Le Mac peut-il revenir en entreprise ?

Evincé d’une très large partie du monde professionnel tant par Microsoft que par une grande partie de l’écosystème Windows, Apple retrouve les faveurs du public. La désaffection dont souffre Vista pousserait même certaines entreprises à tenter l’expérience du Mac. Mais certains blocages perdurent.

Qualifiée par BusinessWeek de société la plus innovante des nouvelles technologies et des télécoms, Apple semble avoir retrouvé les bonnes grâces du grand public. Aux Etats-Unis, la firme à la pomme est ainsi revenue dans le « top 5 » des vendeurs d’ordinateurs personnels, devant Toshiba, avec 6,6 % de parts de marché au premier trimestre 2008. Parti de peu, Apple affiche une croissance insolente : 32,5 % par rapport à la même période un an plus tôt, pour Gartner, et 25,1 % selon IDC, alors que le marché s’est contenté d’une progression de 3,5 % sur un an, outre Atlantique, au premier trimestre.

Mais qu’en est-il sur le marché spécifique des entreprises ? Selon Mika Kitagawa, analyste chez Gartner, « Apple remporte une certaine adhésion auprès des petites entreprises, et il faut compter avec le cycle de renouvellement des vieilles machines à base de PowerPC. » L’enthousiasme récurrent des magazines anglo-saxons à l’égard des dernières machines Apple n’y est sans doute pas étranger. Rappelez-vous : PCWorld a porté aux nues les derniers MacBook Pro, suivi récemment de PC Magazine pour les iMac.

De nouvelles perspectives

Mais il serait erroné de résumer ainsi la situation. Des prestataires de services régionaux nous ont fait part de clients ayant entamé des tests des solutions Apple, comme alternative à une migration vers Windows Vista, sur l’air de « quitte à apprendre, autant essayer une véritable alternative. »

Cette logique semble avoir contaminé IBM. Ce dernier a en effet confié des Mac à cent de ses chercheurs afin de valider la solution comme alternative au poste de travail sous Windows. De son côté, Michael Gartenberg, analyste du cabinet Jupiter Research, s’est mis en tête de casser tous les « mythes » qui condamnent Apple à rester devant la porte des entreprises avec, dans l’ordre, le prix, le manque de logiciels, et l’absence d’ouverture sur des protocoles ouverts.

Dans un récent article, Peter Burrows, de BusinessWeek, enfonce le clou. Il cite notamment Michele Goins, DSI de Juniper Networks, qui a lancé un test auprès de 600 utilisateurs de Mac. Le résultat semble concluant au point que « si nous élargissions le panel aujourd’hui, 25 % de nos employés choisiraient des Mac. »

La virtualisation du poste de travail, en marche, est aussi susceptible d’ouvrir de nouvelles portes à Apple, dans l’entreprise : la question de la machine hôte est dépassée par la présence de l’environnement de travail virtuel.

Certaines barrières perdurent…

Tout d’abord, le matériel Apple reste cher. Certes, l’offre Apple est économiquement compétitive en moyen et haut de gamme mais elle pêche, face à la concurrence, par l’absence d’entrée de gamme. Les logiciels sont là, comme l’indique Michael Gartenberg, mais leur nombre et leur diversité compte peu : la vraie question est celle de la présence des logiciels utilisés dans les entreprises. Typiquement, un notaire provincial nous a récemment indiqué avoir migré toute son informatique sous Windows : l’éditeur de ses outils professionnels a renoncé à supporter Mac OS X.

Brian Gammage, vice-président de Gartner, ne dit pas le contraire : « la question des applications reste un frein au renoncement à Windows. » Et cela même si « l’on tend de plus de plus vers des applications agnostiques » au sens du système d’exploitation.

Et puis, dans le cas de l’utilisation de postes de travail virtualisés, les utilisateurs accepteront-ils de risquer la schizophrénie à passer de Windows – par exemple – pour leurs usages professionnels, à Mac OS X, pour leurs usages personnels ?

En outre, le contrat de licence Mac OS X s’avère ambigu face à la virtualisation, réduisant l’autorisation d’utilisation aux seules machines signées Apple. Dommage, car les outils d’administration et de déploiement de Mac OS X Server ne manquent pas d’attrait, en particulier complétés qu’ils sont par des outils tels que DeployStudio.

… à commencer par la politique commerciale d’Apple

Michele Goins n’a pas reçu un seul appel des services commerciaux d’Apple. Ce cas n’est pas isolé. Comme le relève BusinessWeek, Apple semble traiter le marché professionnel avec, au mieux, indifférence. Et c’est peut-être ça le principal obstacle à son retour dans l’entreprise.

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