Pour McKinsey, le marché du Cloud restera fragmenté

Selon McKinsey, d’ici 5 à 10 ans, le margé du Cloud Computing n’échappera pas à une phase de consolidation. Néanmoins, il restera fragmenté ne serait-ce qu’en raison d’effets de volume limités. Et la fragmentation sera d’autant plus forte que le marché comportera aussi bien des acteurs ayant fortement investi en capital que d’autres misant presque exclusivement sur une approche d’agrégation de services.

En ouverture du Parallels Cloud Summit, qui se déroule actuellement à Orlando, en Floride, Darren Pleasance, associé du cabinet McKinsey&Company a développé des perspectives pour le moins alléchantes - pour les participants à l’événement - pour les cinq à dix prochaines années. De fait, selon lui, malgré la forte implication de grands acteurs tels que Microsoft, Google, Amazon ou encore les opérateurs télécoms, le marché mondial du Cloud Computing devrait continuer de présenter un visage pour le moins varié. Et cela ne devrait pas manquer de conforter une audience de partenaires de Parallels misant justement sur les services fournis en mode Cloud.

Darren Pleasance part de chiffres encourageants : les PME ont compté pour 47 % des dépenses IT en 2010, à travers le monde, preuve, si c’était nécessaire, qu’il y a bien un marché au-delà des grands comptes. Et, aux Etats-Unis, ce sont 60 % des PME qui souhaitent des solutions facturées à la demande. Bref, le Cloud semble promis à un bel essor, qu’il s’agisse de SaaS, de PaaS ou d’IaaS, en privé ou dans un nuage public. Surtout, selon McKinsey, la dépense des PME dans les services Cloud n’était que d’environ 7 Md$ en 2010; elle devrait osciller entre 26 et 32 Md$ en 2015, à l’échelle de la planète. Et ce sont les domaines de la GRC, du commerce électronique, de la collaboration et de la gestion de la chaîne logistique qui devraient le plus progresser. Plus précisément, par région, le marché nord américain du Cloud devrait représenter 48 Md$ en 2015, contre 30 Md$ pour l’Europe de l’Ouest.

Des acteurs très différents

Déjà, l’actuel marché du cloud se caractérise par une forte diversité d’acteurs : les revendeurs de services, les fournisseurs de solutions en Cloud, les hébergeurs, les fournisseurs de services managés, les opérateurs télécoms et les géants du Cloud (version IaaS, SaaS ou PaaS - voir à ce propos notre dossier sur le sujet - partie 1 et partie 2 -) tels Amazon, Google et Microsoft. Au vu des chiffres de McKinsey, certaines positions semblent méritées : Google aurait investi de 6 à 8 Md$ dans ses solutions Cloud entre 2000 et 2009, contre 5 à 6 Md$ pour EMC/VMware, 3 à 5 Md$ pour Microsoft, et 1 à 3 Md$ pour Amazon, mais aussi HP ou encore IBM. Très logiquement, Darren Pleasance estime inévitable une phase de consolidation. Mais, selon lui, c’est par analogie avec le marché des services financiers qu’il convient d’examiner les perspectives du marché des services en mode Cloud. Un marché qui est passé de 12 Md$ en 1990, aux Etats-Unis, à 210 Md$ en 2010. Mais dans lequel les petits acteurs - en dehors du top 4 - continuent de peser 34 Md$. Et d’avancer plusieurs explications : la «désintégration», comprendre la prise d’indépendance d’unités précédemment intégrées à des grands groupe; la standardisation à l’échelle de l’industrie, qui contribue à la concurrence. Mais, surtout, pour lui, l’un des moteurs sera la progression de la demande. Tout simplement parce «qu’au-delà d’une certaine échelle et d’un certain temps, après que des silos se soient formés dans les entreprises, il est plus facile et moins couteux de sous-traiter que de faire évoluer son IT en interne.» Et puis, avec des infrastructures virtualisées, les économies d’échelles sont limitées : «pour un fournisseur de taille PME classique, avec une centaine de serveurs, l’utilisation des ressources processeurs oscille entre 40 et 60 %.» Pour un grand fournisseur, avec plusieurs milliers de serveurs, elle serait de 70 à 75 %. Mais «des économies [et, en l’occurrence une progression du taux d’utilisation des ressources, NDLR] peuvent être obtenues par de petits acteurs avec des investissements relativement limités.» Selon lui, un gain de 10 à 20 points d’utilisation des ressources processeurs pourrait générer 10 à 15 % d’économies, pour un fournisseur de taille PME.

De petits acteurs plus près de leurs sous

Surtout, les acteurs de taille modeste seraient plus créatifs en manière de gestion des coûts, cherchant les remises sur les achats de matériels et de licences, ou maximisant la durée de vie de leurs équipements. Bref, pour Darren Pleasance, réussir sur le marché du Cloud Computing en étant petit est possible. A quatre conditions : maximiser le revenu moyen par client en misant sur les ventes croisées ou les ventes de fonctions optionnelles; multiplier les initiatives pour s’attacher la loyauté de ses clients; rechercher l’excellence opérationnelle; et enfin minimiser les coûts d’acquisition de nouveaux clients - et les attirer en proposant par exemple des périodes d’essai gratuit; en jouant sur le marketing viral, etc. Au final, pour l’analyste, l’objectif à atteindre est une marge opérationnelle oscillant entre 20 et 40 %. La clé de la survie.

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