Supercalculateurs petaflopiques : le "SuperMUC" allemand répond au "Curie" français

Le centre de calcul Leibnitz de Münich a signé avec IBM pour la fourniture d'un supercalculateur à même de délivrer 3 Petaflops de puissance lors de sa mise en service en 2012. Développé dans le cadre du programme européen PRACE, SuperMUC sera l'homologue allemand du nouveau supercalculateur Curie - 1,6 Petaflops - actuellement en construction par Bull au très grand centre de calculs de Bruyère-le-Chatel.

En Europe, la course au supercalcul petaflopique bat son plein. L'académie bavaroise des sciences vient ainsi de confier à IBM la réalisation d'un supercalculateur qui devrait délivrer une puissance de 3 Petaflops lors de son achévement en 2012 et figurer parmi les plus puissants sur la planète. Baptisé SuperMUC, ce cluster de calcul a vocation à remplacer l'actuel cluster Hochleistungsrechner Bayern II (HLRB II) actuellement installé au centre de calculs Leibnitz (LRZ) de Garching, près de Münich - le centre de calculs tient son nom du célèbre mathématicien Gottfried Wilhelm Leibnitz, contemporain d'Isaac Newton, et auquel on doit notamment le système de calcul binaire.

 supermuc blade
Le directeur du LRZ (à gauche) et le patron d'IBM
Allemagne montrent un prototype de lame du
futur supercalculateur SuperMUC

SuperMUC sera installé dans un nouveau datacenter récemment sorti de terre dans le cadre d'un projet dont le budget est évalué à près de 135 M€ (dont 83 M€ pour le supercalculateur et son fonctionnement pendant 5 à 6 ans). Le système utilisera plus de 110 000 coeurs processeurs Xeon couplés à 320 To de mémoire vive et 12 Po de stockage. Les serveurs seront installés dans des racks de serveurs denses de type IBM System x iDataPlex. SuperMUC mettra en oeuvre le nouveau système de refroidissement à eau chaude Aquasar, développé par les chercheurs de Big Blue à Zürich et Böblingen et déjà mis en oeuvre dans un cluster de calculs à l'institut fédéral des technologies de Zürich (voir à ce propos notre article : IBM refroidit les serveurs... à l'eau chaude). Cette nouvelle technologie de refroidissement est censée permettre une réduction de la consommation énergétique du cluster de près de 40% par rapport aux techniques habituelles de refroidissement par air.

SuperMUC devrait permettre à l'institut Leibnitz de figurer parmi les meilleurs centres de calculs au monde. Une évolution bienvenue, puisque son plus puissant calculateur, le HLRB II n'est actuellement classé qu'au 66e rang mondial avec une performance de 62 TFlops. Il est à noter que SuperMUC est développé dans le cadre du programme européen PRACE (Partnership for Advanced Computing in Europe) qui vise à doter l'Europe d'un réseau de supercalculateurs pétaflopiques.


SuperMUC : le pendant du nouveau Supercalculateur Curie de CEA/GENCI


SuperMUC aura son équivalent en France au sein du trés grand centre de calculs financé par le CEA en GENCI à Bruyères-le Châtel. Le TGCC a en effet été retenu pour héberger le futur supercalculateur Curie, développé lui aussi dans le cadre du programme PRACE.

Curie - nommé ainsi en hommage à Pierre et Marie Curie - sera mis en service en deux étapes, l'une à la fin 2010 et l'autre en octobre 2011 (afin notamment d'accueillir la prochaine génération de Xeon d'Intel). Lors de son achévement, il devrait offrir des performances de l'ordre de 1,6 Petaflops.

Comme l'actuel Tera100, destiné à un usage militaire, Curie sera assemblé par Bull à base de serveurs Xeon Bullx (environ 90 000 coeurs et plus de 10 Po de stockage). Le cluster sera refroidi par le système de porte réfrigérée conçue par Bull. Un système qui, selon le constructeur, devrait permettre un gain d'environ 75% sur le budget refroidissement par rapport à un système traditionnel.

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