Arrivée de Free Mobile dans la 3G : la réponse de Huawei

Suite à notre article de la fin de semaine dernière, parlant des pressions exercées sur Free en matière de choix d'équipementiers, le Chinois Huawei nous a envoyé une réaction.

Suite à notre article de vendredi dernier, soulignant les pressions s'exerçant en coulisses pour que l'arrivée de Free sur le marché de la téléphonie mobile (via la quatrième licence 3G) ne s'accompagne pas de commandes exclusives à Huawei, la filiale locale de l'équipementier chinois nous a envoyé, par écrit, une réaction dont nous publions les principaux extraits ci-dessous :

"En ce qui concerne les rumeurs de recours supposé de Free à du matériel Huawei pour la construction du réseau 3G, elles ne sont pas fondées. Dans l’état actuel des choses, rien ne permet aujourd’hui de dire que le nouvel opérateur se fournira chez l’un ou l’autre des équipementiers présents sur le marché.

Contrairement aux affirmations de la source anonyme que vous citez, Huawei n’est absolument pas aidé financièrement par le gouvernement chinois. Nous publions notre rapport annuel financier chaque année vérifié par le cabinet KPMG dans lequel vous pouvez y lire l’intégralité de notre situation financière. Je vous invite d’ailleurs à télécharger notre rapport financier pour l’année 2008 qui est disponible à l’adresse suivante :  http://www.huawei.com/corporate_information/annual_report/annual_report_2008/financial_report.do

En avril 2010, nous publierons notre rapport financier pour l’année 2009 et je vous confirme que l’intégralité de notre financement provient d’emprunts bancaires dûment remboursés ou des revenus générés par notre propre activité."

Signalons que, dans l'article en question, nous n'indiquions en aucune façon qu'un contrat entre Huawei et Free Mobile avait été signé, mais que des négociations avaient eu lieu en coulisses, en marge de l'attribution de la licence 3G, pour que le nouvel entrant ne bâtisse pas ses infrastructures uniquement à base d'équipements Huawei. D'ailleurs, en dehors de tractations plus discrètes sur le sujet, ce thème faisait clairement partie des préoccupations de la journée de mobilisation européenne des salariés des télécoms, le 10 novembre dernier, orchestrée par l'intersyndicale d'Alcatel-Lucent. Cette journée a notamment été marquée par une manifestation devant les locaux du régulateur des télécoms, l'Arcep. Dans la rencontre qui a suivi entre le président de l'Autorité (Jean-Ludovic Silicani) et les organisations syndicales (le 13 novembre), le sujet a d'ailleurs été clairement mis sur la table. Dans un compte-rendu de cette rencontre, on peut ainsi lire : "Concernant les conséquences du dumping des industriels asiatiques et indiens sur la sécurité des réseaux et l’indépendance nationale, il (Jean-Ludovic Silicani, NDLR) a estimé qu’il s’agit d’un vrai problème de politique industrielle. Il nous (les organisations syndicales, NDLR) encourage à traiter le sujet avec les ministères concernés."

En ce qui concerne la citation que nous avons publiée mettant en cause le manque de transparence de Huawei, elle est révélatrice du discours ambiant et des inquiétudes des salariés français des télécoms. La société chinoise (non cotée) publie effectivement un document très succinct sur son activité annuelle. Nous invitons nos lecteurs à se faire leur propre opinion en le téléchargeant (sous Mac OS, ajouter l'extension pdf aux documents téléchargés).

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