Cloud : Microsoft met en avant la richesse de son offre face à VMware

A l'occasion de Tech Ed Berlin, LeMagIT s'est entretenu avec Jamin Spitzer, le directeur de la stratégie plates-formes de Microsoft. L'occasion de faire avec lui un point sur l'approche de Microsoft en matière de cloud. Pour Spitzer, la vraie force de l'offre cloud de Microsoft est sa variété, qui permet aujourd'hui à l'éditeur de répondre aux besoins de ses clients avec du cloud d'infrastructure, comme VMware, mais aussi avec des offres Paas ou du Saas.

A Tech Ed Berlin, LeMagIT a pu rencontrer Jamin Spitzer, le directeur de la stratégie plates-formes de Microsoft. L'occasion pour nous de faire un point sur la façon dont l'éditeur de Redmond approche la question du cloud et de discuter de ses différences avec VMware.

Ainsi, pour Microsoft, le cloud n’est pas forcément synonyme de virtualisation. Si l’éditeur met en avant la capacité de ses offres Hyper-V et System Center à permettre la constitution de cloud d’infrastructure, il note aussi que dans certains cas, l’usage de la virtualisation d'infrastructures va à l’encontre des objectifs visés. Et Jamin Spitzer, le directeur de la stratégie plates-formes de Microsoft, de donner l’exemple du moteur de recherche Bing, un service cloud massivement distribué qui passe outre toute forme de virtualisation ou de citer l’exemple des applications de calcul distribué qui, pour des raisons d’optimisation des performances et de la latence, s’épanouissent largement sur des serveurs non virtualisés.


"Lorsqu'on n'est qu'un marteau, tout finit par ressembler à un clou"


Pourquoi donc cette liaison quasi systématique dans l’esprit des utilisateurs entre virtualisation et cloud ? Serait-ce le fruit du travail patient de marketing de VMware ?  Si l’on assimile tant le cloud à la virtualisation concède Spitzer, c’est avant tout parce que VMWare a défini les termes du débat autour du cloud.

"VMware n’a longtemps eu qu’un seul produit, explique-t-il, et lorsqu'on n’est qu’un marteau, tout finit par ressembler à un clou.(...) Lorsque vous êtes VMware, il est compréhensible que vous souhaitiez tout ramener à la virtualisation. Vous voulez un cloud, alors il doit être virtuel, vous avez des problèmes de gestion de votre infrastructure, virtualisez la ...  Honnêtement, je ne pense pas qu’il s’agisse d’une approche cynique de la part de VMware. Mais étant dominateur sur le marché des hyperviseurs, c’est leur façon de voir le monde".

Pour Spitzer, la richesse de l’offre de Microsoft permet d’offrir un choix bien plus large aux entreprises. "Il ne s’agit pas d’enjoindre à nos clients de construire un cloud privé, mais de leur laisser le choix. Si les entreprises veulent un cloud privé, nous pouvons les y aider. Si elles préfèrent le PaaS, on peut aussi les accompagner. Et si elles préfèrent consommer des applications en ligne, nous disposons aussi d’une réponse avec des offres telles que BPOS..."



Apologie du cloud applicatif

Comme l’explique aussi Spitzer, l’hyperviseur n’est pas forcément la seule solution pour bâtir un cloud. Nombre de problèmes de distribution de workloads peuvent aussi se décider au niveau de la couche applicative (un point qu’Oracle mettait en avant dès le milieu des années 2000 en lançant ses middleware «grid» et que BEA avait aussi promu) : "Le problème quand vous migrez une application existante sur une architecture virtualisée est qu’en général cette application ne change pas. Si elle a été conçue pour supporter 100 utilisateurs dans le monde physique, elle ne pourra toujours en supporter que 100 dans le virtuel. Le fait même de la virtualiser n’a rien de vraiment transformateur. Cela peut permettre de gagner de l’argent et c’est déjà bien. Mais les gains obtenus n’ont rien à voir avec ce que permet d’économiser une approche Paas comme Azure. Lorsque votre application fonctionne sur Azure, nous prenons en charge tout un tas d’opérations que vous deviez autrefois assurer (comme la gestion du stockage, l’allocation de ressources CPU...) et les gains sont d’une toute autre mesure".

Et Spitzer de laisser entendre que si VMware insiste tant sur le cloud d‘infrastructure, c’est aussi finalement parce que son offre en matière applicative est aujourd’hui minimaliste et sa stratégie en matière de middleware encore largement à ses débuts. Et de rappeler que côté Microsoft, le cloud applicatif est une réalité grâce à Azure et que l’offre SaaS est en plein développement comme l’atteste le succès des offres Microsoft Online telles que BPOS.

Ce succès des offres SaaS pourrait-il à terme menacer de fragmentation la plate-forme Microsoft du fait de l’évolution plus rapide des offres cloud que celle des offres «en boite» ? Spitzer reconnait que le risque existe mais indique que pour l’instant Microsoft veille à ce que ses offres cloud et «boite» restent aussi synchrones que possibles. «Il va y avoir des cas où certaines fonctions seront déployées plus vite sur BPOS dans le cloud que par exemple dans Exchange, du fait des cycles de publication du logiciel et de la nature inhérente du cloud, qui permet des mises à jour rapides». Mais au final, il indique que le souhait de Microsoft est de revenir à un niveau isofonctionnel entre le cloud et les offres en "boite" lors des mises à jour majeures.

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