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Les dirigeants jugent l’IA indispensable, pas leurs employés

Une enquête souligne un fossé entre la perception des dirigeants et celle des salariés sur l’adoption de l’intelligence artificielle. Neuf cadres supérieurs sur dix estiment l’IA indispensable. Mais moins de la moitié des managers partagent cet avis.

Utiliser l’IA au travail n’est peut-être pas aussi « indispensable » que ce que vantent les directions générales, à rebours de leurs collaborateurs. C’est en tout cas le résultat d’une enquête menée aux Etats-Unis et publiée début mars par Slingshot (éditeur spécialisé dans l’IA) et sa société mère Infragistics.

Un écart de perception entre direction et terrain

Si la plupart des dirigeants – 86 % – estiment que l’usage de l’IA est devenu incontournable, seuls 49 % des managers partagent cette opinion et donnent des instructions à leurs équipes pour qu’elles l’utilisent massivement.

Un autre chiffre illustre le décalage. Un peu plus de 40 % des employeurs déclareraient qu’ils sont « prêts à considérer l’IA comme un membre à part entière de l’équipe ». À l’opposé, ils sont seulement 20 % chez les salariés à percevoir l’IA comme un collègue potentiel. La plupart la considèrent plutôt comme « un outil utile ».

Encore un autre signe de ce décalage : 70 % des dirigeants estiment que leurs employés s’appuient « constamment » sur les données. En réalité, ils seraient 31 % parmi les salariés à confirmer cette affirmation. Beaucoup précisent qu’ils se fient au contraire plutôt à leur expérience ou aux travaux de l’équipe spécialement dédiée aux données.

Une mentalité qui ne se diffuse pas automatiquement

« On dit aux entreprises que si elles considèrent encore l’IA comme un simple outil, elles ont déjà pris du retard – et elles ajustent leurs stratégies en conséquence », souligne Dean Guida, directeur général d’Infragistics et fondateur de Slingshot. « Mais, bien que la direction puisse placer l’IA au centre des processus métier et de la prise de décision, cette “mentalité de coéquipier” ne se diffuse pas automatiquement dans toute l’organisation. », avertit-il.

Ce n’est pas la première étude qui met en évidence ce décalage entre les DG et les autres niveaux de l’entreprise. Une récente analyse de Gartner soulignait que les organisations ont encore tendance à négliger une ressource essentielle : les managers eux-mêmes.

Les ressources humaines ont ici un rôle triplement important à jouer. D’abord pour aider à communiquer sur l’utilité de l’IA, ensuite pour les former à former leurs équipes, enfin pour les accompagner à déterminer comment utiliser le temps que l’IA finira par libérer, précisait le Gartner.

Article publié initialement sur CIO Dive

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