Logiciels : Oracle rachète, les utilisateurs payent

Les effets de la concentration des acteurs du logiciel commenceraient-ils à se faire sentir sur les prix des licences ? Après SAP et ses tarifs de maintenance, c'est au tour d'Oracle de revoir à la hausse le prix de ses licences logicielles. Avec des augmentations sur les produits SGBD et middleware allant de 16 à 20%.

Vous avez aimé l'augmentation des prix de SAP, vous adorerez la nouvelle liste de prix publics d'Oracle. Le 16 juin dernier, le géant du logiciel a publié son nouveau catalogue tarifaire. A la clé, une série de mauvaises surprises, notamment pour ce qui concerne ses produits d'infrastructure (base de données et serveurs d'applications).

16 à 20% d'augmentation sur les licences

Les prix de licence des produits base de données progressent ainsi de 16 à 20 % selon l'édition de la base Oracle et le mode de licence (par CPU ou par utilisateur nommé). Soit par exemple, une hausse de 15 000 à 17 500 $ par CPU pour Oracle standard Edition. Ou un bond de 40 000 à 47 500$ pour Oracle Entreprise Edition. Toutes les options du SGBD (Olap, partitionnement, Oracle RAC...) voient aussi leur prix bondir de 15 %. Salé.

Ce n'est pas tout : la liste des prix d'Oracle recelle d'autres mauvaises surprises pour les utilisateurs de BEA. Pour la première fois, l'éditeur a en effet intégré les produits de sa nouvelle acquisition à son catalogue et il en a profité pour faire des réajustements sensibles. Ainsi, si le prix de la version standard de BEA Application Server reste inchangé (à 10 000 $), celui de la version entreprise passe de 17 000 $ à 25 000$. 

Bien sûr, l'écart entre les prix catalogues et la somme que déboursent réellement les grands comptes - qui obtiennent fréquemment des remises bien supérieures à 50% - est énorme. Reste qu'en général les négociations s'appuient sur le prix facial et que celui-ci aura tôt ou tard un impact sur le prix payé par les grandes entreprises. De plus, cette aptitude à la négociation des grands comptes n'est en rien une consolation pour les PME, qui paient en général leurs logiciels au prix fort.

Certains analystes soulignent qu'Oracle n'avait pas augmenté ses prix depuis longtemps et que l'éditeur pâtit de l'augmentation de la puissance unitaire des processeurs, tendance qui saperait peu à peu ses revenus. Certes. Mais Oracle réajuste périodiquement son mode de licence par CPU pour compenser justement cette évolution. Et il a aussi largement profité de la faiblesse du dollar pour arrondir ses marges sur les marchés internationaux, notamment en Europe et en Asie. Dans ces conditions, l'augmentation sur ses principaux produits paraît largement injustifiée. 

Un boulevard pour le libre

Reste qu'elle n'est guère surprenante. Après des années de concentration et de consolidation, le marché des logiciels d'infrastructure et des PGI est désormais entre les mains d'une poignée d'acteurs significatifs comme IBM, Oracle, Microsoft et SAP. Tous ont réussi à bâtir une large base installée qu'il s'agit aujourd'hui de rentabiliser (Oracle et SAP au travers de hausses de licence ou de coûts de maintenance, Microsoft via la Software Assurance, IBM via les services et les licences).

Ce pari de la monétisation des bases installées, pour plaire aux actionnaires, comporte toutefois des risques. Tout d'abord, parce la menace de l'Open Source est plus forte que jamais et qu'une augmentation de trop pourrait définitivement convaincre certains clients de se tourner vers des alternatives plus économiques (les serveurs d'applications de Sun ou de Jboss, le portail libre Liferay, des SGBD comme MySQL ou Ingres...). Ensuite parce que sur certains segments la tentation de la concurrence est encore forte. Par exemple, Microsoft SQL Server, éternel outsider sur le marché des SGBD, reste sensiblement moins cher que les deux leaders, DB2 et Oracle...

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