Cloud computing : fournisseurs et analystes enthousiastes, utilisateurs plus circonspects

Promis à des lendemains qui chantent, le cloud computing pourrait bien tarder à émerger… chez les utilisateurs. Une nouvelle étude montre que les DSI ont d’autres chats à fouetter, même si les plus grands comptes gardent un œil prospectif sur la révolution annoncée. La sécurité du nuage est toujours un frein pour la plupart des entreprises.

Douche froide pour le cloud computing. Alors que, chez les fournisseurs, on semble estimer qu’il s’agit de la prochaine vague d’ampleur dans l’informatique d’entreprises côté infrastructure, une étude du cabinet Information Technology Intelligence (ITI) tend à montrer que, si cela devait arriver, il faudrait attendre au-delà de 2010. En effet, sur les 300 DSI interrogés (*), 15 % seulement affirment qu’ils adopteront pour partie une architecture en nuage au cours du prochain exercice. Surtout, 38 % dentre eux estiment ne pas avoir encore décidé de l’adoption ou pas de technologies reposant sur le cloud computing et 47 % disent clairement qu’ils ne s’y intéresseront pas dans un avenir proche. Principal frein selon ITI : la sécurité qui ne semble pas encore très fiable aux DSI, tant sur les cloud publics que privés. Ainsi, selon Laura DiDio, analyste chez ITI, « 85 % des entreprises n’implémenteront pas une infrastructure en nuage en 2009 par crainte que les fournisseurs ne soient pas capables de garantir la protection des données sensibles. »

 
Gartner affine un peu plus sa définition du cloud
Après avoir tancé l’industrie afin qu’une définition émerge du buzz autour du cloud computing et proposé sa propre grille de lecture fin 2008, Gartner en remet une couche. Le cabinet s’est fendu récemment de détails sur 5 attributs majeurs du cloud computing. Une manière également de faire progresser l’adoption du concept en insistant sur ses mérites.
Les cinq attributs sont :
- Une technologie résolument orientée services avec la prédominance de l’usage sur le fonctionnement et du « prêt à l’emploi ».
- Une architecture « scalable and elastic », c’est-à-dire évolutive tant dans ses performances que dans la capacité de l’utilisateur à la mobiliser à la demande.
- Une infrastructure de services « partagés », c’est-à-dire qui autorise les économies d’échelle par la mutualisation des ressources.
- Des services intégrant des outils de mesure et de reporting sur les usages afin de faciliter le paiement à l’acte.
- Une architecture reposant largement sur les standards du Web en terme d’authentification, d’échanges et de protocoles de communication.
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Il ne s’agit pas là de la première étude démontrant une attitude pour le moins circonspecte des utilisateurs, même si celle-ci est particulièrement négative. Depuis le début de l’année, Gartner multiplie les alertes estimant que – pour les utilisateurs – il est urgent d’attendre une montée en maturité des offres. Et ce d’autant qu’une définition claire du concept et des offres associées a du mal à s’imposer, chacun cherchant à tirer profit du buzz. Gartner vient de se fendre d’une énième analyse repositionnant le cloud computing autour des 5 caractéristiques qui en font un modèle d’avenir (voir encadré).

[A propos du cloud computing, lire notre dossier spécial : des services émergent derrière une dénomination enchantée]

De son côté, Forrester est un peu plus optimiste dans sa dernière étude avec une entreprise sur quatre de plus de 1 000 salariés qui aurait prévu d’utiliser sous peu des services hébergés de type Amazon, reposant sur une infrastructure de cloud computing. Pour les entreprises plus petites, le taux d’adoption prévu pour 2010 est inférieur à 20 %.

"Early adopters" : 8 % des DSI

Reste que si l’adoption par les utilisateurs est bien plus timorée que ne le laisse prévoir l’engouement des fournisseurs, des analystes voire de la presse spécialisée, le mouvement est tout de même bien engagé. 8 % des DSI interrogés par ITI affirment avoir déjà testé une application liée au cloud computing. Et les grandes entreprises, si elles accélèrent le mouvement en sortie de crise, pourraient bien créer un effet d’entraînement. Plus du tiers des comptes comptant plus de 3 000 utilisateurs finaux du SI regarde les offres de près.

(*) L’étude d’ITI porte sur 300 décideurs dans des entreprises allant des PME de 100 salariés à des comptes de plus de 100 000 employés dans différents secteurs. Si l’étude se veut mondiale (19 pays représentés), 85 % des personnes interrogées travaillent pour des groupes nord-américains.

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