En 2011, le secteur IT retrouvera presque sa croissance d'avant la crise

3,5 % de croissance en 2011. Après une année de déprime (2009) et un crû où le secteur est resté convalescent (2010), l'année en cours devrait être celle du retour à une croissance franche pour les éditeurs et SSII.

syntec

Pour le Syntec Numérique, la situation économique des SSII, des sociétés de conseil et des éditeurs est clairement sur le chemin de l'amélioration. Alors que la chambre patronale tablait en janvier sur 3 % de croissance pour le secteur, elle prévoit désormais 0,5 point de plus. Certes, la prévision est associée à une incertitude de 1 point, mais, pour Guy Mamou-Mani, le président de Syntec Numérique, ce relèvement de l'indicateur est clairement "la confirmation d'une amélioration de l'environnement économique" pour les éditeurs et sociétés de service. Le degré d'optimisme des patrons du secteur retrouve d'ailleurs ses niveaux d'avant la crise : l'indice de confiance des dirigeants, un indicateur que publie régulièrement le Syntec, fleurte en mars avec les niveaux qu'il atteignait trois ans plus tôt, soit juste avant la chute de Lehman Brothers. Rappelons qu'en 2010, la croissance du secteur avait été limitée à 1,5 %, après un crû 2009 marqué par une sévère déconvenue (- 4 %).

Intégration et assistance technique encore à la traîne

Métiers de l'IT et politiques : toujours l'incompréhension

Des métiers méconnus. Un secteur incompris. Guy Mamou-Mani, le président de Syntec Numérique, n'a pas de mots assez durs pour fustiger une certaine forme d'indifférence des pouvoirs publics à l'égard du secteur du numérique. Les remarques acerbes ciblent notamment l'exécutif actuel : l'initiative du président de la République d'inviter 7 blogueurs pour parler de l'avenir du numérique en France a irrité le Syntec, tenu à l'écart de cette opération. Tout comme les discussions autour du Conseil national du numérique (CNN), toujours en cours de constitution à ce jour : "si nous n'étions pas intervenus, nous n'aurions pas eu de représentant", s'étonne Guy Mamou-Mani. Qui s'élève également contre les arbitrages ministériels favorisant, selon lui, toujours l'industrie aux dépens des services. "Le Président a récemment expliqué qu'il n'y avait pas de services sans industrie. Pour moi, cette phrase nie l'économie de l'immatériel", explique Guy Mamou-Mani.

Syntec Numérique a prévu de mettre sur pied, d'ici à novembre prochain, une plate-forme de propositions qu'il ira défendre auprès des candidats à la présidentielle. Pour l'instant, force est de constater que les prémices de la campagne occultent totalement le secteur. "Le projet socialiste, d'après ce que j'en ai vu, ne comporte aucune thématique sur le numérique", se désole Guy Mamou-Mani.

Depuis ses précédentes prévisions en fin d'année dernière, Syntec Numérique note notamment une amélioration côté SSII, pour lesquelles le syndicat professionnel prévoit désormais une croissance de 3 % en 2011. Signe de ce regain d'optimisme, le conseil, durement touché pendant la crise, devrait rebondir de 4 % en 2011, selon la baromètre Syntec Numérique réalisé en partenariat avec le cabinet IDC. Déjà résistante durant la crise, l'infogérance tant applicative (+ 4 %) que d'infrastructures (+ 3 %) restera dynamique, tandis que l'intégration et l'assistance technique connaîtront des croissances plus modestes (respectivement + 2 et + 1 %). Portés par les logiciels d'infrastructure et la mobilité, l'édition devrait connaître une expansion de 4 % durant l'année en cours, soit un doublement du rythme de progression par rapport à 2010. Enfin, le conseil en technologies connaît, de son côté, un net rebond, avec une croissance attendue à 4,5 %. Soit, là encore, une nette amélioration par rapport à 2010 pour ce secteur qui avait plongé en 2009 (- 7 %).

En retrouvant presque ses niveaux de croissance d'avant la crise, le secteur devrait rouvrir en grand les vannes du recrutement, promet le Syntec Numérique : le syndicat patronal s'attend à plus de 31 000 recrutements de cadres sur l'année, dont 9 000 pour les jeunes diplômés. Soit une progression de 14 % par rapport à 2010, selon le baromètre Apec-Syntec Numérique. Des tendances encourageantes mais qui tardent à se traduire dans les chiffres du chômage : la direction statistique du ministère du Travail et de l’Emploi recensait en février 25 800 chômeurs informaticiens, soit seulement 6 % de moins que le pic enregistré à l'été 2010.

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