Avenir des technologies Sun : demain, Larry Ellison rase gratis

Plus d'investissements pour les processeurs Sparc, pour Java, pour Solaris... et pour MySQL. A l'occasion de la conférence utilisateurs d'Oracle - OpenWorld -, Larry Ellison s'est employé à rassurer sur l'avenir des technologies Sun. Sans toutefois apporter de réponses très concrètes.

Java, Solaris, les processeurs Sparc, les technologies de stockage : Oracle garde tout des joyaux de la couronne hérités de Sun. C'est en tout cas le message qu'ont voulu faire passer, lors d'OpenWorld (la conférence organisée par Oracle cette semaine à San Francisco), Larry Ellison, le Pdg de l'éditeur boulimique, et Scott McNealy, le fondateur de Sun. Ce dernier voit dans cette fusion "l'une des plus grandes opportunités de tous les temps en matière de R&D".

Promettant plus d'investissements sur Sparc que le niveau qu'y consacrait Sun, Ellison s'est dit prêt à croiser le fer avec IBM, prompt à railler la pertinence de la fusion : "nous pensons que la combinaison de Sun et d'Oracle est bien armée pour concurrencer avec succès le géant". Ce combat annoncé a déjà trouvé un premier théâtre d'opérations, avec les appliances pour bases de données. Rappelons que, sur une publicité de promotion de sa conférence, l'éditeur avait promis de pulvériser les chiffres de performances au test TPC-C du plus puissant des serveurs IBM, avec une configuration à base de puces Sparc sous Oracle 11g.

IBM-Oracle : premières escarmouches

Une annonce à laquelle IBM vient de répliquer en lançant, juste avant OpenWorld, PureScale, un cluster de base de données pour DB2. Même condamné pour publicité mensongère - pour avoir exploité un benchmark TPC-C qui n'était pas validé par l'organisme en charge de ces tests -, Ellison enfonce le clou et promet 10 millions de dollars à toute organisation qui lui prouverait que ses bases de données ne tournent au moins pas deux fois plus vite sur le matériel de Sun.

Mêmes assurances en ce qui concerne l'OS de Sun, Solaris, vu comme le système de choix pour faire tourner les bases Oracle. Plus sensible, l'avenir de la base de données libre MySQL a lui aussi été garanti, si l'on en croit Larry Ellison qui a promis là encore un accroissement des investissements.

Serveurs d'application et développement : des redondances

Si Oracle s'emploie à rassurer, il n'a toutefois pas précisé comment il comptait gérer les redondances entre les porte-feuilles de Sun et celui constitué au fil de ses (multiples) acquisitions. Ainsi, sur le segment des serveurs d'applications, Oracle dispose déjà des technologies héritées de BEA, aujourd'hui au centre de la stratégie maison, tandis que le serveur que l'éditeur possédait avant ce rachat a, lui, été placé en mode support. Sur ce même segment, Sun apportera dans la corbeille de mariée sa propre technologie, GlassFish (Open Source), dont il vient d'annoncer une nouvelle version. Même encombrement en ce qui concerne les IDE (environnements de développement), où Oracle dispose de son outil propre - JDeveloper - et supporte Eclipse. De son côté, Sun apportera son NetBeans.

Si les premières conférences d'OpenWorld ont également vu monter sur scène James Gosling, un vice-président de Sun souvent considéré comme l'un des pères de Java, et John Fowler, vice-président de Sun en charge de l'activité systèmes, le Pdg du constructeur californien - Jonathan Schwartz - a, lui, été aux abonnés absents. Déjà, lors de JavaOne, en juin dernier, à San Francisco, Jonathan Schwartz s'était fait remarquer par la discrétion avec laquelle il s'était éclipsé avant l'arrivée, sur scène, de Larry Ellison.

Fusion toujours bloquée par l'Europe

Rappelons que la fusion entre Oracle et Sun n'est toujours pas effective, faute de l'accord de la Commission européenne qui a lancé une enquête, pour évaluer les distorsions de concurrence que pourrait amener l'intégration de MySQL dans le giron du géant des bases de données. Fin septembre, lors d'une conférence au très huppé Churchill Club (San Jose, Californie), Larry Ellison a expliqué que ce blocage avait des conséquences sévères sur l'activité du constructeur qu'il rachète : "au rythme actuel, Sun perd 100 millions de dollars par mois", avait alors indiqué le Pdg d'Oracle.

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