Grâce à VMware, Google privatise App Engine et concrétise le Cloud portable

Google se paie un allié de choix pour supporter sa stratégie Cloud auprès des entreprises. Google App Engine for business aura pour socle le n°1 de la virtualisation VMware, couplé à l'environnement de développement Java SpringSource. Un accord qui d’abord fait sauter théoriquement l’un des principaux verrous du nuage : la portabilité entre Cloud. Mais également fait entrer App Engine dans le cercle des fournisseurs de Cloud dit privé.

Le Paas (Platform-as-a-service) Google passe le premier sas des entreprises. A l’occasion de sa conférence développeurs Google I/O, la firme de Mountain a décidé de monter d’un cran son arsenal Cloud pour mieux coller aux attentes des entreprises. Et le groupe a trouvé en la matière un allié de poids. C’est avec VMware et sa filiale SpringSource (fruit d'un rachat à l'été 2009) que Mountain View a pactisé pour attirer les entreprises vers son nuage App Engine (le Paas du groupe). Objectifs : fournir une preuve concrète de portabilité d’applications entre Cloud et amener App Engine sur le segment du Cloud dit privé. Là où Google était largement devancé par son concurrent Amazon, et son Virtual Private Cloud.

Dans le détail, ce mariage entre les deux ténors du Cloud et de la virtualisation vise à permettre aux développeurs et aux entreprises de déployer leurs applications vers App Engine, d’une part, mais également de les porter vers tous les autres nuages, d’abord publics comme Amazon EC2, mais aussi privés. Techniquement - et c’est là l’intérêt du partenariat -,  Spring, le framework Java n°1 auprès des entreprises, ainsi que son éco-système d’outils de développement deviennent le modèle de programmation préféré pour le Paas de Google, comme l’indique Rod Johnson, le directeur général de SpringSource. A ce titre, l’outil de RAD (Rapid Application Development), Roo, s’intégrera étroitement avec GWT (Google Web Toolkit), tout comme les outils de monitoring du nuage des deux partenaires (Spring Insight et Google Speed Tracer).

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Faire sauter le verrou du vendeur

En clair, le spécialiste du développement racheté par VMware en 2009 devient la passerelle de programmation transversale de choix entre tous les Cloud. Une réponse à la portabilité des applications inter-nuages, généralement considérée par les entreprises comme l’un des premiers freins à l’adoption du Cloud Computing. Pour Maxime Gaillard, Pdg de la société StarX, spécialisée dans l’intégration Amazon, cet accord s’inscrit dans une tendance visant à “faire sauter le verrou du verrouillage par un fournisseur”, qui rend une entreprise dépendante d'un unique éditeur. Selon lui, il s'agit là d'un des facteurs clés conditionnant l'évolution du Cloud.

Pour Julien Dubois, ex-responsable France de SpringSource et actuel dirigeant de Responcia, qui commercialise une offre de service autour de Spring, cet accord constitue bien un grand pas en avant dans la portabilité des applications entre Cloud, mais débouche également sur un gain énorme en matière de compétence en développement. “Spring reste le pilier central des développements. Il est donc plus facile de monter des sites, car les compétences sont les mêmes”, explique-t-il. En clair, plus besoin de recruter des développeurs spécialisés 100% Cloud.

Google se résout au Cloud privé

Mais cet accord a également un autre impact : il dote App Engine d’un pendant privé (comme les infrastructures reposant sur vSphere rendues interopérables via ce partenariat), la configuration de Cloud la plus encline à capturer l’attention des entreprises aujourd’hui. Une mini-révolution pour Google, qui jusqu'alors restait attaché à des infrastructures publiques plus conformes à son histoire et à sa culture.

Un bon point donc surtout que Google a également décidé de revoir son offre App Engine pour le segment pro en annonçant App Engine for Business - toujours dans le cadre de Google I/O. Une offre de Paas taillée sur mesure pour les entreprises qui comprend notamment des possibilités d’administration centralisées, un SLA (Service Level Agreement) de 99,9 % inclus dans une offre de support Premium, un prix fixe de 8 $ par utilisateur (plafonné à 1000 $) pour chaque application et, à venir, le support de SSL et celui de bases SQL. Ce dernier constitue un passage obligé pour Google qui doit se doter d’une base de données relationnelle pour compléter son offre vers les professionnels. Aujourd’hui, Google ne propose que BigTable, une base non-relationnelle.

Quel intérêt pour VMware ?

Reste toutefois une véritable question. Quelles sont les motivations de VMware de se rapprocher du Paas de Google ?  Rappelons que le n°1 de la virtualisation a déjà scellé un accord cadre avec Salesforce, autour de VMForce.com. “Pourquoi VMware chercherait-il à se rapprocher d’un concurrent direct de Salesforce ?, s’interroge Julien Dubois. Surtout quand on sait que Google reste imbattable sur les prix”.

Réponse de VMware formulée par Dave Wright, vice-président EMEA en charge de la technologie chez l’éditeur, dans un email envoyé à la rédaction : “notre collaboration avec Google, conjuguée à notre alliance stratégique avec Salesforce et les acquisitions de GemStone Systems [éditeur d’une solution de gestionnaire de cache de bases de données distribuées, NDLR] et de Rabbit Technologies [éditeur d’une solution de gestion des messages entre applications Cloud, NDLR] viennent tous étayer notre stratégie clairement définie visant à porter les applications tant pour le Cloud privé que pour le Cloud public. Notre relation avec Google est une collaboration technique et tout y est question de portabilité dans le Cloud. Nous ne souhaitons pas que les clients soient enfermés dans une technologie particulière, chez un fournisseur de Cloud. Nous ne souhaitons pas davantage qu'une application développée pour une plate-forme spécifique ou pour un type d’appareil ne puisse pas être porté sur le Web ou pour un autre terminal. Ensemble avec Google, nous fournissons les outils et l’infrastructure pour résoudre ce problème. Cette collaboration nous permet de créer une intégration de premier ordre entre Spring d'un côté, la plate-forme et les technologies Google de l'autre, donnant aux développeurs la flexibilité et le choix dont ils ont besoin pour construire et déployer des applications professionnelles dans le Cloud”.

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