Virginia Rometty devient la première femme nommée CEO d'IBM

A compter du 1er janvier, Virginia Rometty prendra la succession de Samuel Palmisano à la tête de Big Blue. Sa mission sera de poursuivre sur la voie de son prédécesseur afin de porter le bénéfice par action (EPS) de la firme à plus de 20 $ d'ici à 2015.

C'est la surprise du jour. Le conseil d'administration d'IBM vient d'officialiser la nomination de Virginia M. Rometty au poste de présidente et directrice générale de Big Blue. Mme Rometty prendra officiellement ses fonctions le 1er janvier 2012 et remplacera Samuel Palmisano, qui conservera la présidence du conseil d'administration. Virginia Rometty, chez IBM depuis 1981, est actuellement vice-présidente du groupe en charge des ventes, du marketing et de la stratégie. Elle sera la première femme dirigeante d'IBM (la première nommée vice-présidente avait été Ellen Hancock au début des années 1990).

Selon Palmisano, "Ginni Rometty a mené avec succès plusieurs des activités les plus importantes d'IBM au cours de la dernière décennie de la création d'IBM Global Business Services à la montée en puissance de l'activité marché émergents". Le patron de Big Blue vante notamment son excellence opérationnelle, mais aussi sa réflexion stratégique et son aptitude à anticiper l'évolution des besoins des clients".

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Virginia Rometty (à droite), prendra la
fonction de CEO et présidente d'IBM
le 1er janvier 2012 en remplacement
de Sam Palmisano.
(Crédit photo : IBM)


IBM : une société transformée après 10 ans de gouvernance Palmisano

Après avoir pris le relais de Lou Gerstner, Sam Palmisano, aura passé 10 ans à la tête d'IBM. La compagnie se félicite, sous son mandat, d'avoir abandonné des métiers en phase de banalisation (comme le PC, l'impression ou les disques durs) au profit de métiers à bien plus fortes marges. Palmisano a aussi mené, parfois au grand dam des salariés, l'expansion d'IBM dans les marchés émergents. De géant industriel, IBM s'est ainsi progressivement transformé en géant des services et du logiciel. Le tout, avec un focus impitoyable sur le ratio bénéfice par action, un indicateur multiplié par près de cinq en dix ans. Cette stratégie "financière", tenue à grands coups de rachats d'actions, est parfois critiquée. Certains lui reprochent en effet de fragiliser la position de trésorerie de Big Blue mais aussi d'amputer ses capacités d'investissements en matière de technologie.

On peut aussi noter que Big Blue a perdu, sous Sam Palmisano, son rang de première société informatique mondiale - au profit d'HP - et pourrait prochainement rétrograder au 3e rang au vu des performances actuelles d'Apple. Certains de ses concurrents, dont Oracle, ont aussi un rythme de croissance bien plus soutenu. Enfin, IBM doit faire face à l'émergence de nouveaux concurrents plus agiles et surtout plus rentables notamment dans la zone Asie Pacifique. Autant de points auxquels devra sans doute s'attaquer Virginia Rometty. Pas sûr pour autant que sa nomination apporte des changement radicaux à la course suivie depuis dix ans par Big Blue.

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