EMC et VMWare filialisent leurs activités Paas et Big Data

VMware et EMC ont confirmé placer leurs activités Cloud, Big Data et développement d’applications dans une nouvelle entité baptisée Pivotal Initiative, dirigée par Paul Maritz. Cette entité compte profiter de l’influx des deux marques, mais risque d’être confrontée aux mêmes problématiques de marché que les autres start-up, si l’on en croit les analystes.

VMware et sa maison mère EMC ont annoncé la création d’une nouvelle «entreprise virtuelle» baptisée Pivotal Initiative dont l’objectif est de ré-aligner, sous un même étendard, les plates-formes cloud et Big Data du groupe. Quelque 1 400 employés, issues des divisions Greenplum et Pivotal Labs (pour la partie Big Data), vFabric (Spring et Gemfire compris), Cloud Foundry et Cetas seront désormais placés dans cette nouvelle entité, dont les contours juridiques doivent encore perte déterminés. Paul Maritz (en photo), qui avait quitté la direction d’EMC en juillet dernier, remplacé par Pat Gelsinger, en prendra les rênes.

Depuis, Maritz avait pris le rôle transversal, axés sur la stratégie globale d’EMC (en tant que Chief Strategy Officer). Les rumeurs de cette spin-off des activités Cloud et Big Data couraient justement depuis le changement de position de Paul Maritz. En début de semaine, ces rumeurs étaient devenues plus précises - on parlait notamment d’une filiation des activités liées à Cloud Foundry, le Paas du groupe - poussant les analystes du secteur ainsi que les partenaires à s’interroger sur le bien-fondé d’une telle opération pour les deux sociétés.

Dans le détail, cette entité «virtuelle», comme le souligne EMC, associera ainsi les travaux ainsi que les ressources liées au Big Data avec Greenplum, la division base de données et BI du groupe - qui propose notamment une distribution Hadoop - à Cetas, une société rachetée par VMware en avril 2012, spécialisée dans l’analytique Big Data. A cette dimension, Pivotal Initiative associera également la couche middleware et outils de développement, issue de vFabric.

Ainsi SpringSource et Gemfire (la plate-forme de Gemstone), deux sociétés rachetées coup sur coup par VMware pour étoffer son portefeuille de déploiement d’application dans le cloud y seront intégrés. La première développe le framework Java Spring alors que la seconde propose une technologie de base in-memory en environnement distribué.

Un risque commercial

«C’est encore tôt sur le marché, et disposer d’une force de vente dédiée, qui ne soit pas liée aux caprices politiques des entreprises, qui représentent les revenus les plus importants pour VMware, n’est pas une mauvaise chose», commente John Treadway, vice président de Cloud Technology Partners, un fournisseur de services Cloud, partenaire de VMware.

Toutefois, il nuance et se demande si cette nouvelle organisation ne risque pas de perdre le cachet de deux autres sociétés et surtout leurs relations, fortes et établies, avec les entreprises. «Ils ne sont pas les seules à adopter cette stratégie, et il existe ainsi un risque à ce qu’ils ne récoltent pas le succès escompté ou peinent à prolonger les bons rapports que ces deux sociétés entretiennent avec les entreprises, d’un point de vue commercial», affirme-t-il.

«Cloud Foundry, SpringSource et les autres outils de développements sont quelque peu des citoyens de second plan chez VMware, qui ciblent des clients très différents (comme les développeurs d’applications) des autres activités du groupe», affirme Shlomo Swidler, CEO du cabinet de conseil Orchestratus. «Créer une nouvelle division, de premier ordre, montre l’engagement de la société envers les développeurs d’applications.»

Mais, cette nouvelle division pourrait être confrontée aux mêmes enjeux que rencontrent n’importe quelle autre start-up du secteur, malgré les deux grands noms qui se trouvent derrière, tiennent à rappeler les analystes du cabinet IDC. Elle rivalisera avec d’autres sociétés présents sur le marché du développement d’applications, allant d’AWS à Microsoft avec Azure ou encore des start-up comme CloudBees ou DotCloud. «VMware essaie de trouver un moyen pour monétiser ces technologies, étant donné que la plupart ont des souches dans l’Open Source», ajoute Al Hilwa, directeur pour le développement d’application chez IDC.

«Paul Maritz a certainement la passion et les compétences pour faire avancer ces opérations, mais les enjeux de marché resteront les mêmes, quelle que soit la structure organisationnelle.» Aucun impact sur les accords existants ainsi que sur les contrats de support n’est prévu. Les clients ainsi que les partenaires peuvent poursuivre leurs achats auprès des deux entreprises pendant cette phase de ré-alignement, a confirmé VMware dans une FAQ.

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