Intel réitère son engagement envers Itanium, Oracle persiste dans son abandon

Suite à l'annonce avant-hier par Oracle de l'abandon de tout développement sur Itanium, Annonce qui impliquait Intel, le fondeur a riposté hier en réitérant son soutien et sa confiance dans l'architecture Itanium. Oracle de son côté a enfoncé le clou en publiant une liste détaillée des applications concernées par sa décision.

Après l'annonce avant-hier par Oracle de l'arrêt de ses développements sur Itanium (voir notre article Oracle abandonne Itanium en rase compagne), annonce justifiée par le caractère non stratégique pour Intel de l'architecture IA64, la réponse d'Intel n'aura pas trainé. Le fondeur a ainsi réaffirmé hier son engagement à poursuivre le développement de la puce. "Les travaux d'Intel sur les processeurs et plates-formes Intel Itanium processors cse poursuivent comme prévu avec plusieurs générations de puces actuellement en développement et dans les délais prévus", explique le CEO de la firme, Paul Otellini, dans un communiqué. "Nous restons fermement engagés à produire une roadmap compétitive pour HP-UX et client d'autres systèmes d'exploitation qui fonctionnent sur l'architecture Itanium" - ce qui laisse notamment HP OpenVMS, HP NonStop, Bull GCOS et quelques distributions Linux, NDLR. Oracle de son côté a précisé sa pensée en publiant sur son site une liste des applications concernées par l'arrêt du support d'Itanium, liste qui confirme notamment que les applications Fusion ne seront pas portées sur la plate-forme.

Itanium : une roadmap confirmée

 poulson
La puce Poulson telle que
présentée par Intel à l'ISSCC
fin février 2011.
(Crédit photo : Intel)

La prochaine itération de l'architecture Itanium sera incarnée par le processeur Itanium « Poulson » qui apporte une refonte architecturale complète du coeur Itanium mais conserve tle même socket processeur que l’actuel « Tukwila », une compatibilité qui devrait grandement faciliter le travail pour HP et ses clients ainsi que pour les autres partenaires de l’alliance Itanium, dont Bull.

Tukwila, dont le planning de développement avait été très perturbé, est gravé dans un process antediluvien (65 nm) tandis que Poulson sera fondu en utilisant la dernière génération de processus de fabrication d’Intel (32nm). La puce, dévoilée au récent ISSCC devrait embarquer huit coeurs et un total impressionnant de 54 Mo de cache (dont 32 Mo de cache de niveau 3 et 6 Mo de cache de niveau 2). Le tout avec une consommation TPD inférieure à celle de l'actuel quadri-coeur Tukwila. Poulson - et ses 3,1 milliards de transistors - devrait ainsi consommer environ 170 W en fonctionnement contre 185 W pour Tukwila et ses 2 milliards de transistors.
 
Avec Poulson, Intel et HP promettent d'accroitre très sensiblement les performances. En doublant le nombre d'instructions traitées par chaque coeur en parallèle,en refondant les contrôleurs mémoire, et en dopant la fréquence de la puce (sans doute aux environs des 2,4 à 2,5 GHz), Intel devrait proposer des performances entre 2 et 4 fois supérieures à celle de Tukwila. L’itanium « Poulson »  doit en principe faire son apparition dans des serveurs au tout début 2012.

La position d'HP fragilisée
Reste que les promesses d'HP et d'Intel pourraient ne pas suffire à rassurer une base installée HP très largement dépendante des logiciels Oracle et pour laquelle le départ de l'éditeur pourrait être le prétexte à une migration vers des architectures serveurs concurrentes.

 donatelli
Dave Donatelli, le patron des activités serveurs,
stockage et réseaux d'entrerpise d'HP, lors de
l'annonce des derniers serveurs Itanium à
Tech@World Francfort en avril 2010.
(Crédit photo : LeMagIT/CB)

Cela ne veut pas forcèment dire qu'Oracle profitera de la maneuvre. Comme nous le faisions déjà remarquer hier, il n'est ainsi pas certain que les ventes de serveurs Sparc profitent du gambit d'Oracle. A l'instar de Dave Donatelli, le patron de la division entreprise d'HP qui se déclarait hier choqué " qu'Oracle puisse mettre en péril les systèmes d'entreprises et de gouvernement tout en leur coûtant des centaines de millions de dollars en productivité perdue", certains grands comptes HP/Oracle pourraient ne pas apprécier du tout la perspective de faire les frais de la sale guerre que se livrent les deux constructeurs.
Ils pourraient même trouver les méthodes d'Oracle particulièrement indélicates et décider de s'affranchir un peu plus de leur dépendance envers les systèmes de la société. L'effet d'aubaine escompté par Oracle pourrait alors ne pas se produire et nombre des clients pourraient basculer sur des systèmes IBM ou sur des serveurs x86, voire, et ce serait encore pire pour Oracle, sur des logiciels concurrents.

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