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Rachat d’Axios : premiers pas d’IFS sur les terres de ServiceNow

L’éditeur suédois d’ERP a racheté la pépite écossaise de l’ITSM et, plus largement, de la gestion des services d’entreprise (ESM). L’acquisition rappelle sa stratégie dans le Field Service Management dont il est devenu un acteur majeur en trois ans.

L’éditeur suédois d’ERP, IFS, a acquis Axios Systems, une société qui fournit des applications cloud de gestion de services d’entreprise (ESM ou Enterprise Service Management) et de gestion des services informatiques (ITSM). Cette opération devrait permettre à IFS de commencer à concurrencer les leaders du marché à commencer par ServiceNow.

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Axios Systems, basée à Édimbourg, a été fondée en 1988. Initialement éditeur d’ITSM, la société écossaise s’est développée pour fournir également des applications ESM qui appliquent le modèle de l’ITSM à d’autres processus d’entreprise, au-delà de l’IT, comme les processus RH, les processus commerciaux, la relation client ou le marketing.

Les conditions de la transaction n’ont pas été divulguées.

L’ESM pour compléter IFS Cloud

L’acquisition d’Axios Systems fait suite au lancement en mars d’IFS Cloud, une plateforme qui intègre toutes les applications d’IFS - ERP, CRM, EAM et Field Service Management (FSM) – dans une offre cloud unifiée. Les applications d’Axios seront à terme intégrées à IFS Cloud.

Darren Roos, CEO IFSDarren Roos, CEO IFS

En attendant, elles resteront autonomes, assure Darren Roos, le CEO d’IFS, et elles peuvent être intégrées à IFS Cloud avec les API de l’éditeur suédois.

Axios Systems aidera à combler certains « trous dans la raquette » d’IFS. Ce début d’ESM devrait en effet l’aider à casser les silos de données (en créant des ponts entre ses applications et les applications tierces) et à formaliser des worflows transverses entre processus métiers (pour une gestion des services de bout en bout), explique Darren Roos.

Côté utilisateurs (internes, mais aussi externes), ces nouvelles capacités permettront à IFS de proposer des outils pour créer des points d’entrées clairement identifiés pour les différents supports métiers.

« La gestion des services d’entreprise permet à un employé, à un partenaire ou à un client d’accéder à un guichet unique pour chercher de l’aide » explicite le CEO. « Historiquement, l’ITSM ne concernait que des problématiques autour de l’informatique. Mais aujourd’hui [avec l’ESM], il peut s’agir d’un client qui cherche de l’aide pour du support, d’un partenaire-revendeur qui cherche à valider un prospect – ou de tout type de workflow interne ou externe ».

IFS reprend sa stratégie des « Field Services » dans l’ESM

L’acquisition est une opération positive pour les deux entreprises, estime Ray Wang, analyste principal et fondateur de Constellation Research.

Axios Systems est une entreprise familiale qui est devenue l’un des principaux éditeurs de logiciels au Royaume-Uni, rappelle l’analyste Ray Wang. Elle a développé une forte présence auprès des grands groupes et dispose d’une base clients solide dans les secteurs des services financiers, le secteur public, la santé et les sciences de la vie, l’industrie manufacturière, l’énergie et le pétrole.

Ray Wang, analyste, Constellation ResearchRay Wang, analyste
Constellation Research

De son côté, l’ERP d’IFS cible lui aussi les grandes entreprises, mais sur cinq segments spécifiques, dont certains recoupent ceux d’Axios Systems (industrie manufacturière, énergie et le pétrole).

« Axios Systems apporte de vraies capacités ESM et une expérience internationale qui va [d’une forme] de digital workplace à l’ITSM pur et dur », constate l’analyste. « Ils ont également des expériences très complémentaires dans la gestion de l’IT, de l’intégration des services, et de la gestion [des workflows], ce qui en fait une acquisition très pertinente avec peu de doublons ».

Selon Predrag Jakovljevic, analyste principal chez Technology Evaluation Centers, l’acquisition permet en tout cas à IFS de rivaliser dans le domaine, face à de gros concurrents ERP comme SAP et Oracle. Elle lui permet également de commencer à se positionner face aux leaders du marché de l’ESM et de l’ITSM, dont ServiceNow et BMC.

Predrag Jakovljevic, analyste, Technology Evaluation CentersPredrag Jakovljevic, analyste
Technology Evaluation Centers

Pour lui, la stratégie d’acquisition d’IFS ressemble à celle qu’il a menée dans le Field Service Management avec les rachats de WorkWave en 2017, d’Astea en 2019 et de Clevest en 2020, ce qui lui a permis de devenir très compétitif sur ce marché. En 2020, Gartner a même classé IFS FSM dans la catégorie des leaders de son Magic Quadrant sur les Field Services.

« Ils pourraient bien refaire ce qu’ils ont fait dans le FSM en arrivant à concurrencer ClickSoftware (racheté par Salesforce) et TOA Technologies (racheté par Oracle) », entrevoit Predrag Jakovljevic. « Cela semblait presque impossible quand ils ont fait leur première acquisition dans le FSM. ».

Haro sur ServiceNow

« Il a fallu à IFS plusieurs années et plusieurs acquisitions pour devenir un leader du FSM, donc ils devront probablement en faire plus que de racheter Axios pour se mesurer à ServiceNow », continue l’analyste. « Mais pour l’instant, c’est une opportunité de diversification de ses ventes auprès de sa base de clients ». Voire auprès de la base installée de sa petite sœur dans l’ERP, Acumatica (qui appartient au même fond qu’IFS), et qui cible le midmarket et les PME.

En sens inverse, pour Darren Roos, la capacité d’investissement d’IFS soutiendra le développement international et la diversification dans l’ESM entamés par Axios Systems.

« La gestion des services d’entreprise permet à un employé, à un partenaire ou à un client d’accéder à un guichet unique pour chercher de l’aide. »
Darren RoosCEO, IFS

« Axios a une bonne dynamique face à ServiceNow, mais c’est un éditeur assez petit qui n’a pas eu accès à de très gros financements et qui n’a pas non plus une énorme présence mondiale », affirme le CEO d’IFS. « Nous, nous pouvons apporter ces financements et cette présence à une technologie qui a déjà prouvé qu’elle pouvait rivaliser avec ServiceNow ».

Le siège d’Axios Systems restera à Édimbourg et l’équipe de direction actuelle est confirmée par IFS. Le nom d’Axios Systems en revanche, sera abandonné pour devenir IFS EMS, révèle Darren Roos.

« À l’avenir, lorsqu’un client se connectera à une interface Axios, celle-ci ressemblera à IFS Cloud. Les processus seront sans couture, on aura vraiment l’impression d’être dans IFS Cloud, mais Assyst pourra être déployé en tant qu’application indépendante », assure Darren Roos. « Plutôt que de mettre fin à Assyst et d’obliger ses clients à migrer, nous continuerons à l’améliorer et à en harmoniser l’ergonomie et le design, en même temps que nous travaillons sur son intégration à IFS Cloud ».

Axios est classé dans les leaders de l’ESM par Forrester aux côtés de BMC, de ServiceNow, de MicroFocus, de USU et de Cherwell qui vient d’être racheté par Ivanti. Axios est également dans les acteurs de niche du Magic Quadrant de l’ITSM du Gartner.

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