Avec VMforce, Salesforce joue la carte de Java et du Cloud pour asseoir ses positions

Stratégie offensive ou défensive ? S’appuyant, d’un côté, sur les solutions d’infrastructure virtualisée de VMware et, de l’autre, sur le framework Java Spring acquis par le même VMware en août dernier, Salesforce joue l’ouverture. Une ouverture qui doit lui permettre de résister à la pression de ses concurrents dans le monde du Cloud Computing, à commencer par Microsoft avec Azure. Mais également d’élargir son écosystème de développeurs en faisant tomber la barrière de l’apprentissage de son langage maison, Apex. Et peut-être, ainsi, de conforter ses positions sur le marché en jouant la carte d’une offre applicative plus riche.

Après un intense teasing depuis deux semaines, VMware et SalesForce ont finalement présenté hier VMforce.com. Et, comme attendu, cette nouvelle plate-forme en nuage a pour but , d’élargir le spectre des applications catapultables dans le nuage Salesforce. Mais pas au travers de machines virtuelles, comme certains ont pu l’imaginer initialement : VMforce.com, c’est avant tout une plate-forme permettant l’exécution d’applications Java d’entreprise dans le nuage. C’est d'ailleurs la raison du partenariat noué par SalesForce avec VMware : VMforce va en effet s'appuyer sur les technologies issues du rachat de SpringSource par VMware  en août 2009 , à savoir le framework Spring et le serveur d'application tc Server, ainsi que sur vSphere pour déployer les  applications Java de ses clients (voir à ce propos notre article intitulé "Rachat de SpringSource : VMware se verrait bien en Microsoft 2.0").

vmforcecloud

La pile logicielle de VMforce.com telle que décrite par Salesforce.com

 

Un serveur applicatif Java clé en main, dans le nuage

Concrètement, VMforce fournit à ses clients une infrastructure en nuage d'exécution d'applications Java. Ce nuage, supporte les objets Pojo (Plain Old Java Objects) et les JSP, de même que les Servlets Java, en s’appuyant sur le framework Spring. Le tout étant propulsé par la version SpringSource de Tomcat, tc Server. Comme l’indiquent Salesforce et VMware, « les développeurs peuvent traiter leur compte VMforce comme une simple instance locale Tomcat dotée d’une capacité incroyable de montée en puissance. » L’ensemble est encapsulé dans des machines virtuelles portées par une infrastructure virtualisée avec vSphere. Les applications peuvent s’appuyer sur les bases de données de Force.com ainsi que sur les services proposés par cette plateforme. Pas de rupture, donc, pour les habitués de la plateforme Force.com – gratuite, avec certaines limites, depuis l’été dernier – mais une ouverture conséquente : pour profiter des ressources du nuage de Salesforce, il ne sera bientôt plus obligatoire de se frotter à Apex, le langage propriétaire de Salesforce.

Répondre à Amazon, Google, et Microsoft

Pour Jean-Yves Grisi, qui a fondé, il y a un an, la société Karoo, spécialisée dans le développement offshore d’applications Salesforce, cette ouverture à Java constitue une évolution majeure. Selon lui, « Salesforce devait en passer par là pour rester crédible face à ses concurrents sur le Cloud Computing. » Notamment, Google, qui supporte également les applications Java au sein d’App Engine, depuis le printemps dernier, et Microsoft, qui a récemment ouvert .Net au nuage avec Azure. Bref, rester arcbouté sur un langage maison alors que la concurrence joue l’ouverture risquait de ne pas rester viable très longtemps. Surtout, selon Jean-Yves Grisi, que, dans le cloud, « une partie de la bataille se jouera sur l’offre applicative métiers disponible. » S’ouvrir au plus grand nombre des développeurs apparaît donc autant comme un choix judicieux que comme un impératif concurrentiel.

Des développements moins coûteux ?

Pour les entreprises et les prestataires de services, Jean-Yves Grisi voit là un gain évident : « ce sera plus facile, pour tout le monde, de décider d’aller vers le nuage de Salesforce.com – nous avons déjà pu faire des applications stratégiques avec Apex, mais là, on parle d’un langage largement maîtrisé. » Surtout, la question des recrutements s’en trouvera simplifiée : « les développeurs Java pourront monter en compétences plus rapidement, même si, programmer pour le Cloud n’est pas exactement la même chose que développer pour une application locale. » Avec, à là clé, la promesse d’une meilleure rentabilité du fait de coûts de formation réduits. Un avantage, donc, mais aussi, pour les prestataires, un risque : « la barrière à l’entrée sera réduite ».  la concurrence sur le marché du développement d’applications pour le nuage de Salesforce pourrait s'en trouver renforcée, pour le plus grand bénéfice des entreprises clientes. 

VMforce doit ouvrir dans le courant de l'automne - sans doute parce que la plate-forme est dépendante de versions d'applications VMware non encore disponibles. Aucune information tarifaire n'a été communiquée.

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