Fibre optique : le gendarme des télécoms tord le bras de France Télécom, Free pavoise

L'autorité de régulation des télécoms veut accélérer les déploiements de la fibre jusqu'aux domiciles des abonnés en précisant le cadre réglementaire. Tout opérateur retenu pour équiper un immeuble devra, si ses concurrents en font la demande, installer des fibres additionnelles à même de délivrer les services de ces derniers. L'option défendue par Free et que combattait l'opérateur historique.

Mettre fin aux guerres de chapelle. En publiant ce matin son projet de cadre juridique, encore soumis à consultation publique, sur la mutualisation des infrastructures de fibre optique dans les zones très densément peuplées, l'Autorité de régulation des télécoms opte clairement pour la solution préconisée par Free : imposer à l'acteur dominant - France Télécom - de préinstaller dans les immeubles qu'il équipe, des fibres supplémentaires réservées à ses éventuels concurrents. Maxime Lombardini, le directeur général d'Iliad (maison mère de Free), s'est d'ailleurs rapidement réjoui de ce choix. Cette solution dite multifibres concerne tous les immeubles où la mutualisation de l'équipement s'effectue au sein de la copropriété, soit 3 millions de foyers selon Jean-Ludovic Silicani, le président de l'Arcep interrogé ce matin par nos confrères des Echos.

La fibre piétine en France

"Dans ces zones, un opérateur pourra demander, dès l'origine, à l'opérateur chargé par la copropriété du fibrage de son immeuble, l'installation d'une fibre supplémentaire qui lui sera dédiée. Il devra toutefois prendre les coûts d'installation à sa charge, ainsi qu'une partie des coûts communs de la construction du réseau", explique le nouveau président de l'Arcep à nos confrères. Objectif de l'autorité : accélérer le déploiement de la fibre dans l'Hexagone, un déploiement qui piétine. Selon le dernier bilan du gendarme des télécoms, fin 2008, on comptait 170 000 abonnements à la fibre, mais 130 000 le sont en technologie FTTB (fiber to the building), une technologie déployée par le seul Numericable qui consiste à amener la fibre jusqu'au pied des immeubles puis à réexploiter les câbles coaxiaux existant.

4ème licence 3G : Free et un invité mystère
"Il y a une probabilité non négligeable qu'il y ait au moins deux candidats". Dans son interview aux Echos, Jean-Ludovic Silicani, président de l'Arcep, laisse entendre qu'il pourrait y avoir deux candidats à la future 4ème licence 3G. Tout en soulignant que les dossiers n'ont pas encore été déposés par les candidats et encore moins validés par l'autorité. On sait déjà que Free sera candidat, si on se réfère aux déclarations de Maxime Lombardini, le directeur général d'Iliad (maison mère de Free). La seconde candidature pourrait voir s'associer Numericable et l'opérateur mobile virtuel Virgin Mobile.
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Avec son cadre réglementaire, que Jean-Ludovic Silicani espère voir entrer en vigueur à l'automne, l'Arcep espère voir s'accélérer les déploiements en FTTH (fiber to the home). Jusqu'alors ces déploiements se heurtaient tant à des différends technologiques entre opérateurs (GPON pour Orange et SFR, point à point pour Free) qu'à cette fameuse question de la mutualisation des fibres et des équipements au sein des immeubles. Rappelons que l'Arcep avait publié un premier cadre réglementaire à l'automne dernier, mais ce dernier s'était révélé trop lâche pour trancher les querelles entre opérateurs.

Pour France Télécom, un choix qui plombe les investissements

Reste que cette future réglementation - qui précise un vide laissé par les dispositions de la Loi sur le modernisation de l'économie - ne fait pas l'unanimité. Loin de là. Jean-Ludovic Silicani estime que l'installation de plusieurs fibres implique "un surcoût de l'ordre de 5% de l'investissement total, qui sera à la charge de l'opérateur qui le demandera". Et ajoute : "se priver de la liberté de choix de l'opérateur pour une différence de coût aussi faible serait totalement déraisonnable". Mais, de son côté, France Télécom aboutit à un résultat totalement différent.

Dans une tribune parue vendredi dans Le Figaro - avant la décision de l'Arcep donc -, le président de France Télécom, Didier Lombard, écrivait : "Au sein des immeubles, l'évidence économique, l'intérêt général, mais aussi le confort des propriétaires et des locataires ont conduit tous les pays qui ont déjà déployé des réseaux à opter pour la solution dite «monofibre». Cette solution permet en effet d'optimiser le coût économique global de l'infrastructure, le surcoût des solutions alternatives (dites «multifibre») pouvant atteindre 40 %, sans aucun service ou débit supplémentaire". Selon lui, mettre en place plusieurs fibres par foyer - la solution retenue par l'Arcep donc - aboutirait à priver de la fibre "plus de 5 millions de foyers". Une menace à peine voilée que l'Arcep a décidé d'ignorer.

Pressée d'accélérer le déploiement dans les grandes agglomérations, elle a opportunément mis de côté la question du déploiement de la fibre dans les zones périurbaines et dans les campagnes et  vient à peinent de lancer des travaux "pour définir les conditions de déploiement de la fibre sur l’ensemble du territoire". Rappelons qu'il ne faut guère se faire d'illusions sur le sujet. Si le comportement des opérateurs alternatifs avec l'ADSL peut servir de référence, il faudra de longues années avant que le très haut débit de fasse son apparition dans les campagnes. Il est vrai que le gouvernement ne veut pas entendre parler d'un service public du haut débit et a fortiori du très haut débit, laissant le soin aux collectivités locales de palier les carences de l'initiative privée. La loi de la jungle appliquée aux télécoms, en quelque sorte...

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