Bull : Crescendo prend les rênes, Philippe Vannier nommé Pdg

Sans surprise, Philippe Vannier prend la direction de Bull, succédant à Didier Lamouche parti le 28 avril dernier. Président du directoire de Crescendo Industrie, la holding d’investissements et actionnaire principal du constructeur français, il prend la barre, seulement 5 mois après son arrivée au sein du groupe.

C’est officiel depuis lundi 10 mai dans la soirée. Suite à un conseil d’administration extraordinaire, Bull a résolu le problème né le 28 avril dernier du fait du départ surprise de Didier Lamouche, officiellement pour "raisons personnelles". Et c'est le nouvel actionnaire principal - le fonds Crescendo Industrie - qui a poussé un peu plus loin sa stratégie en imposant son homme fort. Tout sauf une surprise dès lors que l'on donnait du crédit à l'information de notre confrère La Tribune qui estimait, citant des sources internes anonymes, que le départ de Lamouche était le fruit d'un désaccord avec son principal actionnaire, fort de ses 20 % de capital.

C’est donc Philippe Vannier, le président du directoire de Crescendo Industries, qui prend les rênes du groupe informatique historique français. Dominique Lesourd, autre fondateur de Crescendo Industries et également sur la liste des potentiels successeurs de Lamouche, n’a pas été retenu. Ce qui n'empêchera pas Philippe Vannier de jouer les cumulards, un communiqué de presse de Bull précisant qu'il préservera son poste au sein de la holding d’investissements. Tout les pouvoirs donc après une ascension fulgurante liée au rachat d'Amesys - qu'il dirigeait et déjà propriété de Crescendo - par Bull en janvier dernier.

Une santé opérationnelle retrouvée

La prise de contrôle des opérations est d'autant plus évidente que, dans la foulée, le conseil d’administration de Bull entend se renouveller et remplacer six administrateurs sur onze. Les mandats d’administrateurs salariés ne seraient pas renouvelés, rapportent même Les Echos dans l'édition du 10 mai.

"Je suis particulièrement fier de prendre aujourd'hui la tête de Bull, fleuron de l'industrie informatique européenne. Bull a un portefeuille solide et cohérent de produits et de services qui sont les atouts majeurs de son développement et de sa croissance", déclare sobrement Philippe Vannier dans un communiqué. Sans toutefois oublier quelque fleurs pour les équipes de l’ère de Didier Lamouche qui - au vu de derniers résultats plutôt flatteurs - n'auront pas démérité en laissant un groupe en bonne santé. Reste que la nouvelle équipe entend bien tourner la page, Philippe Vannier expliquant que "après avoir réussi sa transformation, Bull rentre désormais dans une nouvelle étape de son développement, j'entends bien capitaliser sur la stratégie mise en œuvre par mes prédécesseurs".

“Redonner confiance aux marchés financiers”

Reste que les changements pourraient donc rapidement changer d'étage et, comme le prédit un analyste anonyme dans Les Echos, avec une capitalisation à peine supérieure d’un tiers au chiffre d’affaires de 2009, "le nouveau patron pourrait mettre davantage l’entreprise sous tension" afin de redonner confiance au marché...

Les syndicats l'ont bien compris et, de leur côté, demeurent sur la défensive. Dès le 3 mai, la CFDT analysait les tensions qui avaient conduit au départ de Didier Lamouche et s'interrogeait sur leur signification du point de vue de la politique sociale du groupe jadis public et désormais "sous la coupe d'une holding financière, ce qui lui fait craindre pour l'avenir de l'activité serveur et de certaines activités conjoncturellement déficitaire".

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