Dans les collectivités, la DSI n'est plus mal-aimée mais reste le parent pauvre

Des belles paroles des élus aux actes, il y a un fossé. C'est dans ce no man's land que semblent évoluer les systèmes d'information des collectivités territoriales, auscultés par Sopra. Avec des ambitions claironnées par les politiques, mais des moyens pas en adéquation.

Une lueur d'espoir ? Indéniablement. Si l'étude que livrent le Forum pour la Gestion des Villes et des Collectivités Territoriales et Sopra sur les systèmes d'information des grandes collectivités (régions, départements, villes de plus de 100 000 habitants et établissements publics de coopération intercommunale - ou EPCI) révèle des organisations qui ne tirent pas pleinement parti du potentiel offert par les systèmes d'information, elle montre aussi un net progrès sur un point essentiel : la prise de conscience des élus. Avec l'arrivée d'une nouvelle génération très mobilisée sur les systèmes d'information, note l'étude. "Dans 25 % des grandes collectivités hors départements (seuls 10 % d’entre eux sont déjà concernés), le système d’information intéresse désormais plusieurs élus qui sont amenés à se répartir différentes délégations telles que l’informatique, les TIC, la dématérialisation des marchés publics ou encore la communication des actes administratifs", écrivent les auteurs.

Une sous-direction noyée dans l'organisation

Un encouragement donc, mais qui, pour l'instant au moins, ne fait guère bouger les lignes. Budget, organisation : les DSI restent les parents pauvres des grandes collectivités. Ces derniers sont toujours majoritairement  positionnés dans l'organisation à un niveau n-2 par rapport à la Direction générale des services. "La DSI est souvent une sous-direction au sein d’une entité gérant différents aspects, par exemple la gestion des moyens généraux et les relations extérieures", remarque Sopra. Dans un cas sur deux environ, le DSI ne participe pas aux comités de direction et ce, alors même que "le système d’information, et donc la DSI, est perçu de plus en plus comme un levier au service de la collectivité pour réussir sa modernisation".

Des DSI en culottes courtes

Cette position paradoxale résulte certainement pour partie de la relative jeunesse des DSI au sein des collectivités : 75 /% des directions des systèmes d'information, nées de la transformation de fonctions support, ont moins de 10 ans.

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Rançon de cette jeunesse, les investissements des collectivités se focalisent avant tout sur le renforcement des infrastructures ou sur les outils, montrant le besoin pour ces "jeunes" DSI de consolider leurs fondations. Même si les moyens consacrés à la dématérialisation ou aux applicatifs métier arrivent juste derrière ces deux items.

Malgré la prise de conscience affichée par les élus, les moyens des DSI de collectivités restent limités. "Sur des marchés dits de services, où le système d’information est au cœur des organisations mises en place, des études montrent qu’il n’est pas rare de mobiliser de 3 à 5 % de son chiffre d’affaires pour le système d’information et son fonctionnement (matériels, réseaux…)", notent les auteurs. Qui relèvent ensuite que les collectivités consacrent moins de 2 % de leurs budgets aux systèmes d’information et infrastructures associées, à l’exception de quelques villes où la fourchette monte entre 2 et 4 %. Selon l'étude, en moyenne, le budget annuel SI par habitant se monte à 24 € pour les villes, 8 € pour les EPCI, 7 € pour les départements et 1 € pour les régions.

graphique2Dans plus de la moitié des grandes collectivités qui ont répondu à l’enquête, le budget de la DSI s’est stabilisé, voire a baissé, au cours des trois dernières années. Parmi les autres, la situation est très disparate, avec même de fortes hausses dans un tiers des régions. Etonnamment, malgré les enjeux croissants et la volonté affichée des élus, les perspectives ne sont guère différentes : là encore, une majeure partie des DSI interrogés prévoit au mieux une stabilisation des budgets. Une prévision plus sombre que celle émanant de Markess en décembre dernier, qui de son côté anticipait une croissance des budgets IT de 3 % en 2009.

graphique3Selon l'étude de Sopra, une fois encore, les régions échapperont au marasme : près de trois DSI sur dix y anticipent une hausse de leurs subsides pour les trois ans à venir. Une exception assez logique car ce sont les régions précisément qui ont été le plus impactées par la loi du 13 août 2004, entraînant un élargissement du champ d'action de ces collectivités. 93 % des DSI de région interrogés estiment que cette loi a eu un impact sur les systèmes d'informations qu'ils pilotent.

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