L’Internet des objets manque encore de cas d’usage

L’Internet des objets est certes bien positionné dans le Hype Cycle de Gartner, mais les entreprises peinent à trouver les bons cas d’usage pour déclencher les investissements.

Malgré le buzz qu’il génère dans l’industrie et quelques projets importants, l’Internet des objets (IoT) n’apparait pas dans les plans d’investissements des entreprises, ou à de rares exceptions. C’est ce que révèle une étude Gartner menée auprès de 465 professionnels IT et métier en novembre dernier. Et les chiffres sont révélateurs : 38% des sondés n’ont tout simplement aucun projet lié de près ou de loin à l’Internet des objets. Autre donnée intéressante : 9% n’y voit même aucun intérêt.

« Nombre d’entreprises doivent encore se faire une idée précise de ce que peut leur apporter l’Internet des objets, ou n’ont pas encore pris le temps de se faire une idée de comment l’IoT peut s’appliquer à leurs activités », résume Chet Geschicker, directeur de recherche chez Gartner.

Pourtant l’IoT est au sommet du Hype Cycle de Gartner qui suit les évolutions de l’adoption des nouvelles technologies. « L’IoT est au sommet du Hype Cycle. Vous avez certes le sentiment que tout le monde l’exploite, mais au final, seulement 29 % l’utilisent. Les trois-quarts des entreprises n’ont pas investi », constate Jim Tully, vice-président et analyste au sein de cabinet de conseil. La raison principale de cette faible adoption est que les entreprises n’y voient pas une justification métier et sont préoccupées par le retour sur investissement, explique-t-il.

L’industrie avance lentement

Toutefois, selon Gartner, certaines entreprises sont des utilisatrices nées de l’IoT ; il prédit une adoption massive par les utilités et l’industrie de l’énergie. Les industries « plus légères » sont en revanche loin derrière. Selon le cabinet d’étude, plus de la moitié des entreprises de l’industrie dite lourde aura déployé des scenarii IoT d’ici à la fin 2016. Ce sera également le cas pour un tiers des entreprises du monde des services, croit savoir également Gartner.

« Nous avons beaucoup d’appels des compagnies d’assurance, intéressées par les systèmes d’alarme incendie ou anti-cambriolages connectées ou encore par des systèmes embarqués dans les autos », commente encore Jim Tully. « En fait, précise-t-il, les assureurs, via les modèles pay-as-you-drive, ont été les pionniers dans le domaine. »

Outre ces problèmes de cas d’usage particuliers, Gartner estime que le manque de sécurité, l’absence de solutions suffisamment matures et une pénurie de compétences sont aujourd’hui des freins à l’adoption de l’IoT.

En janvier dernier, le cabinet de conseil avait expliqué que certaines applications de l’IoT allaient générer des quantités importantes de données qui à terme devront être analysées en temps réel. Si bien que « les architectures  IT traditionnelles qui stockent et traitent les données n’ont pas les performances adéquates pour analyser en temps réel de tels flux de données », avait alors noté Gartner.

Des solutions complexes

Logiquement, les entreprises qui prévoient de s’appuyer sur ces vastes quantités de données sont appelées à considérer de nouvelles plateformes, comme les DSCP (Distributed Stream Computing Platform). Celles-ci exploitent des architectures parallélisées pour traiter des flux de données et y opérer des analyses en temps réel ou identifier des patterns. Apache Storm, Spark, Google Cloud DataFlow et IBM InfoSphere Streams en sont des exemples.

D’une façon générale, les administrateurs systèmes ont tenté de régler le problème avec du hardware. Chandru Mullaparthi, architecte logiciel chez Bet365, un site de paris, affirme quant à lui que les développeurs d’applications doivent plutôt rompre avec la programmation procédurale – qui motorise la plupart des applications.

Le site de paris en ligne utilise Erlang (un langage créé à l’origine par Ericsson pour les systèmes telcos) pour gérer les transactions en ligne en simultané. « L’avantage fondamental d’Erlang est qu’il permet de bâtir bien plus facilement des systèmes concurrents », explique l’architecte. « Nous sommes à l’ère du multi-cœurs, vous devez donc adapter les applications à ces multiples CPU. »

L’intégration est une autre difficulté qui fait barrage à l’IoT. Comme le note Jim Tully, une ville risque par exemple d’être confrontée à des outils tiers en provenance de plusieurs fournisseurs pour contrôler les feux  tricolores, les systèmes de transport et les parkings par exemple. « L’IoT tend à être très fragmenté au sein de l’entreprise, et l’un des enjeux est de gérer cette intégration ».

L’efficacité opérationnelle, au centre des cas d’usage actuels

Enfin dernier point intéressant de l’étude Gartner, les entreprises qui aujourd’hui ont implémenté des scénarri IoT ont préféré le faire pour améliorer leur gestion opérationnelle en internet plutôt que pour optimiser leurs relations avec le client. A ce jour, les premiers cas d’usage visent à améliorer cette efficacité opérationnelle, réduire les coûts ou encore rationnaliser l’utilisation d’assets (dans 52% des cas) alors que 40% sont centrés sur le client ou l’augmentation des revenus. Ces derniers cas d’usage seront les prochains, promet Gartner.

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