Dassault Systèmes se renforce sur les grands comptes avec l’activité PLM d’IBM

Dassault Systèmes s’apprête à racheter l’activité PLM – Product Lifecycle Management, ou gestion du cycle de vie des produits – d’IBM. Avec cette opération, l’éditeur français se renforce sur les grands comptes mais devrait aussi disposer de niveaux supérieurs de revenus récurrents. Une bonne affaire, mais pas seulement. Cet accord ouvre à la voie à l’élargissement d’un partenariat vieux de plus de 20 ans.

Dassault Systèmes va débourser 600 M$ pour intégrer l’activité PLM d’IBM. La fin d’un partenariat vieux de plus de 20 ans et le début d’un nouveau. Certes, le partenariat existant était lucratif : commercialement, IBM apportait surtout à Dassault Systèmes des clients grands comptes, pour, selon les sources, entre 40 et 50 % de son chiffre d’affaires [27 % en 2008, selon l'éditeur, NDLR] - "c'est assez lourd", souligne Ed Miller, président du cabinet de conseil spécialisé dans la PLM, CIMdata.

Reste que, avec des rachats comme celui de MatrixOne, Dassault Systèmes a pu développer ses propres forces de vente grands comptes : en 2006, MatrixOne a apporté des clients tels que Alcatel, General Electrics, Intel, Nokia, Philips, ou encore Procter & Gamble. Pour l’éditeur français, ce rachat est donc l’occasion d’unifier sa distribution grands comptes – en permettant au passage à ses clients de disposer d’un interlocuteur unique. Ou presque. Car, pour le support, Dassault Systèmes ne manque pas de s’associer localement les services de SSII partenaires. Bref, pour Ed Miller, "Dassault Systèmes finalise là une stratégie engagée depuis au moins quatre ans." Une opération cohérente, donc, mais surtout pertinente : l'éditeur "reprend le contrôle de ses clients." Et de clients au poids financier significatif.

Une bonne opération comptable

Mais, pour 600 M$, Dassault Systèmes s’offre aussi les moyens de consolider ses revenus récurrents – l’éditeur récupère en direct les contrats d’IBM PLM et les actifs associés. Au premier trimestre 2009, le chiffre d’affaires généré par de nouvelles licences a reculé de 35,8 % sur un an à 64,6 M€. A la même période, le CA généré par les licences existantes, la maintenance et le développement applicatif a progressé de 23,3 % sur un an, à près de 210 M€. Le chiffre d’affaires généré par les services est resté globalement stable. Dès 2010, donc, ce rachat - qui doit précisément être finalisé au premier semestre - devrait s’avérer largement relutif pour Dassault Systèmes : pour Ed Miller, l'activité PLM d'IBM "va aider significativement Dassault Systèmes" à faire progresser le chiffres d'affaires de ses activités de services mais aussi ceux générés par les licences existantes et la maintenance.

Ce n’est pas pour autant l’occasion d’un renoncement au partenariat qui lie de longue date Dassault Systèmes à IBM. Lors d’une conférence téléphonique, la direction de l’éditeur français a ainsi expliqué que le partenariat avec Big Blue serait recentré sur quelques domaines précis : les services financiers – de quoi faire d’IBM un partenaire financeur pour les clients de Dassault Systèmes –, notamment, mais aussi le développement de nouvelles générations d’outils de PLM, à la mode du Cloud Computing et du travail collaboratif, ou encore de solutions de middleware.

L'eldorado indien de Dassault Systèmes
Présent en Inde depuis 17 ans via des co-entreprises, Dassault Systèmes y a créé sa première filiale à 100 % fin 2007. Depuis, l’éditeur y a ouvert cinq bureaux de vente et des centres de développement à Pune, près de Mumbai, et à Bangalore. Ces deux centres assurent environ 40 % de la R&D de Dassault Systèmes, avec 1 200 personnes sur un total de plus de 3 400 collaborateurs dédiés à la recherche et développement. L’Inde fait partir des principaux marchés asiatiques de Dassault Systèmes. L’éditeur y collabore avec Infosys, TCS et Wipro, notamment, pour des clients tels que l’industriel Larsen & Toubro. Mais l’Inde représente un potentiel important pour l’éditeur, notamment avec le développement prochain du parc nucléaire civil local. Dassault Systèmes ne s’y est pas trompé et travaille actuellement au développement de cursus dédiés à ses outils dans les instituts technologiques indiens.

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