne : des marges de plus de 11 %

Comme pour les autres SSII, l'activité s'affiche en net recul, alors qu'en mars, François Enaud pensait être en mesure de présenter un chiffre d'affaires stable sur la première moitié de l'année. A 805,4 millions d'euros, le chiffre d'affaires se tasse ainsi de 2,3 % à taux de change et périmètre comparables. En valeur brute, la décroissance atteint 8,3 %, un écart dû aux variations des taux de change (40 % des prestations sont facturées en livres sterling).

En Grande-Bretagne, dans ce qui est devenu la première géographie du groupe, l'activité recule de 2,1 % (à taux de change constant), contre une décroissance de 1,3 % en 2008. C'est cette filiale qui contribue le plus aux marges du groupe, en atteignant 11,3 %, en hausse de 1,5 point sur un an. Seconde filiale, la France voit son activité se tasser de 4,2 % (pour une marge de 6,6 %), un recul supérieur à celui qu'enregistrent les SSII comparables dans l'Hexagone. Après un avertissement sur résultat en octobre 2008 dû à des problèmes de rentabilité dans son pays d'origine, Steria estime toutefois que la filiale est désormais en ordre de bataille. Et met en avant les contrats remportés auprès de la Défense (gestion de la paye), d'Axa ou encore de SFR, un contrat d'infogérance de 100 millions d'euros sur quatre ans (voir encadré).

L'Allemagne s'enfonce

La principale inquiétude provient en définitive de la troisième filiale du groupe par ordre d'importance, l'Allemagne, où Steria a racheté un acteur local, Mummert, pour renforcer sa présence. Déjà mise à mal en fin d'année 2008, l'activité plonge de 7,1 % au premier semestre, et les marges y perdent près de 3 points. Il y a un an, Steria Allemagne connaissait encore une croissance de 13 % ! Très fortement positionnée sur le conseil et l'intégration, la filiale y subit la crise de plein fouet, explique la direction. Steria mise sur une amélioration dans la seconde moitié de l'année. Enfin, la plupart des autres filiales européennes, notamment la Scandinavie et la Belgique, enregistrent de fortes croissances de leur chiffre d'affaires.

Sur l'année entière, Steria s'attend à un recul de son chiffre d'affaires inférieur à 2 % (à taux de change constant) et à une marge proche de 7 %. Comme en fin d'année dernière, le groupe a tenu à rassurer sur son désendettement et sur le respect de ses conventions bancaires (qui déterminent le coût de l'endettement). La dette nette du groupe atteint 240 millions d'euros, soit sensiblement le même niveau qu'en fin d'année dernière. "Nos ratios sont très éloignés des minimums imposés par nos créanciers", a expliqué François Enaud. "Alors que la fin juin est plutôt un point bas pour notre trésorerie". Ce qui laisse entrevoir une poursuite du désendettement sur la seconde moitié de l'année.

Offshore : un virage plus lent que prévu
L'Inde n'est pas (encore) le premier pays de Steria en termes d'effectifs, contrairement à ce qu'avait initialement prévu le groupe. A 5 500 personnes (contre 5 800 en France), la filiale du sous-continent s'est même séparée d'environ 160 collaborateurs depuis la fin 2008. "Dans cette période de crise, tous les arbitrages ne se font pas en faveur de l'offshore", a expliqué François Enaud, le gérant de la SSII. "En janvier, quand l'intercontrat est remonté notamment en France, la priorité a été de faire travailler les équipes. D'autre part, les clients français ne se tournent pas autant vers l'externalisation qu'on le pensait. Et les aspects sociaux freinent le recours à l'offshore."

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