Pourquoi Microsoft intègre la géolocalisation à SQL Server 2008

En parant SQL Server 2008 de types de données liées à la géolocalisation, Microsoft cherche avant tout à rattraper les autres acteurs du marché, qui ont déjà pris une longueur d'avance. Une lacune que l'éditeur se devait de combler rapidement à l'heure où la cartographie, poussée notamment par les applications grand public, fait des émules.

Rien se sert de courir, il faut attendre que le marché soit mûr, pourrait bien être l'adage que suit Microsoft avec SQL Server 2008. Au milieu d'une kyrielle de fonctionnalités liées à la montée en charge, à la compression des données, aux performances et au décisionnel – des segments actuellement très critiques - , le serveur de base de données, qui détient presque 20% du marché des SGBD, se pare désormais de fonctions géographiques. Surprenant pour certains. Une évidence pour d'autres. Mais fondamental pour l'éditeur de Redmond, qui accuse dans le domaine un certain retard.

Techniquement, SQL Server 2008 intégrera ainsi en natif des outils pour stocker et manipuler deux types de données primitives : une première de type géographique pour les projections sphériques en intégrant les latitudes et les longitudes ; une seconde de type géométrique pour les données relatives aux points, aux lignes et aux polygones. Un ensemble qui permet notamment de tracer différentes entités géographiques, dans l'espace ou sur des surfaces planes. Des outils de manipulation de ces mêmes données, ainsi qu'un index spatial - qui définit notamment un quadrillage pour la recherche d'intersection spatiale - viendront étayer l'ensemble. L'idée centrale est ainsi d'interfacer les types de données de Virtual Earth, l'outil de cartographie de la marque, et les fonctionnalités de SQL Server 2008.

Microsoft, le grand absent de la carte

Cette intégration, tardive chez Microsoft, intervient alors que la plupart des principaux SGBD du marché embarquent déjà des extensions spatiales, certes de qualité et de niveau d'intégration très disparates. La force de frappe de Microsoft, et la reconnaissance de SQL Server dans les entreprises, doit encore pousser le marché vers le haut.

Pour le moment, et jusqu'à la sortie de la version 2008 de SQL Server (prévue pour le deuxième trimestre 2008), Oracle et le monde du libre se partagent le très mince marché des bases à extensions géospaciales. D'abord, Oracle, n°1 du SGBD, intègre à 11g (et depuis la version 2 de 10g) une série d'options natives baptisées Oracle Spatial. Elles fournissent des services de géolocalisation et des outils de gestion d'informations géographiques. En outre, elles s'intègrent avec toutes les solutions SIG (Système d'information géographique) du marché. Reste que pour l'heure, « la demande et les déploiements pour un système reposant sur les technologies Oracle restent très faibles », commente Christophe Lebas, responsable technique d'Articque, société spécialisée dans les applications de cartographie statistique (participant au programme de test de Microsoft sur le projet www.lafranceelectorale.com).

Côté Open Source, MySQL a basculé très récemment dans la géolocalisation, avec sa version 5.0. Mais actuellement, « les fonctions ne sont pas très puissantes, car il s'agit d'une intégration minimale », analyse-t-il. La base de données de Sun embarque un environnement SQL qui a été étendu à des types de données géométriques. Cet environnement repose sur une partie des spécifications publiées par l'Open Geospatial Consortium (OGI).

In fine, c'est PostgreSQL qui offre aujourd'hui la solution la plus aboutie, quitte à faire de l'ombre au monde propriétaire. Le SGBD Open Source intégre PostGIS, puissante extension de 7 000 fonctionnalités spatiales qui propulse PostgreSQL en tête des solutions de géospacialisation, selon Christophe Lebas.

Il est clair que l'éditeur de Redmond a constaté la forte montée du libre sur ce segment, susceptible de devenir un critère de choix pour une base de données. Et, en réaction, a formalisé son offre.
« Microsoft ne veut pas laisser sa part à Oracle et au monde du libre », conclut Dominique Esnault, géomaticien pour l'ADAUHR (Agence départementale d'aménagement et d'urbanisme du Haut-Rhin), interrogé à l'occasion de l'inauguration, par le Conseil Général du Haut-Rhin, du portail SIG  www.infogeo68.fr.

La démocratisation de l'usage de la cartographie

Le contexte actuel favorise l'engouement pour les technologies de cartographie en ligne et de géolocalisation. Si les systèmes de navigation GPS connaissent un essor foudroyant depuis trois ans, sur le « en ligne », Google Map, Google Earth, Microsoft Virtual Earth et Yahoo Map, pour ne citer qu'eux, ont démocratisé l'usage de la carte géographique au quotidien. Poussant son utilisation dans les entreprises. La création de cartes personnalisées, sur lesquelles l'utilisateur agrège, sous forme de mashup, données géographiques et point d'intérêts (comme la recherche de restaurants), s'est transformée en outils de gestion de la relation client, par exemple. Ou encore de gestion de la logistique, voire de géomarketing.

Populaires, mais pas prêts, en l'état, pour une mise en production dans les entreprises. « Google Map, s'il donne une impression de facilité, n'est que très peu utilisé par les entreprises, car il n'intègre pas d'outil de reporting et fonctionne sur un client javascript, limitant ainsi le champ d'application », reprend Christophe Lebas, responsable technique d'Articque, société spécialisée dans les applications de cartographie statistique.

Une goutte d'eau dans l'océan en somme, au regard des vastes projets liés au géomarketing et aux possibilités de traçabilité (dans la logistique notamment) que peut offrir la géolocalisation pour les entreprises. D'où la volonté d'un Microsoft d'installer SQL Server 2008 sur le segment de la BI géolocalisée.

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