Arès : les résultats catastrophiques ont mené au dépeçage

Les résultats publiés le 11 juillet 2008 à 18 h par la SSII, permettent de mieux comprendre l'urgence dans laquelle s'est effectué le dépeçage du groupe. Reste cette question lancinante : comment les dirigeants du groupe ont-ils pu laisser se dégrader la situation de la société à ce point sans réagir plus tôt ?

Le bateau ivre. A la lecture du dernier communiqué de presse financier d'Arès, qui détaille les performances de la société au cours de son exercice fiscal 2007-2008 (clos en mars), on ne peut s'empêcher de ressentir un certain malaise. On savait depuis le mois de février que les neuf premiers mois de la SSII n'avaient rien eu d'exceptionnel avec un recul de 33,6M$ du CA  (251,5M€ contre 285,1 M€), dont 21,3 M€ liés à la seule activité infrastructures. Mais la firme n'avait tiré aucun signal d'alarme. Selon Arès, la piètre performance de l'activité infrastructures était en fait liée à « Un effet de base défavorable en 2006-2007 qui avait vu la concrétisation de projets très significatifs avec deux grands comptes pour 20 M€ au total » mais aussi à « la baisse rapide en régions des ventes de commodités ».

Pire, la direction du groupe indiquait alors que « La dynamique en cours des activités Services & Progiciels et les nouvelles perspectives offertes pour les solutions d’infrastructures par l’intégration du modèle Adequat/Databail au sein de Groupe Ares, permettent d’anticiper une amélioration de la tendance du chiffre d’affaires au cours du 4ème trimestre. L’objectif déjà exprimé du retour à la profitabilité opérationnelle sur l’exercice en cours demeure le premier objectif de la Direction Générale ».

2008 : annus horribilis

Le moins que l'on puisse dire est que c'est raté. Pour son année fiscale 2007-2008, Arès affiche un CA en recul de 82,6 M€ à 329,1 M€ et un résultat opérationnel négatif de 22 M€, contre -13,3 M€ l'année précédente. Le résultat net s'établit quant à lui à -28,9 M€ contre -12 M€ l'an passé. On imagine mal que le management d'Arès n'ait pas remarqué la dégradation d'activité. On comprend aussi mal pourquoi alors que l'activité s'effondrait, les charges de personnels ont continué à augmenter de façon significative (+8,8 M€ en année pleine). Pire ce sont l'ensemble des indicateurs financiers de la société qui ont viré au rouge avec un accroissement des encours clients de près de 36 M€ (lié notamment à l'intégration des contrats de location de Databail), un effondrement de la trésorerie nette (-47,8 M€) et une hausse de 24 millions de la dette.

Un naufrage gardé secret

La stratégie de redressement de l'équipe de management menée par  Michel Berjamin n'a - pour le moins - pas fait ses preuves. Le même indiquait pourtant l'an passé avoir remis de l'ordre dans la société et disposer d'une équipe de management « en ordre de marche ». Il promettait un CA à 400 M€ pour 2008 et un résultat net positif avec un résultat courant supérieur à 5% du CA. A défaut de plan B, Arès  se retrouve aujourd'hui réduit au dépeçage. Le plus surprenant est qu'alors que le navire prenait l'eau, Arès n'a jamais lancé le moindre message d'alerte afin d'avertir ses actionnaires de la situation. Les principaux actionnaires de la société s'estimaient peut-être suffisamment informés : il s'agit des principaux managers et administrateurs de la firme (voir à ce propos la section 18.1 du document de référence 2007 d'Ares).

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