Rachat de SpringSource : VMware se verrait bien en Microsoft 2.0

VMware a annoncé hier le rachat de SpringSource, la société qui pilote le développement du framework Java Spring. Avec cette acquisition, VMware met la main sur une couche middleware Java complète, sur le framework Java le plus populaire du monde et sur une gamme d'outils de développement et de gestion de la performance applicative. De quoi bâtir une plate-forme applicative virtualisée capable de rivaliser avec Windows .Net, mais aussi avec les offres de Red Hat, Oracle ou IBM.

Confronté à une concurrence de plus en plus virulente sur son marché historique, celui de la virtualisation de serveur, VMware poursuit sa diversification. Après avoir multiplié les rachats dans les outils d'administration et dans les technologies de virtualisation de postes de travail, la filiale d'EMC a annoncé hier l'acquisition pour 362 M$ de SpringSource, le développeur historique du framework Java Spring. Ce prix est également assorti de la distribution de 58 M$ d'actions VMware et de stock-options VMware aux employés de SpringSource.

Une couche complète de middleware Java et d'outils de développements

Ce rachat permet à l'offre de VMware de s'enrichir d'une gamme de middleware Java complète allant du serveur d'application J2EE (compatible OSGi) aux outils de développement en passant par la case framework. VMware met aussi la main sur les outils d'administration de performance d'Hyperic, une société récemment rachetée par SpringSource.

VMware et SpringSource avaient déjà noué une alliance pour simplifier le développement et le déploiement d'applications Java sur des environnements virtualisés. Avec le rachat, les deux sociétés devraient encore rapprocher leurs offres et il ne serait pas totalement étonnant de voir l'offre de middleware de SpringSource être packagée de telle sorte à ce qu'elle soit directement installable et instanciable sous la forme de machines virtuelles prêtes à l'emploi.

On peut ainsi imaginer voir apparaître assez rapidement une offre SpringSource permettant de déployer ses applications Java directement sur un cluster de serveurs vSphere sans l'assistance d'un système d'exploitation additionnel. Si cette hypothèse se confirmait, VMware changerait encore d'échelle et disposerait d'une plate-forme applicative virtualisée complète à l'instar de l'offre Windows Server / .Net de Microsoft. Une forme de réponse du berger à la bergère, où VMware viendrait concurrencer Microsoft sur le terrain de l'applicatif, quand le géant de Redmond vient le chercher sur le terrain de la virtualisation.

Il est à noter qu'une plate-forme convergée vSphere / SpringSource serait aussi directement concurrente de la future offre RedHat / JBoss ou de ce sur quoi travaille sans aucun doute Oracle avec sa stack de virtualisation, son OS et sa couche middleware. Pour mémoire, Paul Maritz, le patron de VMware, a piloté le développement de l'offre .Net chez Microsot tandis que Tod Nielsen, le directeur opérationnel de la firme a aussi travaillé sur .Net avant de plancher sur l'offre Java de BEA...

Développer une nouvelle architecture applicative distribuée pour le "cloud"

"Les environnements informatiques modernes sont en train d'évoluer vers un monde centré sur les applications et les données et motorisé par des plates-formes virtualisées en nuage", explique Maritz pour justifier l'acquisition de Springsource. Et de rappeler qu'en combinant les actifs de VMware et de SpringSource, la société se retrouve au carrefour de ce nouveau monde. Maritz n'a sans doute pas tout à fait tort, mais il est loin d'être visionaire en la matière. En s'attaquant très tôt au concept de "grid", l'ancêtre technique et marketing de ce que l'on appelle aujourd'hui le "cloud", Oracle et BEA, aujourd'hui réunis en une seule société, avaient très tôt ouvert la voie à des architectures middleware massivement distribuées.

VMware et SpringSource entendent développer un concept baptisé PaaS (Platform as a Service), qui permettra aux entreprises de déployer leurs applications Java à leur choix : sur leur propre infrastructure virtualisée interne ou sur une architecture virtualisée et externalisée. Et les deux sociétés ont toutes les cartes en main pour réussir : VMware contrôle encore près de 90% du marché de la virtualisation, tandis que le framework Spring est utilisé dans près de la moitié des projets Java dans le monde et compte une base de près de deux millions de développeurs. 

Ces derniers peuvent déployer leurs applications sur les grands middleware Java commerciaux comme ceux d'IBM ou Oracle, mais ils peuvent aussi, du fait de la portabilité que confère Spring à leurs applications, choisir des solutions plus légères et moins coûteuses comme les middleware de SpringSource. De quoi renforcer encore un peu plus l'acrimonie entre Oracle et VMware, mais aussi de quoi agacer d'autres partenaires de l'éditeur comme IBM et Red Hat. 

Vers une guerre de titans pour la définition des architectures en nuage

En redessinant les frontières des systèmes d'exploitation, on se doutait que les hyperviseurs finiraient aussi par avoir un impact sur les middlewares applicatifs et sur la façon de développer et de déployer des applications. L'acquisition de SpringSource signale sans doute l'arrivée à maturité de cette réflexion, mais aussi le début d'un nouvel affrontement entre titans sur le marché des systèmes d'exploitation et des middlewares. Avec Microsoft, Red Hat et Oracle bien sûr. Mais il faudra donc également compter avec VMware.

IBM, qui était jusqu'alors un proche partenaire de VMware, est aujourd'hui le seul dans cette bataille à ne disposer ni d'une couche OS x86 ni d'une couche de virtualisation propre. De quoi sans doute relancer les spéculations d'acquisition par Big Blue de Novell et Citrix.

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