Atos Worldline : premier conflit social pour Thierry Breton, critiqué pour le gel des salaires

Craignant de voir leur situation sacrifiée sur l'autel de Top, le programme d'amélioration des marges, les salariés de Worldline, la filiale d'Atos-Origin spécialisée dans les transactions électroniques, débutent un mouvement de protestation contre la politique de gel des salaires du groupe.

La reprise s'amorce et la question de l'évolution des salaires dans les SSII, qui avait agité la profession en 2008, revient sur le devant de la scène. Un premier mouvement s'amorce au sein de Worldline, la filiale spécialisée dans le traitement des transactions électroniques d'Atos-Origin, où des assemblées générales d'information se sont déjà tenues sur une dizaine de sites de la société (Seclin dans le Nord, La Défense, Blois, Rennes, etc.). "La négociation annuelle obligatoire sur les salaires a été différée par la direction, qui a tergiversé", explique une déléguée syndicale CFDT. Laissant la place à une rumeur de blocage des rémunérations en 2010. Aujourd'hui, alors que s'ouvre une négociation sur les salaires dans la filiale, les salariés inquiets ont prévu de se réunir devant les principaux sites de Worldline, à l'appel d'une intersyndicale réunissant CFDT, CGT et CFTC. Les syndicats espèrent une forte mobilisation sur la base de la grogne ressentie chez les salariés. Aux assemblées d'information, plus de 200 personnes se sont réunies à Blois ; 350 à Seclin ; une centaine à la Défense, selon les chiffres de la CFDT, qui parle de "salariés très demandeurs d'action".

Remise en cause d'autres avantages ?

La raison de cette mobilisation ? Les salariés de Worldline n'ont pas envie de faire les frais du programme Top (Total Operational Performance), un plan de transformation de l'entreprise visant à améliorer le fonctionnement de la SSII, notamment via des programmes de réduction des coûts. Et de subir la politique salariale du groupe, "soit un blocage ou un quasi-blocage des rémunérations", explique la CFDT. "Chez Wordline, les salariés ont l'habitude d'une politique salariale adaptée aux résultats de la filiale", explique la déléguée de la confédération. Alors que la filiale a signé une année 2009 correcte, ses troupes craignent aujourd'hui de se voir alignées sur les standards du groupe, afin de parvenir aux objectifs assignés par Thierry Breton (qui s'est fixé pour objectif de relever graduellement la marge d'Atos-Origin pour la porter aux niveaux des meilleurs dès 2011). En plus, les syndicats craignent une remise en cause des avantages spécifiques à Worldline (notamment le système d'intéressement et les statuts qui accordent 7 jours supplémentaires de congés à ces salariés).

Si le mouvement est parti de la branche spécialisée dans les transactions, la CFDT envisage une extension aux deux autres métiers du groupe, où des intersyndicales se sont également constituées. "On sent le mouvement gagner d'autres branches", explique la déléguée de la CFDT. Pour 2010, la branche infogérance a, elle, obtenu de la direction une progression de 0,4 % de l'enveloppe salariale. La division intégration devant, elle, se contenter de 0,27 %.

Rappelons que le programme Top a déjà provoqué quelques remous chez les salariés de la SSII, notamment en raison des mutations que la direction a tenté d'imposer à des salariés de la branche intégration. Le déménagement des équipes franciliennes vers les nouveaux locaux de Bezons - déménagement qui se traduira par des économies pour le groupe - provoque également quelques tensions.

IBM : bisbilles sur les parts variables

Chez IBM France, si les négociations annuelles sur les salaires ne sont pas encore à l'ordre du jour, les syndicats s'opposent à une modification des règles portant sur le versement des rémunérations variables, touchant 2 000 des 9 000 salariés hexagonaux de Big Blue. En cause : le passage de cette part variable de 30 à 45 % de la rémunération totale et une modification des critères de versement (avec une courbe moins lissée). "Nous avons demandé une expertise aux CHSCT afin de statuer sur ces signatures d'avenant que la direction tente d'imposer aux salariés", explique un délégué CFDT de Big Blue.

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