HP : comment les salariés français ont évité la délocalisation de 64 emplois

La CFTC HP relate sur son blog l’histoire d’une délocalisation de 64 emplois français vers la Bulgarie qui vient de connaître un épilogue heureux après dix mois de mobilisation des salariés et des syndicats.

Les délocalisations ne sont pas inéluctables. C’est ce que viennent de prouver un certain nombre de salariés français de HP en obtenant de la direction de renoncer à un projet de délocalisation qui devait frapper 64 des 166 salariés de GPSC EMEA (Global Parts Supply Chain), le service en charge de la logistique au sein de son centre de compétence PC Européen (HP CCF) basé à Grenoble.

« Alertés par le licenciement en octobre 2010 de leur directeur, qui avait affiché son opposition au projet, les salariés concernés sont immédiatement entrés en résistance », relate Guy Benoist, le délégué syndical central CFTC de HP CCF. Cinq cents salariés ont même débrayé pendant une heure en décembre dernier pour protester contre le licenciement de leur collègue. Une première.

« Il faut rappeler qu’en douze ans, le site a perdu 2400 emplois sur les 4.000 qu’il comptait à la fin des années 90, souligne Guy Benoist. Les salariés s’inquiètent de cette logique d’emplois industriels qui partent vers les pays à bas coûts, des conséquences économiques, de la désorganisation du service et de la perte de qualité que cela entraîne. »

À force de mobilisation, d’alertes et de menaces de procédure pour délit d’entrave, la CFTC a fini par obtenir début juillet, un engagement ferme de la direction d’abandonner son projet. Un abandon qui ne lui a pas causé grand sacrifice. Comme l’avait lui-même remarqué le manager licencié, la main d’œuvre ne représente que 2,6% du coût de la logistique.

Et même la direction financière du groupe n’avait semble-t-il pas validé l’intérêt économique de cette délocalisation estimant que le retour sur investissement n’était pas garanti à moyen terme. « Cette décision de délocaliser relevait plus d’une posture dogmatique que d’une justification économique », estime Guy Benoist qui relève que la France est classée parmi les pays où le groupe souhaite restreindre sa masse salariale.

Enfin, l’ouverture à la fin du mois de la négociation sur la gestion prévisionnelle des emplois et compétences (GPEC), que la direction souhaite fortement voir aboutir, a probablement joué un rôle dans sa décision d’abandonner son projet de délocalisation. Il est vrai qu’avec une telle menace pesant sur les salariés, la négociation aurait été bien mal engagée.

À noter qu’un projet comparable de transfert de 200 postes en Inde vient d’être annulé au sein de la filiale britannique, là encore à la mobilisation des salariés et des syndicats.

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