Atos lance une OPA sur Bull pour 620 M€

Atos lance une OPA amicale sur Bull et projette d'en faire sa marque pour les activités Big Data et cybersécurité.

La consolidation du secteur redessine rapidement le paysage des services IT en France. Après le mariage récent entre Steria et Sopra, Atos à son tour annonce le rachat d’un des derniers groupes historiques français : Bull. Une transaction surprise pour la SSII de Thierry Breton, alors que celle-ci s’est également engagée dans la course au rachat de Steria. Mais, il ne faut pas voir là un effet de calendrier, a rappelé Thierry Breton, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue ce matin : les deux dossiers ne sont pas corrélés. « Bull et Atos sont en discussion depuis plus d’un an et notre offre sur Steria continue de courrir », a indiqué le patron d’Atos.

Dans le cadre de cette transaction réalisée entièrement en numéraire, Atos propose 4,90 euros par action, soit une prime de 30% sur la valeur moyenne du titre Bull sur les 3 derniers mois. L’opération, qui a déjà été approuvée, à l’unanimité, par les deux Conseils d’Administration, est valorisée à quelque 620 millions d’euros.

Une fois la transaction finalisée, Atos- Bull donnera naissance à un ensemble de presque 10 milliards d’euros, avec pour objectif de se positionner très fortement sur « des secteurs très dynamiques qui affichent aujourd’hui des taux de croissance à deux chiffres », a précisé Philippe Vannier, Pdg du groupe lors de cette même conférence commune.

Avec Bull, explique Atos, la SSII compte ainsi donner un coup d’accélérateur à ses ambitions et donner un peu plus de consistance à son plan Ambition 2016. Le groupe de Thierry Breton entend s'appuyer sur les activités infogérance et intégration de systèmes de  Bull pour étoffer sa propre offre et se renforcer sur certains secteurs, comme la santé, les transports et le secteur public. Bull devrait gonfler de 500 millions d’euros les revenus d’Atos dans l’infogérance et de 300 millions d’euros dans l’intégration de systèmes. Au total, Atos devrait désormais dégager des revenus de l’ordre de 2 milliards d’euros dans l’Hexagone.

Mais ce n’est logiquement pas la seule « opportunité stratégique », comme l’indique Thierry Breton. Car avec Bull, Atos compte bien rapatrier les domaines d’expertise clé de Bull que sont le calcul hautes performances et les supercalculateurs ainsi que la sécurité des environnements critiques.

Bull, une bannière pour le Big Data et la Cybersécurité

L'intégration donnera ainsi naissance à une nouvelle entité au sein d’Atos qui préservera la marque Bull et au sein de laquelle seront rassemblées les activités Big Data et cybersécurité des deux entités. Deux domaines très imbriqués, a tenu à rappeler Philippe Vannier, qui prendra la direction de cette entité de la SSII, dont le chiffre d’affaires devrait atteindre 500 millions d’euros. L’idée, ont résumé de concert Philippe Vannier et Thierry Breton, est de proposer une offre de bout en bout. Le HPC de Bull servant d’épine dorsale aux calculs et aux opérations de traitement et d’analyse des données. Selon Thierry Breton, « nos clients communs nous demandent de stocker les données puis d’y opérer des traitements et des analyser ». Ce qui donc demande une grosse puissance de calcul. A cela seront associées « les compétences reconnues » de Bull en matière de sécurité informatique. Une activité qui a pesé 130 millions d’euros dans le CA du groupe en 2013. L’entité Bull donnera accès à quelque 2000 spécialistes en cybersécurité, a par ailleurs rappelé Thierry Breton.

Enfin, autre gain d’Atos dans cette transaction, le cloud. Les activités de Bull dans ce domaine seront versées dans Canopy, l’entité Cloud que la SSII a co-créée avec EMC et VMware. Atos récupère ainsi une forte expertise dans des domaines verticaux spécifiques, notamment dans celui de la Défense, mais également dans celui de la santé (Bull est hébergeur de données de santé). De quoi lui permettre d’accélérer sa croissance et d’atteindre plus rapidement ses objectifs (700 millions d’euros en 2016) en la matière, explique Charles Dehelly, directeur général adjoint, également présent lors de cette conférence.

Ironiquement, Atos prend également pied dans Numergy, co-entreprise fondée par Bull, SFR et la Caisse des dépôts (dans le cadre des investissements d’avenir du Grand Emprunt). Un projet de Cloud souverain (on compte également Cloudwatt) auquel Atos n’avait pas pu participer, malgré plusieurs appels du pied.  Avec Bull, les activités cloud d’Atos devrait désormais être assises sur un CA de 450 millions d’euros.

Des synergies de coûts, pas de plan social en France

Evidemment aussi complémentaires soient les portefeuilles technologiques, ce rapprochement des deux entités se justifie également par des synergies en matière de coûts, ont précisé les deux Pdg. Thierry Breton – qui rappelons le connait bien Bull pour avoir été son directeur général adjoint et son administrateur dans les années 90 / 2000 – a évoqué des économies de coûts de 80 millions en deux ans issues de ce rapprochement – dont 30 millions issues de « l’accélération du plan One Bull ». Un plan qui visait notamment à recentrer les activités du groupe autour du Cloud et du Big Data. « En mettant nos deux plans côte à côte », note Philippe Vannier, les projets des deux partenaires étaient « complémentaires ».

Des travaux de consolidation des datacenters ainsi que du parc immobilier seront également effectués. Des plans de rationalisation seront également menés dans les pays où les deux partenaires sont présents. « Une réduction des coûts indirects de 30 millions d’euros dans les entités  internationales du nouveau groupe et sur les fonctions support » y est évoquée.

 Toutefois, a rassuré Thierry Breton, aucun plan social n’est prévu en France. Philippe Vannier rappelle, quant à lui, que « l’attrition naturelle [environ 10%, NDLR] est suffisante » pour assurer les objectifs.

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